• Accueil > 
  • Arts > 
  • Livres 
  • > Michel Folco : parcours atypique, écrivain improbable 

Michel Folco : parcours atypique, écrivain improbable

Michel Folco, père de Charlemagne Tricotin et des... (Photo: Robert Mailloux, La Presse)

Agrandir

Michel Folco, père de Charlemagne Tricotin et des bourreaux Pibrac, sera en vedette cette année au Salon du livre.

Photo: Robert Mailloux, La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Salon du livre de Montréal

Arts

Salon du livre de Montréal

Tout savoir sur le 31e Salon du livre de Montréal. »

Michel Folco a publié son premier roman, Dieu et nous seuls pouvons, à 40 ans. «Je n'ai fait aucune étude, l'école m'a quitté en quatrième (l'équivalent de la 3e secondaire) et j'ai glandé. Comme ceux qui ne savent pas quoi faire, j'ai voyagé», raconte-t-il.

Alors qu'il travaillait comme bus-boy dans un restaurant de New York, au milieu des années 60, Folco est venu à Montréal acheter une 2 CV afin de participer à un grand raid de Citroën. Il n'a jamais remis les pieds chez nous avant de débarquer en ville lundi pour le Salon du livre où il sera impossible de rater cet auteur dont on jurerait qu'il a emprunté les traits de ses personnages.

Comment ce diable d'homme, aujourd'hui âgé de 65 ans, est-il devenu romancier sur le tard ? «Quand on est fils unique, mauvais à l'école, avec des parents toujours en déménagement, il n'y a pas mieux que la lecture pour passer le temps, on est ailleurs», racontait-il hier dans sa chambre d'hôtel au beau milieu d'un sprint d'interviews.

Le père des Tricotin et des bourreaux Pibrac se souvient très précisément du jour où il a commencé à écrire son journal quotidien, le 8 octobre 1961 : «Je n'ai jamais arrêté depuis, pour moi c'est comme faire ses gammes. Quand on commence à écrire et qu'on est nul, on n'y pense pas, on verra bien ce qui arrivera.»

Folco a été photographe pour des agences tout en écrivant cinq romans qui n'ont jamais trouvé preneur. Quand il a compris qu'il ne pouvait pas travailler et écrire en même temps, il s'est trouvé une « combine » qui lui a permis de vivre pendant les trois années où il s'est consacré à l'écriture de Dieu et nous seuls pouvons.

« J'ai fait 20 copies de mon manuscrit, j'en ai envoyé 19 aux maisons d'édition qui m'ont été retournées et j'ai donné la 20e à une amie journaliste au Nouvel Obs qui s'en est débarrassée en la remettant à Hervé Hamon du Seuil. Ça lui a plu tout de suite. Quand j'ai vu que le livre se vendait bien, j'ai photocopié toutes les lettres de refus, je les ai reliées et les ai envoyées à Hervé Hamon qui s'est bien marré.»

Voilà qui est digne des personnages tordus, mais quand même sympathiques que les fans de Folco ont retrouvé avec plaisir dans Un loup est un loup et En avant comme avant puis dans le tout récent Même le mal se fait bien, dont le titre paraît fait sur mesure pour ces énergumènes tout autant que les autres « mal-aimés» qui les entourent, loups, rats, araignées et autres termites.

Peu d'espoir

Chez nous, c'est surtout par son deuxième roman, Un loup est un loup, que Michel Folco s'est fait connaître. Le collègue Pierre Foglia y a sûrement un peu contribué en saluant cette «histoire d'avant la télé, pas pasteurisée (...), vivante de toutes ses bactéries». Pour une fois, disait Foglia, quelqu'un nous raconte une histoire.

«Un loup est un loup, c'est le contrepied du Livre de la jungle, dit Folco. Mowgli récupéré par les loups, non seulement c'est absolument improbable, mais ça n'a jamais existé, c'est du pipeau total. Mais bon, c'est une belle histoire. Moi, j'ai fait le contraire, mon personnage élève les petits loups, il devient le meneur de loups.»

Michel Folco n'a pas beaucoup d'espoir pour la race humaine. «Sur le plan de la planète, on est un animal horrible, un microbe pathogène», dit-il. De ses personnages sans bons sentiments, souvent vulgaires, Folco dira qu'ils sont sincères. Au fil des pages et des années, ceux-ci croiseront Napoléon ou Freud, et le jeune Adolf Hitler. Folco se défend bien de faire comme Eric-Emmanuel Schmitt qui s'amuse à réécrire l'histoire de Freud, Hitler ou Ponce Pilate. «Lui, il est sérieux, il a un message. Moi, je n'en ai pas. Et je ne me sers pas assez longtemps de ces personnages pour qu'ils prennent le pouvoir dans le bouquin», dit-il.

Il met au moins cinq ans à pondre ses romans auxquels il voudrait toujours ajouter 200 pages. «Mais il faut que je les sorte, ne serait-ce que pour vivre, dit-il. Mon éditeur me dit toujours : «Si t'en sortais un à tous les deux ans, tu ne serais pas toujours à chercher du pognon.» C'est vrai, j'aimerais bien, mais je ne peux pas.»

________________________________________________________________________________

Michel Folco dédicacera ses romans au stand de Hachette, niveau 400, stand 160, aujourd'hui de 19 h à 19 h 30; demain de 15 h 30 à 17 h 30; vendredi de 14 h 30 à 16 h 30; samedi de 15 h 30 à 17 h 30; et dimanche de 11 h à 13 h.

 




publicité

publicité

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer