Gad Elmaleh et Jerry Seinfeld: décontraction pépère

Gad Elmaleh et Jerry Seinfeld se sont produits ensemble... (PHOTO SUSAN MOSS, FOURNIE PAR JUST FOR LAUGHS)

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Gad Elmaleh et Jerry Seinfeld se sont produits ensemble au Centre Bell, hier soir, dans le cadre de Just for Laughs.

PHOTO SUSAN MOSS, FOURNIE PAR JUST FOR LAUGHS

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Éric Clément
La Presse

Soirée pépère au Centre Bell, hier soir, dans le cadre de Just for Laughs, avec un Jerry Seinfeld et un Gad Elmaleh en pleine forme qui ont, chacun leur tour, évoqué leur existence et nos petits travers. Beaucoup de rires, mais rien de bien nouveau.

Le Théâtre du Centre Bell était presque rempli à craquer (jusqu'aux derniers rangs des sièges bleus!) quand Frank Sinatra est venu charmer nos oreilles avec son New York, New York. Et c'est vrai qu'il y avait un peu de la Grosse Pomme, hier soir sur la patinoire virtuelle du Canadien, avec Seinfeld et son ami frenchy qui travaillent tous les deux au bord du fleuve Hudson.

«On va faire le show en français», a d'abord lancé Gad Elmaleh. «Toute le show?», a dit Seinfeld, la peur au ventre, avant d'ajouter: «OK, alors, au revoir!»

La première impression fut de constater la qualité moyenne du son, mais bon, ce n'est pas la première fois... Après quelques échanges entre les deux humoristes pour savoir qui débuterait le premier sur la scène, c'est finalement Seinfeld qui en a eu l'honneur, 20 ans après sa première à Just for Laughs.

Il a commencé par parler de la vie, de notre façon d'en occuper l'espace. «La vie est chiante, a-t-il lancé. Votre vie est chiante. Mais c'est pas grave: l'écart entre une vie chiante et une vie fascinante n'est pas si grand!»

Dans le même registre, il a prétendu que l'homme essayait souvent de ne pas reconnaître la médiocrité de son existence, estimant par exemple magnifiques des choses le plus souvent insignifiantes.

Il s'est ensuite moqué des gens qui se promènent avec d'énormes cafés dans les mains à New York tout en marchant et de ceux qui consomment des boissons «donnant cinq heures d'énergie». «Si tu veux cinq heures d'énergie, va te coucher!», a dit Seinfeld.

Mimant ses évocations en se déplaçant avec une belle gestuelle théâtrale, il a abordé notre relation à la nourriture et notre dépendance au cellulaire, notamment quand le malade du téléphone panique parce qu'il ne l'a pas mis dans la poche habituelle de son veston.

«Nous sommes tellement dépendants de nos téléphones que si c'est vrai qu'on les promène partout, en fait, dans "mobile phone", il y a mobile, et finalement, c'est nous, les mobiles, pas eux!», a déclaré Jerry Seinfeld.

Du téléphone au courriel, il n'y a qu'un pas. Il a alors planté le service postal de plus en plus désuet, affirmant que les postiers seraient plus utiles s'ils ouvraient le courrier, en lisaient le contenu et nous envoyaient les informations par courriel!

Segment intéressant quand il a cité quelques expressions courantes de la langue anglaise: A deal is a deal. What's gone is gone. Business is business. It is what it is. Avant de lancer: «C'est quoi, cette idée de répéter deux fois la même chose dans la même phrase?»

Âgé de 63 ans et marié à la même femme depuis 17 ans, a-t-il dit, Jerry Seinfeld a terminé sa prestation en évoquant sa vie personnelle, son mariage et ses conséquences! Les différences entre l'homme et la femme. Comment, selon lui, la femme est en quête permanente de réponses à ses questions existentielles. «Pendant que vous dormez, elle fait ses propres recherches. Et le jour, elle réfléchit aux réponses que vous devriez donner aux questions qu'elle pose.» Caricature, quand tu nous tiens.

Gad Elmaleh en terrain connu

Gad Elmaleh a alors enchaîné en parlant de son passage à Montréal quand il était étudiant. C'est là qu'on a commencé à se demander s'il n'allait pas nous servir du réchauffé. Et effectivement, il a repris des éléments déjà entendus lors de ses shows précédents à Montréal, notamment à l'Olympia. Les histoires de son père pointant l'océan en direction de l'Amérique, du chauffeur de taxi new-yorkais d'origine indienne qui ne comprend pas sa prononciation de JFK, de son voyage en première classe en avion, de sa mère venue le voir sur scène à New York, de la fille qu'il a essayé de draguer dans une boîte de nuit à Los Angeles, etc.

Dommage, car une partie du public s'attendait sûrement à de l'inédit. Le public a tout de même beaucoup ri. Elmaleh a reçu notamment une belle réaction des spectateurs quand il a imité les Québécois parlant anglais, lui-même ayant encore amélioré sa prononciation. Le Franco-Marocain a toujours la même aisance sur scène et les mêmes mimiques hilarantes.

En résumé, c'était une belle idée que d'avoir associé ces deux grands du monologue humoristique pour une soirée. Mais le spectacle n'a pas atteint le nirvana espéré.




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