Le chef des pompiers de L'Isle-Verte témoigne

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Yvan Charron (à gauche)

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Incendie à L'Isle-Verte »

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Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
Rivière-du-Loup

Selon Yvan Charron, demander de l'aide une fois rendu sur les lieux «était la façon de faire» pour les pompiers de L'Isle-Verte, a-t-il déclaré mardi, lors des audiences du coroner portant sur le décès de 32 personnes lors de cet incendie tragique, survenu le 23 janvier dernier, en pleine nuit.

Il a ainsi requis des équipes des municipalités avoisinantes, environ 19 minutes après le premier appel de détresse. D'autres villes ont été appelées en renfort plus tard encore.

Après que son travail eut été remis en question la semaine dernière, le chef pompier a défendu mardi ses décisions et le travail de son équipe.

Il a témoigné qu'il croyait que tous les résidants seraient déjà à l'extérieur du bâtiment à son arrivée sur les lieux, se basant sur un exercice d'évacuation effectué quelques années auparavant. Celui-ci avait été réalisé en plein jour, avec l'aide du personnel de la résidence.

Pourtant, la préposée du service 911 lui avait dit que les habitants étaient coincés à l'intérieur de la Résidence du Havre et que la fumée les empêchait de voir quoi que ce soit.

Croisé en route vers l'incendie, l'un des pompiers de son équipe l'avait aussi avisé que l'évacuation n'était même pas commencée.

Témoignant à l'audience au palais de justice de Rivière-du-Loup, le chef pompier Charron a dit qu'il n'avait pas pensé que les gens seraient endormis et auraient possiblement pris des médicaments. Lui-même n'était «peut-être pas réveillé autant», son téléavertisseur ayant sonné alors qu'il dormait.

Il a admis savoir que la Résidence du Havre était classée à «haut risque» et que beaucoup de personnes non mobiles y habitaient. Le bâtiment comptait 52 unités d'habitation.

Yvan Charron n'a pas établi de poste de commandement en arrivant sur les lieux du brasier. Il a préféré aller sauver des gens, ce qui était à ce moment sa priorité, a-t-il témoigné. Il a admis ne pas savoir combien de membres de son équipe sont allés combattre les flammes à la Résidence du Havre.

«J'étais en contrôle», a-t-il ensuite affirmé, soutenant que son intervention était structurée - une conclusion avec laquelle tous ses pompiers se sont dits en accord à l'audience.

Le coroner a semblé inquiet de l'absence d'un poste de commandement.

«S'il n'y a pas de coordination, les pompiers deviennent une partie du problème plutôt que de la solution», lui a lancé le coroner Cyrille Delâge.

Après la procureure du coroner qui dirige les interrogatoires principaux, l'avocate des propriétaires, Dominique Bertrand, a aussi questionné M. Charron sur sa décision de ne pas appeler à l'aide d'autres casernes avant d'être rendu sur place.

«Je n'ai pas compris sa réponse», a-t-elle dit, pour justifier la répétition.

«Moi non plus», a rétorqué le coroner Delâge.

Le chef pompier de la municipalité de Saint-Éloi, Normand Morin, a dit avoir été surpris de voir les pompiers de L'Isle-Verte travailler sans masque, affirmant qu'il met toujours son appareil respiratoire pour être plus efficace et pour pouvoir rester à l'intérieur plus longtemps et ainsi sauver davantage de personnes.

Le chef de Saint-Paul-de-la-Croix, Étienne Lepage, était du même avis. On m'a appris ça dans mon cours d'officier, a-t-il dit. Un cours que le chef Charron de L'Isle-Verte n'a pas suivi.

La formation du chef pompier, qui est aussi directeur du service incendie pour L'Isle-Verte, a fait l'objet de nombreuses questions.

Celui-ci n'a jamais fait sa formation d'officier et plusieurs de ses pompiers n'ont pas suivi de cours de mise à jour de leurs qualifications, puisqu'ils n'étaient pas obligés en vertu de la loi. Une clause grand-père dans la nouvelle loi les en exemptait.

«On a des jobs à temps plein», s'est défendu M. Charron, qui est aussi agriculteur.

Le coroner a semblé fortement irrité en entendant ces divergences dans la formation des pompiers volontaires de l'équipe, certains étant capables d'accomplir certaines tâches, mais pas d'autres. Au moins un n'avait pas eu de formation pour mettre un appareil respiratoire.

Le chef pompier a aussi fait état de problèmes de fonctionnement des téléavertisseurs des membres de son équipe - constatés des mois avant la tragédie - et affirme ne pas avoir reçu le premier appel d'alerte à minuit 25. Tous ces téléavertisseurs ont été remplacés après le 23 janvier.

Lundi, les policiers ont témoigné du chaos qui régnait sur place à leur arrivée et comment ils ont pris en main les opérations de sauvetage et d'évacuation, pénétrant dans la résidence à plusieurs reprises sans équipement de protection.

Les audiences se poursuivent mercredi, avec les témoignages des résidants qui ont survécu et des experts de la Sûreté du Québec qui vont analyser la preuve.

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