Le procès Duffy hante la campagne de Stephen Harper

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«Je répète ce que j'ai dit depuis le début», a rétorqué M. Harper en point de presse dans une ferme familiale de Regina, en Saskatchewan.

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Fannie Olivier
La Presse Canadienne
Ottawa

Une nouvelle journée, de nouvelles villes visitées, les mêmes questions posées. Où qu'il aille dans sa campagne électorale, Stephen Harper est rattrapé par le procès de son sénateur Mike Duffy.

Mais l'angle ou la formulation des questions des journalistes qui suivent le chef conservateur sur son avion de campagne ont peu d'impact sur les réponses de ce dernier. M. Harper évite depuis le début de la semaine de répondre spécifiquement aux interrogations des reporters, et s'esquive en récitant la même réponse.

Jeudi n'a pas fait exception. Au deuxième jour du témoignage de Nigel Wright - l'ancien chef de cabinet du premier ministre qui a signé un chèque de 90 000 $ pour que M. Duffy rembourse des dépenses inappropriées au Sénat - son point de presse a principalement tourné autour de cet enjeu.

Quelle était sa connaissance des «termes généraux» de l'aide apportée par M. Wright à M. Duffy? Pourquoi avoir approuvé les lignes médiatiques qui trompaient le public? A-t-il sacrifié son sénateur pour étouffer l'affaire?

«Je répète ce que j'ai dit depuis le début», a rétorqué M. Harper en point de presse dans une ferme familiale de Regina, en Saskatchewan.

«J'ai demandé à M. Duffy de rembourser ses dépenses, on m'a indiqué que M. Duffy ferait ça et M. Duffy a dit qu'il a fait ça. Quand j'ai appris le contraire, j'ai pris des actions appropriées», a-t-il répété.

M. Harper assure que l'utilisation convenable de l'argent des contribuables était sa «seule préoccupation» dans cette affaire.

De nombreuses zones d'ombre persistent, alors qu'un «scénario de remboursement» visant à faire disparaître discrètement le scandale des dépenses du sénateur de l'Île-du-Prince-Édouard a été dévoilé au grand jour. Le scénario, concocté par les plus proches collaborateurs du premier ministre, n'était connu par M. Harper qu'en des «termes généraux», selon le témoignage de M. Wright.

À Laval, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a confié qu'il trouvait peu probable que M. Harper n'ait pas su ce que tramaient ses conseillers.

«M. Harper, habituellement, contrôle assez ce qui se passe autour de lui. Et les gens qui travaillent avec lui savent aussi que c'est quelqu'un qui veut tout savoir. Mais ce coup-ci, il ne le savait pas, selon M. Wright», a signalé M. Duceppe, incrédule.

En tournée en Saskatchewan, le chef libéral Justin Trudeau a exprimé son inquiétude devant l'élaboration par le bureau du premier ministre d'un stratagème visant à «camoufler» la vérité aux Canadiens.

«Le fait que les Canadiens apprennent qu'ils ne peuvent pas croire notre premier ministre et son bureau, que nous ne pouvons pas avoir confiance qu'ils disent la vérité, est un problème majeur», s'est-il indigné.

Premières Nations

Au 12e jour de campagne, M. Trudeau a fait sa première promesse de taille en s'engageant à hausser substantiellement le financement de l'éducation pour les Premières Nations.

Le leader libéral s'est engagé à injecter sur une base annuelle pendant quatre ans 515 millions $ en financement pour l'éducation de la maternelle à la fin du secondaire. À cela s'ajouterait un premier investissement immédiat de 500 millions $ au cours des trois prochaines années pour la construction d'infrastructures scolaires, ainsi que 50 millions $ additionnels par an en aide aux étudiants autochtones poursuivant des études postsecondaires.

Pour M. Trudeau, il est inacceptable que le financement par élève des enfants autochtones soit inférieur à celui des enfants allant dans les écoles financées par les provinces. «Je crois que tous les enfants ont droit à une éducation de qualité. Malheureusement, ça ne se passe pas comme ça au Canada», a-t-il dit.

Postes Canada

L'enjeu de la livraison du courrier à domicile a fait irruption dans la campagne, alors que le maire de Montréal, Denis Coderre, s'est indigné contre l'installation «sauvage» de boîtes postales.

Il en avait particulièrement contre une dalle de béton fixée sans consultation au parc éco-nature de l'Anse-à-l'Orme, dans l'arrondissement Pierrefonds-Roxboro. «L'aménagement du territoire, ça m'appartient. Je vais l'enlever la dalle, moi. Just watch me», a-t-il crâné.

Quelques heures plus tard, le coloré maire a joint la parole aux actes en enfilant un costume de col bleu, en empoignant un marteau piqueur et en participant lui-même à la destruction de la fameuse dalle. Loin d'enterrer la hache de guerre, il a même promis de faire enlever d'autres structures de Postes Canada.

Tant le Bloc québécois que le Nouveau Parti démocratique (NPD) ont profité de la sortie de M. Coderre pour réitérer leur opposition à la fin de la livraison du courrier à domicile.

Le chef néo-démocrate Thomas Mulcair n'avait pas d'activité publique jeudi, mais il prépare une annonce économique qu'il fera à Toronto vendredi.

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