Gouvernance d'entreprise: les premiers de classe et les cancres

Carl Simard, président de Medici, gestion de portefeuille... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE)

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Carl Simard, président de Medici, gestion de portefeuille stratégique.

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André Dubuc
André Dubuc
La Presse

Pour éviter les mauvaises surprises, l'investisseur doit regarder les pratiques de l'entreprise sur le plan de la gouvernance, recommande Carl Simard, président de Medici, gestion de portefeuille stratégique.

Dans une analyse qu'il a écrite sur le sujet, M. Simard cible les exemples à suivre et les comportements à bannir en la matière. Il a accepté de faire part de ses observations aux lecteurs de La Presse.

Son analyse repose sur quatre critères de la gouvernance. La gestion du capital a toujours été examinée chez Medici. Trois autres critères se sont imposés avec le temps.

« Le but de la gouvernance est de prendre les bonnes décisions stratégiques et d'en superviser étroitement l'exécution afin de faire croître la véritable profitabilité économique de l'entreprise tout en préservant sa pérennité », écrit-il dans un texte qu'il a fait parvenir à La Presse Affaires.

Soulignons que M. Simard détient dans le portefeuille de ses clients la plupart des cas exemplaires. À l'inverse, Medici ne détient aucune action des entreprises données en contre-exemples.

LES QUATRE PILIERS DE L'INVESTISSEMENT

Investir, c'est savoir gérer les risques, rappelle le gestionnaire de portefeuille établi à Saint-Bruno, en Montérégie. Choisir une entreprise qui enrichit ses actionnaires année après année grâce à la présence d'avantages concurrentiels durables se veut un gage de succès. Mais encore faut-il acheter à bas prix si un investisseur veut faire de l'argent.

Autrement dit, entre deux entreprises extrêmement rentables dotées d'avantages concurrentiels à long terme et dont les actions se vendent à un prix attrayant, Carl Simard choisit la société dont la gouvernance est supérieure.

RÉMUNÉRATION DES HAUTS DIRIGEANTS

Est-ce que la rémunération des patrons est parfaitement en phase avec l'intérêt des actionnaires ? La détention d'actions par le PDG est bien vue ; l'octroi d'un paquet d'options l'est beaucoup moins. La hauteur des émoluments entre aussi en ligne de compte.

Bon élève : FOSSIL GROUP

Le premier dirigeant de Fossil Group ne touche aucun salaire. Il n'en a pas besoin. Il détient 12 % du fabricant de montres sous des marques de commerce comme Michael Kors.

Bonnet d'âne : LUMENPULSE

En septembre 2014, les fondateurs de Lumempulse ont largué 66,5 millions quelques mois seulement après son entrée en Bourse, à la mi-avril. Le titre ne s'en est jamais remis. « Quel message lances-tu ? Tu ne dois pas être là pour le court terme, tu es là pour le long terme », s'indigne-t-il.

PARTAGE DES PRINCIPAUX INDICATEURS DE GESTION AVEC LES ACTIONNAIRES

L'entreprise se fixe-t-elle publiquement des objectifs de gestion ? L'actionnaire est-il en mesure de suivre la progression des résultats ?

Élève modèle : DOLLARAMA

Carl Simard apprécie le fait que l'entreprise décompose ses ventes de magasins comparables en deux : croissance du panier d'achats et nombre de transactions. La société, dont la valeur a été multipliée par six depuis son entrée en Bourse en 2009, dévoile annuellement son plan d'ouverture de magasins de l'année suivante.

Bonnet d'âne : CGI

CGI reçoit les louanges de M. Simard en regard de la gestion du capital. La société ne verse pas de dividendes et préfère garder l'argent pour financer ses acquisitions. Mais le rapport annuel le laisse sur son appétit. « J'ai l'impression de lire une infopublicité quand je lis le rapport annuel. IBM fait la même chose, déplore-t-il. Ils parlent à leurs clients, pas à leurs actionnaires. »

ATTITUDE ET EXPÉRIENCE DES DIRIGEANTS

Les dirigeants restent-ils discrets sur leur réussite, ou courent-ils les tribunes ? Reconnaissent-ils publiquement leurs erreurs ? Ont-ils les yeux fixés en permanence sur la gestion des coûts ?

Premier de classe : CONSTELLATION SOFTWARE

Le siège social emploie 15 personnes seulement sur les 10 000 employés de l'entreprise. Le PDG Mark Leonard engage le dialogue avec ses actionnaires dans le rapport annuel et les téléconférences. Il y explique sa politique de dividendes, par exemple. M. Simard apprécie aussi la politique de l'entreprise obligeant les dirigeants à réinvestir 75 % de leur boni dans les actions de Constellation.

Cancre : ORBITE ALUMINAE

Pendant des années, le fabricant d'alumine de haute pureté à partir de l'argile a géré par communiqués de presse, plus enthousiastes les uns que les autres. « Les communiqués servaient à nourrir la popularité à l'égard du titre au moment où l'entreprise avait besoin de capitaux », dit M. Simard.




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