Foie gras et cheeseburgers avec Huey Lewis and the News

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Huey Lewis and the News se produiront à la salle Wilfrid-Pelletier ce soir, 19 h 30.

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Nos articles sur le Festival de jazz de Montréal. »

Alain De Repentigny
La Presse

Huey Lewis and the News ont joué devant 25 000 spectateurs au parc Jarry à l'été 1986, mais depuis des années, on les croyait disparus au paradis des stars oubliées. Contre toute attente, les revoilà au Festival de jazz où le maire Denis Coderre lui-même accueillera le chanteur lors d'une conférence de presse cet après-midi.

Exception faite de Soulsville, un album de reprises en hommage à la musique de Memphis paru en 2010, le dernier album de Huey Lewis and the News remonte à 2001. Aussi bien dire une éternité pour le groupe de San Francisco qui a fait la pluie et le beau temps dans les palmarès des années 80. Pourtant, il n'a jamais cessé de donner des spectacles et le noyau du groupe est presque demeuré intact pendant toutes ces années.

« C'est parce qu'on paie bien », lance au téléphone, entre deux bouchées de son lunch, le chanteur Huey Lewis, dont les fans de longue date savent qu'il possède un sens de l'humour teinté d'autodérision. Un nouvel album était en chantier en 2007, mais il n'est jamais paru, et Lewis nous apprend que le groupe a trois ou quatre nouvelles chansons dont une est déjà mixée.

« On va surprendre le monde et les lancer sans avertissement, comme Beyoncé, dit le chanteur pour qui le test ultime de la valeur d'une chanson est la scène. Si elles tiennent la route, alors elles sont bonnes. En toute honnêteté, elles ne tiennent pas toutes la route. Le monde ne meurt pas d'envie d'entendre un nouveau disque de Huey Lewis and the News, mais je crois qu'on tient quelque chose de bon. » 

UN GROUPE AUDIO

Huey Lewis and the News a toujours été un groupe de scène bien avant de percer dans les années 80 avec des chansons comme I Want a New Drug, Hip to Be Square, Heart of Rock & Roll et The Power of Love qui, propulsée par le film Back to the Future, a connu un immense succès.

Du rock sans flafla nourri par toutes sortes de musiques très américaines, dont le rhythm and blues et le doo-wop, et servi par un groupe de musiciens qui ont fait leurs classes pendant une bonne dizaine d'années avant de connaître la gloire.

À l'époque de l'explosion punk, Lewis a même fait un détour par l'Angleterre avec son groupe Clover à l'invitation de Nick Lowe, qui les avait vus en spectacle. On peut d'ailleurs entendre Clover sur le tout premier album d'Elvis Costello.

« Oui, je pense que c'est ce qu'on fait de mieux, mais c'est un peu un art perdu, dit Lewis en parlant de la scène. Nous sommes d'abord un groupe audio, nous adorons jouer de la musique qui sonne bien à nos oreilles, mais ce n'est habituellement pas assez divertissant pour la plupart des gens. Aujourd'hui, ça prend des écrans géants et des effets spéciaux. »

Même si son groupe a su tirer avantage de la mode du vidéoclip dans les années 80, Lewis estime que l'avènement de la télévision n'a pas eu que des effets positifs sur la musique populaire.

« Pourquoi a-t-on remarqué Elvis ? Parce qu'"Elvis the Pelvis" se déhanchait dans l'émission de télévision de Steve Allen. Avant ça, c'était un monde de radio et ceux qui sonnaient le mieux étaient les meilleurs. Avec la télévision, tout a changé et, aujourd'hui, tu as ta télévision dans la main. »

L'ÂGE D'OR DE LA MUSIQUE

Lewis affirme que les années 30 et 40 furent l'âge d'or de la musique populaire.

« Les Noirs du sud des États-Unis ne pouvaient pas devenir un Barack Obama ou un avocat, explique-t-il. Alors ils faisaient de la musique, ce dans quoi ils étaient les meilleurs, les plus brillants. C'était le summum de la musique. Depuis, c'est de la musique pop : on fait des chansons cheeseburgers. Ce n'est pas du jazz... Mais il y a le foie gras et il y a les cheeseburgers, et je crois qu'il y a de la place pour les deux. »

Aujourd'hui, Huey Lewis and the News s'accommodent fort bien du fait que le public veut entendre leurs succès d'il y a 30 ans. Ils le font avec plus de plaisir qu'à l'époque, affirme Lewis, parce qu'ils jouent mieux aujourd'hui, qu'ils apprêtent parfois un peu différemment ces chansons connues de tous et qu'ils glissent à l'occasion une ou deux inédites dans leur spectacle.

« Tant que nous ne jouons pas 200 soirs par année... Quand on donne 65 spectacles, c'est fantastique. Et s'il faut absolument jouer la même chanson tous les soirs, je trouve que The Power of Love n'est pas si mal. »

À la salle Wilfrid-Pelletier ce soir, 19 h 30, dans le cadre du FIJM.

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