Expozine: dix ans d'édition parallèle

Pascal-Angelo Fioramore et Billy Mavreas font partie de... (Photo: Marco Campanozzi, La Presse)

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Pascal-Angelo Fioramore et Billy Mavreas font partie de l'organisation d'Expozine. Le salon du livre alternatif attire de plus en plus d'exposants et de visiteurs.

Photo: Marco Campanozzi, La Presse

Les Salons du livre se suivent, mais ne se ressemblent pas. Une semaine après la grosse foire commerciale de la Place Bonaventure, Montréal accueille en fin de semaine l'incontournable Expozine... dans le sous-sol de l'église Saint-Dominique.

Expozine, c'est la foire du livre indépendant, de l'autoédition, du fanzine, de la sérigraphie et de tous ceux qui n'ont ni les moyens, ni l'envie, de s'offrir une table au Salon du livre officiel.

L'affaire peut sembler marginale. Mais gare aux apparences! Selon Louis Rastelli, coproducteur de l'événement, plus de 10 000 personnes auraient fréquenté Expozine l'an dernier. Quant aux participants, leur nombre ne cesse d'augmenter - qu'ils viennent du Québec, du Canada anglais, des États-Unis ou d'Europe «Nous avons 280 tables disponibles et j'ai reçu près de 350 demandes, sans même avoir fait de publicité. C'est énorme!», lance M. Rastelli.

Pas étonnant. Il y aurait, rien qu'au Québec, cinq fois plus de petits éditeurs que d'éditeurs établis, qu'on pense à L'Oie de Cravan, Drawn&Quaterly ou Rodrigol. Sans surprise, la plupart sont généralement ignorés par les grands médias. Pour eux, Expozine est la meilleure vitrine pour se faire voir en dehors du petit circuit des librairies indépendantes. On étale sa production annuelle et, dans bien des cas, on en profite pour dévoiler ses dernières publications. Louis Rastelli estime qu'entre 200 et 300 nouveautés seront lancées pendant le week-end.

»Résurgence» du livre indépendant

Visiblement, le milieu de l'autoédition n'a pas trop souffert de l'émergence du numérique. Au contraire, dans un récent article, le New York Times a parlé de «résurgence» du livre indépendant, ce que confirme Louis Rastelli. «L'édition se démocratise. C'est devenu plus facile que jamais d'imprimer pour pas cher. Du coup, la nouvelle génération est loin de se contenter de l'internet. Ça vaut pour la littérature, mais aussi pour les livres d'art.»

Faut-il conclure à un bel avenir pour Expozine? Louis Rastelli semble confiant. En 10 ans, l'événement n'a toujours pas traversé le mur du marché grand public. Mais certains de ses habitués ont connu un réel succès populaire, qu'on pense à Michel Rabagliati et la série des Paul, publiée aux éditions de la Pastèque. Même dans la marge, Expozine est condamné grandir, croit Louis Rastelli.

«C'est clair qu'il faut aller plus large, dit-il. On a trop de demandes. Je suis tanné de refuser du monde...»

www.expozine.ca

Samedi et dimanche, 5035, rue Saint-Dominique (angle Saint-Joseph)




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