Gala Juste absurde: inégal, mais pas mal

Réal Béland a animé jeudi son premier gala... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE)

Agrandir

Réal Béland a animé jeudi son premier gala Juste pour rire, consacré à l'humour absurde.

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Juste pour rire
Juste pour rire

Nos articles sur le Festival Juste pour rire. »

Après 30 ans de carrière, Réal Béland animait jeudi son premier gala Juste pour rire. Le roi de l'absurde s'est bien défendu, malgré des humoristes et des numéros passablement inégaux.

Ils étaient présents jeudi...

Les Denis Drolet, Daniel Grenier, Olivier Martineau, Yannick de Martino, Phil Roy, les Chick'n Swell, Stéphan Bureau, Sophie Bourgeois, Maude Landry, Dominic Paquet, Laurent Paquin, Gabriel D'Almeida Freitas, André Ducharme et Stéphane Fallu

LE MEILLEUR NUMÉRO

Faire le pari de la simplicité est parfois une bonne idée. Le numéro des Chick'n Swell, invités appréciés du public, qui leur a offert l'ovation la plus spontanée et la plus sincère de la soirée, était rapide, efficace, savoureux et franchement réussi. Couchés sur des tapis noirs au sol, avec une caméra au plafond pointée sur eux, les trois pros de l'absurde ont fait une succession de gestes muets accompagnés d'une musique de cirque. Alors qu'ils étaient couchés, on les voyait debout, faisant des acrobaties, à en croire l'image projetée sur écran géant. Le numéro qui a suivi d'Olivier Martineau, l'humoriste qui sacre le plus souvent dans un seul numéro au Québec, était aussi drôle et franchement maîtrisé.

LE MOINS BON NUMÉRO

Yannick de Martino n'a pas été particulièrement drôle hier avec son numéro où il nous a fait écouter sur un haut-parleur les blagues qu'il avait supprimées de son spectacle et qui étaient enregistrées sur son cellulaire. Se prenant peut-être un peu trop au jeu de son propre personnage, qui est un peu (beaucoup) désinvolte, il peinait à vraiment transmettre l'absurdité de son humour dans ce segment franchement long. Le numéro final du spectacle, unissant sur scène Réal Béland, Dominic Paquet et Sophie Bourgeois, qui se présentaient autour d'un piano sans jamais chanter parce que de l'eau coulait de l'instrument, était lui aussi sans saveur. L'humour à la Mr. Bean, avec paroles, cette fois, tombait complètement à plat.

LE « C'EST PRESQUE ÇA »

Sans que ça soit un désastre (loin de là), le numéro avec Laurent Paquin, Réal Béland et Phil Roy n'a pas réussi à surprendre autant qu'on aurait pu l'espérer. Les trois humoristes, déguisés en poissons géants, discutaient entre boys de différents sujets absurdes, dont ce long segment où Phil disait à quel point il aimait les poissons femelles et leurs grosses queues. À la façon de l'émission Les pêcheurs de Martin Petit, le numéro aurait vraiment pu lever, mais il manquait quelque chose d'indéfinissable... Comme si on n'avait pas suffisamment poussé le niveau des textes.

LA PREMIÈRE OVATION

L'humoriste Daniel Grenier - qu'on connaît tous pour sa participation au groupe humoristique les Chick'n Swell - est celui qui a eu droit à la première ovation, hier, après un numéro d'ouverture qui n'avait aucun mordant. Avec sa mallette dans laquelle il avait rangé divers objets, il s'est livré à une succession complètement absurde de blagues (on respectait ici vraiment le thème) qui auraient pu être prises sur une page d'humour Facebook ou dans un livre de blagues vendu dans un Dollarama. Et pourtant, c'est la magie de l'absurde, son numéro était long... et bon !

LE NUMÉRO LE PLUS SURPRENANT

Gabriel D'Almeida Freitas a offert le numéro le plus surprenant, quand on s'est demandé à la fin combien ils étaient sur scène, alors qu'on le croyait seul... Dans une longue succession de gestes muets exécutés avec des bruits enregistrés, il a voulu prouver qu'il n'y avait rien de plus dangereux qu'un chat avec un fusil (on rappelle ici que c'est un gala absurde). À la fin de sa séquence, une mascotte de chat est arrivée sur la scène, l'a fusillé et il est tombé face première sur le sol. Puis, lorsque le chat a retiré sa tête de mascotte, c'était... Gabriel ! Beau tour d'illusion pour un numéro efficace.

LA FAUSSE BONNE IDÉE

L'animateur et ancien journaliste Stéphan Bureau n'avait tout simplement pas sa place dans le gala Juste absurde. Dans le numéro d'ouverture et une deuxième fois dans le numéro sur les poissons, il se présentait sur scène et se demandait pourquoi il était invité à ce gala. La blague, répétée, ne devenait pas plus drôle à force d'être martelée. On se posait la même question que lui.

QUELQUES RÉPLIQUES

« Vous aussi, vous êtes absurdes ce soir, parce que vous payez pour un gala qui va passer dans trois mois à la télé ! » - Réal Béland dans son numéro d'ouverture

« Ça se fait peut-être de rire des handicaps des gens, ça dépend du budget que tu as. Tu demanderas à Mike Ward ! » - Un Denis des Denis Drolet

« Est-ce qu'il y a des parents ici ce soir ? [Le public applaudit.] C'est ça je pensais, ces gens-là s'applaudissent tout le temps. » - Maude Landry

« J'ai un neveu un peu idiot. L'autre jour, il m'a demandé : "Mononc, ça veut dire quoi leucémie ?" Je lui ai répondu : "T'as pas beaucoup de temps pour l'apprendre." » - Gabriel D'Almeida Freitas

« Eille, les boys, on se fait-tu un petit selfish ? ! » - Laurent Paquin déguisé en poisson accompagné sur scène de Réal Béland et Phil Roy

« Récemment, j'ai lu le Bescherelle. C'est le livre le plus plate que j'ai lu dans ma vie. Étrangement, c'est aussi celui qui avait le plus d'action. » - Yannick de Martino

LE VERDICT

Juste pour rire peut compter sur une richesse : son public est conquis d'avance et a le goût de s'amuser. Le gala Juste absurde, présenté jeudi à la salle Wilfrid-Pelletier, avait bien sûr de bons segments, mais la succession de numéros manquait de constance. Malgré tout, les gens qui s'étaient déplacés ont offert de nombreuses ovations. Constatant l'énergie de la salle, on se surprend rapidement à se demander quel serait le résultat si la direction artistique peaufinait son gala afin de conquérir de nouveaux amateurs. Cela serait difficile avec ce qui a été présenté hier, notamment la finale décousue et longue, avec entre autres Réal Béland et Dominic Paquet sur scène cherchant à faire fonctionner leur piano et leur chanteuse invitée, en vain. Quand il est nécessaire de lancer la musique qui marque la fin du gala pour souligner aux spectateurs que c'est fini et les inciter à donner un dernier coup d'énergie (on salue les caméras, puisque tout sera diffusé plus tard à la télévision), on se dit que le numéro sera peut-être coupé au montage.




publicité

publicité

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer