Osheaga: l'ambition selon FKA twigs

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Chanteuse, compositrice, réalisatrice, vidéaste, styliste, chorégraphe, danseuse, FKA twigs exerce une fascination considérable sur le territoire de la pop de création.

Née dans le Gloucestershire, une petite ville d'Angleterre, d'un père jamaïcain qu'elle n'a connu qu'à l'âge adulte, Tahliah Debrett Barnett (de son vrai nom) a été élevée par une mère d'ascendances anglaise et espagnole et par le conjoint de celle-ci.

Élève douée, elle a été admise dans une école réputée de sa région où elle faisait partie d'une infime minorité visible. De condition très modeste, sa famille ne pouvait acquitter ses droits de scolarité, mais l'excellence de ses résultats académiques lui en a assuré le financement.

«Ces conditions difficiles m'ont rendue plus ambitieuse et plus forte. Surtout ambitieuse. Très jeune, j'ai appris à ne pas craindre l'inconnu et la nouveauté. Je me suis construite moi-même et j'ai toujours cherché à rester intègre», explique-t-elle entrevue.

À 17 ans, elle déménageait à Londres pour y devenir danseuse professionnelle. Elle a été repérée rapidement; on l'a notamment vue danser dans les clips d'Ed Sheeran, de Jessie J et de Kylie Minogue. Sa dégaine et son originalité ont attiré l'attention du photographe Matthew Stone, ce qui lui a valu de faire la une du magazine i-D.

On s'est mis à la nommer twigs, en raison de sa propension à se faire craquer les articulations. Elle a ajouté un «formerly known as twigs», d'où FKA twigs lorsque le duo américain The Twigs a contesté l'usage de ce pseudonyme.

En avant la musique

Fin 2012, elle a lancé sur Bandcamp un premier maxi, EP1, entièrement de son cru. D'entrée de jeu, on constate une approche très personnelle, mélange superbement dosé de chants aériens, soul, pop, indietronica et trip hop.

L'année suivante, l'excellente vidéo de la chanson Water Me est réalisée par Jesse Kanda. Cette chanson est rendue publique la même année que la sortie de son second maxi, EP2. Cette fois, les chansons sont coréalisées par l'artiste vénézuélien Arca, très prisé sur la scène électro de Londres, sollicité par les meilleurs, à commencer par Björk.

Au printemps 2014, l'album LP1 est lancé sous étiquette Young Turks. Arca, Emile Haynie, Cy An, Clams Casino, Sampha, Paul Epworth, Tic, Devonté Hynes et Joel Compass, tous réalisateurs top niveau, ont été mis à contribution. L'opus est très applaudi par la critique. FKA twigs se défend bien d'avoir choisi des personnalités connues pour faire mousser sa carrière, qu'elle dépeint plutôt comme une suite d'événements «naturels».

«Mes relations professionnelles ne sont pas forcées», souligne l'artiste de 27 ans, jointe à Séoul où elle se trouvait avant son arrivée à Montréal. «Mes collaborateurs sont des personnes que je croise ou que je fréquente, et dont j'admire le travail. Il faut dire que cette équipe est plus petite qu'il n'y paraît. Au départ, j'avais réalisé la moitié de l'album. Emile Haynie et Arca se sont ensuite impliqués, les autres n'ont collaboré qu'à une petite fraction de LP1. J'ai coréalisé sept des dix chansons de l'album et que j'en ai écrit ou coécrit la totalité.»

Son entourage nous a fortement déconseillé de parler de sa vie privée, à commencer par sa relation amoureuse avec l'acteur Robert Pattinson (Twilight, Cosmopolis, Maps to the Stars, etc.), amorcée en septembre dernier. L'artistique est autorisé, un point, c'est tout.

L'avenir immédiat? Elle souligne que les sept chansons de Melissa, son prochain maxi, ont été réalisées de concert avec Boots, qui s'est taillé une solide réputation de réalisateur en travaillant auprès de Beyoncé et de Run the Jewels. «Ces chansons ont été créées dans toutes sortes de contextes. Sur la route, dans des lieux où je me suis enfermée...»

Sur scène, on s'imagine bien que FKA twigs a tout prévu.

«Mon spectacle est fondé sur les percussions. Par l'intermédiaire de la percussion jouée en temps réel, mes musiciens déclenchent sur des surfaces les éléments mélodiques et harmoniques de mes chansons, ce qui confère à mon spectacle des qualités très physiques. Cette façon de faire n'a rien d'habituel. Cela nous permet aussi d'être différents chaque soir; nous pouvons varier les interprétations, ralentir le tempo d'un passage par exemple. Cela nous laisse une marge de manoeuvre intéressante et cela nous permet d'évoluer en tant que groupe.»

Comme un animal en cage

Au bout du fil, la fatigue de notre interlocutrice devient plus que tangible. Petite voix, silences prolongés...

«Je suis affectée par le décalage horaire, confie-t-elle. C'est un métier difficile, la tournée est très exigeante. Vous savez, je n'ai jamais fait de spectacles consécutifs entre l'Asie et l'Amérique, on verra bien ce que ça donnera.»

Et les unes de magazines? Les clips léchés et spectaculaires? Les paparazzis à sa poursuite? Nenni. «La gloire et la reconnaissance sociale ne m'intéressent pas vraiment, tranche-t-elle. Mon ambition n'est qu'artistique.»

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Osheaga, Scène Verte, ce soir, 20h.

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