Le Nobel de littérature à Mario Vargas Llosa

Mario Vargas Llosa a rencontré les  médias... (Photo Mark Lennihan, AP)

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Mario Vargas Llosa a rencontré les médias hier à New York pour réagir au prix Nobel de littérature qu'il a remporté.

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Il est toujours extrêmement difficile de deviner à qui ira le Nobel de littérature chaque année, et 2010 n'aura pas échappé à la règle. Après les rumeurs voulant que l'Afrique soit récompensée ou l'Américain Cormac McCarthy, toujours éternel favori, c'est finalement le romancier et essayiste péruvien Mario Vargas Llosa qui se retrouve «nobélisé» à 74 ans.

Né en 1936 à Arequipa au Pérou et naturalisé espagnol en 1993, le prestige du Nobel accordé à Vargas Llosa rejaillit donc autant en Amérique latine qu'en Espagne. L'écrivain rejoint aussi dans le club le Colombien Gabriel Garcia Marquez, qui l'avait éclipsé en remportant le Nobel en 1982, alors qu'ils étaient en pleine chicane, semble-t-il pour une histoire de femme. Vargas Llosa avait d'ailleurs publiquement donné un coup de poing à son ancien ami en 1976 afin de rétablir son honneur. Les deux hommes s'opposaient aussi dans leurs visions politiques, Garcia Marquez soutenant Castro tandis que Vargas Llosa défendait le libéralisme.

D'un pays à l'autre

L'intense engagement politique de Mario Vargas Llosa l'a mené à se présenter aux élections présidentielles du Pérou en 1990, où il avait connu un échec cuisant. C'est ce qui l'avait poussé à quitter son pays pour se consacrer à l'écriture, sans jamais abandonner cependant ses prises de position. En recevant son prix, l'écrivain a tenu à remercier son pays d'adoption.

«Je dois une grande partie de ce prix à l'Espagne. C'est ici que je suis devenu un romancier connu, c'est pour cela qu'en cette circonstance, je tiens à remercier l'Espagne pour tout ce que je lui dois en tant qu'écrivain», a-t-il déclaré à la chaîne espagnole TVE, par téléphone depuis New York.

L'Académie suédoise a voulu récompenser Vargas Llosa pour «sa cartographie des structures du pouvoir et ses images aiguisées de la résistance de l'individu, de sa révolte, et de son échec».

On retrouve tout cela dans ses mémoires, Le poisson dans l'eau, publiées en 1993, dans lesquelles il raconte son aventure politique et idéologique, de jeune écrivain séduit par la révolution cubaine avant de rompre avec le castrisme en 1971, pour lui préférer le libéralisme. Encore aujourd'hui, il fustige Chavez...

Sur le plan littéraire, c'est dans les années 60 qu'il connaît la consécration internationale avec La ville et les chiens, qui s'inspirait de son expérience dans une école militaire pendant son adolescence. La politique est partie prenante de son oeuvre, qui compte une trentaine de titres, dont, notamment, Conversation à la cathédrale, La guerre de la fin du monde, Pantaléon et les visiteuses, La tante Julia et le scribouillard, La fête au bouc, Tour et détour de la vilaine fille, en plus d'essais sur la littérature comme L'orgie perpétuelle sur Flaubert et Madame Bovary. En conférence de presse à New York, Mario Vargas Llosa a déclaré: «J'espère que ce prix m'a été attribué pour mon oeuvre littéraire et non en raison de mes opinions politiques. Je crois que la littérature latino-américaine parle du pouvoir et de politique, et c'est inévitable. En Amérique latine, nous n'avons pas résolu des questions de base comme la liberté. La littérature est une expression de la vie et on ne peut pas éliminer la politique de la vie.» Dire que l'écrivain aurait déjà dit que «penser au Nobel est mauvais pour le style»!

- Avec l'AFP et Reuters




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