Snarky Puppy: bien au-delà du néo-fusion

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Autour du bassiste, compositeur, arrangeur et réalisateur Michael League, le groupe américain Snarky Puppy a fait boule de neige. En étoffe musicale, en notoriété, en pouvoir attractif. Qu'il remplisse ce soir le Métropolis n'est pas l'effet du hasard ou d'un buzz soudain, c'est plutôt le fruit d'un travail souterrain, croissance lente et sûre qui remonte au milieu de la précédente décennie.

Des étudiants en musique de l'Université de North Texas s'étaient alors trouvé des affinités. «Nous avons jammé, composé, donné nos premiers concerts, puis nous nous sommes frottés à des artistes texans de la scène R&B et même gospel. Notre musique a été d'abord façonnée ainsi», raconte Michael League, dont le dynamisme et la fibre entrepreneuriale ont mené Snarky Puppy là où le groupe se trouve aujourd'hui: parmi les plus prisés du groove instrumental, nouvelle mouture.

À tel point que cette formation à géométrie variable s'est impliquée dans différents contextes, au-delà de ses concerts et de ses albums studio. Le profil biographique de Snarky Puppy, désormais basé à Brooklyn, nous indique que ses artilleurs ont travaillé avec moult célébrités du jazz ou de la musique populaire américaine: on cite Erykah Badu, Marcus Miller, Justin Timberlake, Kirk Franklin, Ari Hoenig, Roy Hargrove, Snoop Dogg et plus encore. À travers le monde, Snarky Puppy donne aussi des ateliers destinés aux musiciens désireux de suivre leurs traces.

Famille élargie

Autour d'un noyau d'une douzaine de membres permanents, Snarky Puppy peut réunir une famille élargie d'une quarantaine de collaborateurs sporadiques. Qui plus est, Michael League et ses potes aiment visiblement varier les contextes de leurs interventions. Sur le plus récent enregistrement de Snarky Puppy, on entend le Metropole Orkest, ensemble symphonique des plus éclectiques, ouvert aux musiques non classiques. Par ailleurs, la série Family Dinner du groupe offre la possibilité aux chanteuses et chanteurs de bénéficier de son accompagnement, deux albums en témoignent déjà. 

Montréalaise d'origine guadeloupéenne, la très douée Malika Tirolien a déjà chanté aux côtés du groupe amerloque. «Il est possible qu'elle monte sur scène avec nous à Montréal, il faut voir... Chose certaine, nous aimons offrir notre soutien à nos voix préférées», indique Michael League, sans trop donner de précisions.

Éclectisme

Quant aux étiquettes, le leader de Snarky Puppy rappelle au journaliste que son approche est d'abord instrumentale... et pas aussi jazz fusion (ou néo-fusion) que certains l'affirment.

«Il est vrai que nous nous sommes nourris de groupes fusion ou funk jazz comme les Head Hunters de Herbie Hancock. Or, nous savons pertinemment que le fusion est devenu impopulaire, inintéressant dans bien des cas. Snarky Puppy s'en inspire, essaie d'en tirer le meilleur, mais en évacue la dimension athlétique. Nous préférons nous en tenir à la composition - souvent tributaire de la forme chanson dans le cas qui nous occupe.» 

«L'exécution de nos pièces y est plus importante que les acrobaties de chacun. Nous aimons certes improviser, mais cela vient après l'interprétation d'une pièce.» - Herbie Hancock

Michael League refuse donc d'être labellisé fusion ou néo-fusion, rappelant l'éclectisme des genres qui constituent le son de Snarky Puppy: «Nous greffons à notre musique plusieurs éléments de la période actuelle ou de périodes plus récentes: musiques électroniques, pop, rock, indie, R&B ou hip-hop. Ainsi, nous nous inspirons d'artistes aussi variés que Squarepusher, Aphex Twin, Björk, J Dilla, A Tribe Called Quest, The Roots, Kendrick Lamar, Radiohead, Deerhoof ou Sonic Youth. Nous écoutons aussi de la musique malienne ou de la brésilienne. De plus, notre instrumentation met à profit une lutherie impliquant des éléments acoustiques, électriques et électroniques.

«En fait, conclut le leader, nous écoutons de tout et nous injectons ce tout dans nos compositions. Ça finit par ressembler à Snarky Puppy, mais ce n'est pas une peinture à numéros. Ce doit être intégré et cohérent. Et franchement, nous ne réfléchissons pas vraiment aux genres que nous impliquons dans notre musique. Nous nous questionnons toutefois sur son authenticité.»

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Ce soir, 20 h 30, au Métropolis, précédé de Dontae Winslow & The Winslow Dynasty.

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