Ruelle: les voies de la compassion

Le spectacle Ruelle se sert de cet organe... (PHOTO ROLLINE LAPORTE, FOURNIE PAR MONTRÉAL COMPLÈTEMENT CIRQUE)

Agrandir

Le spectacle Ruelle se sert de cet organe montréalais comme d'un accessoire acrobatique.

PHOTO ROLLINE LAPORTE, FOURNIE PAR MONTRÉAL COMPLÈTEMENT CIRQUE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Mario Cloutier

Ruelle est une conception et une cocréation de l'ex-membre de Carbone 14 Jeff Hall qui a réuni autour de lui une équipe théâtrale et circassienne de grande qualité, dont fait partie la chanteuse Marie-Élaine Thibert! Entrevue.

Spectacle éclectique s'il en est, Ruelle est une histoire de passion. Cette pièce de théâtre physique raconte, entre autres, une histoire d'amour, mais tout le travail qui y a été investi par son concepteur et la troupe, sans budget faramineux, fait montre, oui, d'une grande persévérance et de passion.

Directeur artistique, acteur, danseur, chorégraphe, Jeff Hall a réuni autour de lui une équipe incluant des pointures du théâtre - Alain Lortie et Anick La Bissonnière - et du cirque - Gilles Lacroix et Daniel Cola. Mais aussi la chanteuse Marie-Élaine Thibert!

« C'est un grand défi pour elle, reconnaît-il. Elle participe à tout. Elle a deux tableaux acrobatiques à réaliser, elle chante deux fois la tête en bas. Elle a plongé dans cette aventure qui ne correspond pas à ce qu'elle connaît avec courage. C'est une grande travailleuse. »

La chanteuse n'interagit pas avec des circassiens qui lui lancent des balles ou des couteaux, cependant. Le spectacle ne comprend pas une série de solos comme tant d'autres dans le monde du cirque. On parle ici davantage de théâtre physique avec neuf autres participants.

« C'est un work in progress, dit son concepteur. C'est une création qui s'approche de ce que faisait Carbone 14, mais avec quatre jeunes issus de l'École nationale de cirque. Les artistes qui sortent de l'École ont des talents incroyables. Nous avons aussi la contorsionniste Nadine Louis qui a travaillé avec le Cirque du Soleil au tout début de cette troupe. »

Tout ce monde sue sang et eau depuis sept semaines, trop peu, selon Jeff Hall, pour donner vie à cette Ruelle.

«Je vois la passion de mes cocréateurs, leur travail à tous les jours. Je suis fier d'eux. On ne peut pas faire ce que l'on fait au Québec sans cette passion de créer.»

Jeff Hall

Les éléments de la ruelle, on s'en doute, deviennent ici des accessoires acrobatiques.

« C'est une ruelle, mais elle n'a rien à voir avec celles de Michel Tremblay ou de David Fennario. Ce n'est pas un fac-similé de Montréal, mais elle rappellera des souvenirs aux gens. Il y a aussi la ruelle la nuit. On y voit parfois émerger de la violence. Le défi, c'est le vivre ensemble, la tolérance, l'esprit communautaire. J'ai essayé de toucher à tout ça. »

Accident tragique

La ruelle, il connaît. Elle a pris des allures d'obsession pour lui il y a près de 15 ans. Cet ancien collaborateur de Gilles Maheu avec Carbone 14 a souffert d'une grave blessure au dos qui aurait pu lui coûter la vie en 2002, alors qu'il allait travailler sur le spectacle Zulu Time de Robert Lepage. Il a dû réapprendre à marcher pendant trois ans.

« Je ne suis pas resté chez nous à regarder mon nombril. Mais pendant trois ans, j'étais comme James Stewart dans le film Rear Window d'Alfred Hitchcock. Couché sur le dos, je voyais la ruelle et j'ai commencé à y penser, aux ruelles de notre enfance et, surtout, au fait que je ne connaissais pas mes voisins. »

Lorsqu'il a recommencé à travailler en 2005 - avec Robert Lepage, Gilles Maheu, Marie Brassard et le Cirque du Soleil notamment -, l'idée de la ruelle, véritable symbole de la vie montréalaise, continuait de le hanter. Il a écrit les bases du spectacle. Ses contacts et les rencontres dans les réseaux à la fois du théâtre et du cirque ont fait le reste.

L'espoir

Jeff Hall affirme que Montréal regorge de talents en cirque et en théâtre. Lui qui a beaucoup voyagé et qui a peu travaillé ici dans les dernières années croit que les créateurs de chez nous n'ont rien à envier aux autres et surtout pas aux Américains.

Il aimerait donc voir le spectacle poursuivre sa route plus tard, peut-être à la TOHU. En raison de budgets réduits, il avoue que le temps a joué contre sa troupe. Mais la passion devrait réussir à cette ruelle de l'espoir, croit-il.

« Tout le monde a travaillé tellement fort! Avec amour. Et ce que j'espère, dans le fond, c'est que les spectateurs retourneront chez eux après la représentation avec le goût de mieux connaître leurs voisins et de les aimer. »

_______________________

À l'Usine C, du 6 au 9 juillet

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

  • <em>Ruelle</em>: qui trop embrasse mal étreint

    critiques

    Ruelle: qui trop embrasse mal étreint

    Le retour de l'ex-membre de Carbone 14 Jeff Hall aux commandes d'une nouvelle création de cirque était attendu, le grand danseur et chorégraphe... »

publicité

publicité

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer