Jeunes entreprises: mère et actionnaire minoritaire

Lisette Paré et ses filles Émilie et Marie-Soleil... (PHOTO FOURNIE PAR DÉLICES DU LAC-SAINT-JEAN)

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Lisette Paré et ses filles Émilie et Marie-Soleil Gaudreault, de l'entreprise Délices du Lac-Saint-Jean

PHOTO FOURNIE PAR DÉLICES DU LAC-SAINT-JEAN

Samuel Larochelle

Collaboration spéciale

La Presse

En épaulant ses filles Émilie et Marie-Soleil Gaudreault dans le rachat de l'entreprise Délices du Lac-Saint-Jean, Lisette Paré a comblé un besoin financier et rassuré les institutions financières.

Cherchant un nouveau défi professionnel à l'aube de la retraite, la Jeannoise a investi 10 000 $ dans la mise de fonds et s'est lancée dans l'entrepreneuriat à 55 ans. « C'est une façon de contribuer à l'avenir de mes filles, souligne Mme Paré. Elles sont dynamiques et remplies de potentiel, mais comme plusieurs jeunes entrepreneurs, il leur manquait de liquidité ou de crédibilité auprès des institutions financières. En achetant 25 % des actions de l'entreprise, j'apportais une stabilité auprès des financiers, ce qui ouvrait des portes à une expansion plus rapide. »

Instigatrice du projet, Émilie aurait pu demander à son père de financer entièrement le rachat, mais son orgueil l'a convaincue de prendre une autre voie. « Je trouve ça important de gagner ce qu'on a, dit l'entrepreneure de 27 ans. Après, personne ne peut nous enlever ce qu'on a bâti. Au Québec, les gens ont souvent le réflexe de dire : "Son père lui a tout acheté...", et je ne voulais pas ça. J'ai accepté l'aide de ma mère, mais j'ai aussi appris beaucoup en travaillant pour accumuler le reste du financement. »

Mère et filles ont également choisi d'avoir chacune des actions.

« On a regardé plusieurs options, mais on préférait avoir nos parts de responsabilités et de dividendes dans l'aventure. » -Émilie Gaudreault

Elles ont d'ailleurs préféré cogner à la porte des créanciers, plutôt que d'accepter le prêt d'un membre de leur famille, avec un faible taux d'intérêt. « Si on n'est pas capables de passer par-dessus 7,5 % d'intérêts sur cinq ans, on n'est peut-être pas à notre place, répond Émilie Gaudreault. Dans le futur, on aura possiblement besoin d'un crédit à plus grande échelle et il faudra s'être fait un nom pour l'obtenir. »

Les étapes de financement se sont déroulées rondement, mais le quotidien d'une fille qui devient la patronne de sa mère et de sa soeur n'a pas toujours été simple. « Comme je détiens 55 % des actions, j'ai un droit de parole additionnel, et c'est moi qui apporte la vision à long terme, explique Émilie. Lors de nos premières discussions, ça passait serré un peu... Il a fallu mettre des barrières entre la famille et l'entreprise, et redéfinir le rôle de chacun. Mais en général, ça se déroule très bien. »




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