L'entrepreneuriat à l'ombre des géants miniers

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En mars 2018, la mine du lac Bloom près de Fermont était rouverte par Minerai de fer Québec, une filiale de Champion Iron.

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Les PME sont le fer de lance de l'économie québécoise. Pour tous ceux qui son prêts à se lancer en affaires, voici un portfolio qui répond à plusieurs questions. Parmi celles-ci: votre idée est-elle la bonne? Quelles sont les formations disponibles? Où trouver le financement? Comment trouver le meilleur nom? Comment faire un plan d'affaires? »

L'industrie minière tournait au ralenti sur la Côte-Nord ces dernières années, mais la remontée du prix des métaux fait redémarrer les activités. Les effets se voient dans différents secteurs. Et pendant ce temps, d'autres acteurs s'efforcent de diversifier l'économie régionale encore grandement tributaire des ressources naturelles.

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La salle de contrôle de la mine du lac Bloom près de

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Mason Graphite vient d'obtenir le feu vert du gouvernement pour construire sa mine du lac Guéret et son usine de transformation à Baie-Comeau. Le projet représente un investissement d'environ 200 millions et la création d'une centaine d'emplois.

En mars, la mine du lac Bloom, près de Fermont, a été rouverte par Minerai de fer Québec, une filiale de Champion Iron. Elle avait été fermée en 2014 par Cliffs. La relance des activités représente un investissement de 350 millions et l'embauche de 450 personnes.

Tout près, la mine de fer du mont Wright d'ArcelorMittal fonctionne à plein régime, et des investissements massifs sont prévus dans ses installations. Entre autres, la compagnie minière souhaite agrandir son parc à résidus, un projet de 458 millions.

« On voit un retour aux investissements et aux projets miniers sur la Côte-Nord, alors c'est un signe qu'il y a une reprise graduelle et que la situation est favorable pour 2018. »

- Chantal Routhier, économiste au Mouvement Desjardins

Cette reprise a différents effets sur la région. Notamment sur le taux de chômage, qui était de 4,8 % en avril contre 5,5 % pour l'ensemble de la province.

« Depuis le début de l'année, l'emploi est en hausse et le taux de chômage est en baisse sur la Côte-Nord, affirme Mme Routhier. Le prix de vente moyen des maisons est aussi en hausse. »

SE BATTRE À ARMES INÉGALES POUR LA MAIN-D'OEUVRE

Cette période prospère influe sur la pénurie de main-d'oeuvre qui touche tout le Québec.

« La présence de multinationales dans les mines et l'aluminium qui offrent des salaires très intéressants sur la Côte-Nord rend la situation encore plus difficile pour les PME et les employeurs dans les domaines du commerce de détail et du tourisme qui ne peuvent pas rivaliser contre ces grandes entreprises », explique Mme Routhier.

Le vieillissement de la population et le fait que la Côte-Nord ait encore perdu des résidants au profit d'autres régions en 2016-2017 n'aident en rien.

- 1092 habitants

Solde migratoire négatif de la Côte-Nord en 2016-2017, selon l'Institut de la statistique du Québec

Différentes stratégies se mettent en place pour trouver de la main-d'oeuvre. Par exemple, les MRC de la Haute-Côte-Nord et de la Manicouagan unissent leurs forces pour attirer les immigrants. Émersion Service-conseil en emploi, à Baie-Comeau, vient d'obtenir 183 000 $ du ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion (MIDI) du Québec pour réaliser le projet Migre à neuf (09) - le chiffre étant celui de la région administrative de la Côte-Nord.

« Nous réaliserons un diagnostic des besoins de main-d'oeuvre, nous conseillerons les employeurs en matière d'embauche et d'intégration des immigrants, nous travaillerons sur l'attraction et la rétention, puis sur la promotion du territoire », explique Karen Vespier, directrice d'Émersion.

Une table de concertation qui réunit près de 25 élus, représentants d'organismes et d'entreprises du territoire s'assure du succès de l'initiative.

POUSSÉE ENTREPRENEURIALE

Alors que le secteur minier est cyclique, on tente aussi de diversifier l'économie régionale et d'assurer une relève entrepreneuriale.

« Depuis le début de l'année, le nombre de projets de lancement et de reprise d'entreprise menés par des jeunes de 39 ans et moins a presque doublé », se réjouit Annick Thibouthot, directrice générale de la SADC Côte-Nord.

Elle souligne aussi le dynamisme des communautés autochtones.

« Elles représentent un bassin de main-d'oeuvre intéressant, et beaucoup d'efforts se font actuellement en formation, ajoute-t-elle. Plusieurs viennent aussi nous voir pour démarrer leur projet d'entreprise. »

Annick Thibouthot donne l'exemple d'Atikuss, une entreprise autochtone qui fabrique entre autres les Bottes de l'espoir, qui ont été portées cette année par les duchesses du Carnaval de Québec.

Cette vague entrepreneuriale bénéficiera de l'annonce récente des gouvernements qui investiront plus de 23 millions pour l'accès à l'internet haut débit et pour la mise en place de services de téléphonie cellulaire sur la Basse-Côte-Nord.

« En 2018, pour garder nos jeunes, convaincre ceux qui sont partis de revenir et faire des affaires à l'international, affirme Annick Thibouthot, ça prend un réseau de télécommunications fiable. »




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