Yolande Brunelle: la complice

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Yolande Brunelle... (Photo: Robert Mailloux, La Presse)

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Yolande Brunelle

Photo: Robert Mailloux, La Presse

Marie-Claude Lortie
La Presse

Depuis que la campagne électorale a été déclenchée, Yolande Brunelle a un problème: son mari n'est plus là pour faire les courses et préparer à manger. «Il faut que je cuisine moi-même!» lance-t-elle avec l'air un peu coquin de celle qui vient de confier un secret. «Il n'est pas juste chef en politique. Il l'est aussi aux fourneaux!»

Nous sommes au café Cherrier pour parler d'elle, mais la conversation revient souvent sur le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, son complice depuis 30 ans. Elle l'a connu alors qu'elle était l'éducatrice à la garderie de sa fille, Amélie, qui avait 2 ans. Il était alors séparé. Ils ont commencé à se fréquenter. Ils se sont mariés. Ont eu un fils, Alexis, qui a aujourd'hui 29 ans et est père de deux enfants.

 

Leur histoire est celle d'une famille reconstituée qui a fonctionné. «Amélie, c'est ma fille», dit-elle avec le sourire généreux d'une maman remplie de fierté.

Avec sa coupe de cheveux à la Louise Brooks, son style vestimentaire toujours élégant mais jamais ennuyeux, son poste de directrice à temps plus que plein d'une petite école primaire du quartier Saint-Henri, Mme Brunelle n'est pas l'épouse politique typique. Ou plutôt, c'est l'incarnation même de la version contemporaine et québécoise de la femme du chef, celle qui est aux côtés et non pas derrière l'homme politique.

Elle n'a pas pris congé pour la campagne et continue à piloter ses projets scolaires. Et si elle serre des mains les week-ends pour appuyer la campagne du Bloc, dès le lundi matin, elle est de retour à Saint-Henri pour veiller sur ses tout-petits.

Lorsqu'on lui demande quel est son modèle de femme politique, elle répond sans hésiter Pauline Marois ou Louise Harel. Quand on précise qu'on veut plutôt parler de femme dans le sens d'épouse, elle cherche un peu pour finalement conclure qu'Hillary Clinton est probablement la plus inspirante de la catégorie.

Mme Brunelle pense-t-elle un jour se lancer elle aussi en politique?

«J'en ai déjà fait», répond-elle, me rappelant qu'elle a été commissaire scolaire pour le MEMO pendant quatre ans, à la fin des années 90.

Se relancerait-elle dans la mêlée? «Je ne dis pas que je n'aurais pas aimé faire de la politique. Me présenter, j'aurais aimé ça. Mais aujourd'hui, mes compétences sont en éducation.»

La passion de l'éducation

Autant elle tient à être avec son mari en campagne électorale - «je fais équipe, je veux être présente, je veux que les gens sachent que je soutiens Gilles, que je suis là» - autant sa carrière, sa vie professionnelle à elle, est au coeur de son identité. De son propre aveu, elle n'est pas «à la remorque» de son mari.

D'ailleurs, l'entrevue avec cette ancienne enseignante aurait très bien pu porter en entier sur des questions touchant le monde de l'éducation, notamment sur le grand dossier qui lui tient à coeur: la maternelle à temps plein obligatoire dès l'âge de 4 ans.

«Dans les milieux défavorisés, nos enfants ne vont pas nécessairement dans les CPE à 4 ans», note-t-elle. Les faire entrer un an plus tôt à la maternelle permettrait d'intervenir plus rapidement auprès de ces tout-petits. Pour le moment, les programmes de prématernelle n'offrent que des demi-journées. Pas suffisant. «Et imaginez tout l'espace qui serait libéré dans le réseau des CPE.»

Quant aux autres, ceux qui sont déjà encadrés à temps plein, ils seraient tout simplement à la maternelle plutôt qu'à la garderie - un peu comme en France, où le réseau scolaire ouvre ses portes aux enfants dès l'âge de 3 ans.

La conversation continue à bâtons rompus. Mme Brunelle parle de la complicité avec son mari, de tout ce qu'il fait à la maison, de sa présence auprès des enfants, de leur vie d'empty nesters dans le quartier des anciens ateliers Angus, de son bonheur de savoir qu'elle pourra passer les trois derniers jours de la campagne sur le terrain. «Vous savez, j'ai hâte», dit-elle.

 

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