Manifestation: 85 arrestations à Montréal

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Le gouvernement de Jean Charest a décidé d'augmenter les droits de scolarité de 1625 dollars en cinq ans, une hausse décriée par des dizaines de milliers d'étudiants. »

 

Pascale Breton, Émilie Bilodeau, David Santerre et Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

Quelques heures seulement après l'échec des négociations entre le gouvernement et les étudiants, des milliers de manifestants en colère ont marché dans les rues du centre-ville de Montréal, mercredi soir. Et une fois de plus, des protestataires ont exprimé leur frustration en brisant des vitres de commerces, en lançant des balles de peinture sur des édifices et en vandalisant quelques voitures.

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Les affrontements entre policiers en manifestants se sont poursuivis un peu après minuit. Une arrestation massive, visant plusieurs dizaines de manifestants, a été réalisée au coin des rues des Pins et Saint-Dominique, tard dans la nuit.

À 5h00, jeudi, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a confirmé avoir appréhendé un total de 85 manifestants au cours de la soirée. Le SPVM précisé dans ce bilan provisoire que trois des personnes arrêtées étaient d'âge mineur. De plus, trois policiers ont été blessés lors des affrontements survenus lors de la manifestation dont l'itinéraire n'avait pas été divulgué.

Dans les premières minutes de la marche, la majorité des manifestants semblaient pacifiques, mais certains cachaient leur visage d'un masque. Quelques membres du Black Bloc étaient aussi sur place. Les policiers, très nombreux, étaient visibles et ont prévenu les manifestants que si certains causaient des méfaits, le rassemblement serait déclaré illégal.

La foule s'est mise en marche vers 21h15, suivant un itinéraire qui n'avait pas été divulgué. Intitulé «L'ostie de grosse manif de soir», le rassemblement était organisé par l'Association facultaire des étudiants en science politique et droit de l'Université du Québec à Montréal (AFESPED-UQAM).

«Évidemment on souhaite une manif énergique. Calme, c'est pas le mot», a affirmé Daniel Crespo, l'une des personnes responsables de l'organisation.

«En ce moment, je crois que le sentiment qui se vit au sein des étudiant-e-s c'est la colère. Alors le calme, je ne crois pas qu'on en ait.»

Dès le départ, rue Berri, quelques pièces pyrotechniques ont été lancées dans les airs. Un manifestant qui a lancé une poubelle à l'intersection des rues Berri et Ontario a vite été hué par la foule.

Un peu plus loin, un peu plus tard, les vitres d'une succursale bancaire ont été fracassées. Trois autres établissements ont subi le même sort. Des journalistes et les voitures de certains médias ont également été pris pour cible et ont reçu des balles de peinture. Plusieurs manifestants ont cependant hué le geste du petit groupe de casseurs.

Rue Sainte-Catherine, les vitres de la librairie Chapters ont volé en éclats. Le magasin Apple a quant à lui été barbouillé de peinture, ce qui a marqué le début des affrontements entre policiers et manifestants.

À 22h20, les autorités ont annoncé que l'attroupement était illégal et ont demandé aux manifestants de se disperser. Des pierres et des morceaux d'asphalte ont été lancés en leur direction.

Les policiers du groupe d'intervention, masqués et matraque à la main, ont tenté une première manoeuvre pour disperser les manifestants. Ils ont lancé des grenades assourdissantes et ont utilisé des gaz lacrymogènes, ce qui a divisé le groupe de protestataires en deux.

Au coin des rues Sainte-Catherine et Stanley, une jeune femme qui sortait du gym a retrouvé sa voiture, le pare-brise défoncé. « Je suis pour la gratuité scolaire, mais je suis contre cette façon de manifester. Je vais devoir faire remorquer la voiture, je ne peux la conduire », a-t-elle déploré.

Toute la soirée, l'hélicoptère de la Sûreté du Québec a survolé la marche. Le corps de police a également été appelé durant la soirée en renfort.

Le poste de quartier 21 du Service de police de la ville de Montréal a été la cible de casseurs, avec plusieurs de ses vitres éclatées. Les policiers se trouvant à l'intérieur ont affirmé avoir eu peur de voir un cocktail molotov être lancé à travers les ouvertures dans la vitre.

Dans les médias sociaux, de nombreux internautes affirmaient ne pas avoir entendu l'annonce des policiers lorsqu'ils ont déclaré la manifestation illégale. Ils dénonçaient également avoir reçu des gaz lacrymogènes.

Négociations rompues

La manifestation d'hier soir survenait quelques heures à peine après que les discussions eurent été rompues entre le gouvernement et les étudiants.

Des manifestations survenues depuis mardi soir ont donné lieu à du saccage et à des actes de vandalisme. Estimant que la trêve n'avait pas été respectée, la ministre a montré la porte à la CLASSE, affirmant qu'elle s'était exclue elle-même de la table des discussions.

Par solidarité, les fédérations étudiantes se sont aussi retirées des discussions.

Sur la page Facebook de la CLASSE, la manifestation d'hier soir était présentée comme une reprise de celle de la semaine dernière, qui a connu «un immense succès». Vendredi dernier, une manifestation contre le Plan Nord a tourné à l'émeute près du Palais des congrès.

Hier après-midi, une autre manifestation avait réuni des centaines de protestataires.

Marino Tremblay s'est présenté aux deux manifestations, en après-midi et en soirée, avec un arbre décoré de dizaines de carrés rouges qu'il portait sur sa bicyclette. «J'ai fait mes études il y a 40 ans alors que les droits de scolarité étaient presque nuls. Mon père était décédé, j'étais orphelin, mais j'ai quand même pu aller à l'université et devenir médecin», a-t-il dit.

Aucun méfait et aucune arrestation n'ont marqué cet événement organisé par la CLASSE.

Le fil des événements

0h45: les policiers procèdent à une arrestation de masse à l'angle des Pins et Saint-Dominique. 50 à 100 manifestants sont encerclés et montent dans des autobus de la STM nolisés pour eux. Le SPVM n'a pas encore fait le bilan du nombre d'arrestations, mais avant l'arrestation de masse, seulement quelques unes isolées, avaient été effectuées.

La manifestation est à toutes fins pratiques terminée.

24h15: Daniel Crespo, un organisateur, a dit au début de la soirée: «Évidemment on souhaite une manif énergique. Calme, c'est pas le mot. En ce moment, je crois que le sentiment qui se vit au sein des etudiant-e-s c'est la colère. Alors le calme, je ne crois pas qu'on en ai.»

24h05: Une autre foule marche dans le secteur des rues Prince Arthur et Coloniale, alors que l'escouade antiémeute est au coin des rues Berri et de Maisonneuve. 

24h00: Rue de Bullion, angle René-Lévesque, des manifestants ramassent le contenu de nombreux bac de recyclages renversés dans la rue.

"On sait que c'est l'oeuvre de gens qu'on désapprouve ou de certains qui ont eu peur quand la police a chargé et qui ont pris ce qu'ils avaient sous la main. Nous on était pacifiques, on voulait se faire entendre sans casse. Alors on aide au nettoyage", explique une étudiante de l'UQAM dont l'association, l'AFSPED, a organisé la manif de ce soir. Elle précise que sur les plus de 10 000 militants présents, l'écrasante majorité était pacifique.

Par ailleurs, le PDQ 21 a beaucoup de vitres cassées, mais les manifestants ne sont pas rentrés dedans.

23h30 Le poste 21 du SPVM a été attaqué par des manifestants au coin des rues René Lévesque et Ste-Elizabeth.

23h30 Sur les médias sociaux, de nombreux internautes affirment ne pas avoir entendu l'annonce lorsque les policiers ont déclaré la manifestation illégale. Ils dénonçaient également avoir reçu des gaz lacrymogènes.

23h20 Au coin de Sainte-Catherine et Stanley, une jeune femme qui sortait du gym a retrouvé sa voiture, le pare-brise défoncé. «Je suis pour la gratuité scolaire, mais je suis contre cette façon de manifester. Je vais devoir faire remorquer la voiture, je ne peux la conduire», déplore-t-elle.

23h : Pendant que les policiers finissent de disperser la foule dans les rues de Montréal, les commentaires se déchaînent sur les réseaux sociaux. Certains critiquent le travail des policiers, affirmant que l'avertissement déclarant la manifestation illégale n'a pas bien été entendu avant que le gaz poivre ne soit lancé. D'autres dénoncent avec vigueur les casseurs, affirmant qu'ils ont fatigués de toutes ces scènes de désolation.

22h40 : Des manifestants remontent la rue Metcalfe vers le nord, se dirigeant vers la rue Sherbrooke. Rue Sainte-Catherine, des débris et de la vitre cassée jonchent la chaussée. Des voitures de police ont aussi été vandalisées.

22h35 : Des manifestants se rassemblent à nouveau, au Square Dominion cette fois. Un père court derrière son fils, qui manifeste dans la foule, lui demandant de rentrer à la maison.

22h30 Les policiers chargent la foule. Des gaz poivre ont été lancés. Des manifestants résistent, refusant de se disperser. De leur côté, des policiers tentent d'esquiver des briques et des morceaux d'asphalte lancés par des manifestants 22h25 : Les policiers lancent des bombes assourdissantes. Le groupe d'intervention scinde la foule en deux, rue Sainte-Catherine. Une manifestante est fâchée de la tournure des événements, se demandant haut et fort pourquoi des casseurs ont brisé des vitrines.

22h15 : Des manifestants scandent des slogans réclamant que la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) revienne à la table de discussions avec le gouvernement.

22h10 : Des fenêtres ont été fracassées dans au moins quatre succursales bancaires - Banque Nationale, TD, CIBC et Banque Royale - au cours des dernières minutes. Immédiatement la foule hue les casseurs. La plupart des manifestants poursuivent leur route dans le calme, mais certains se mettent à courir, rue Saint-Catherine. Deux journalistes de La Presse ont été pris pour cible.

22h De nouveau, le SPVM confirme que de nouvelles pièces pyrotechniques ont été lancées.

21h55 : Des fenêtres de différentes succursales bancaires ont été fracassées. Des voitures ont aussi été vandalisées avec de la peinture. Mais dans l'ensemble, ces incidents sont isolés.

21h50 : Il n'y a pas que des étudiants dans la foule. Yvan Perrier, professeur en relations industrielles à l'Université du Québec en Outaouais et en science politique au Cégep du Vieux-Montréal dénonce les interventions policières des derniers jours.

«J'ai vu les policiers tendre des pièges aux étudiants à l'Université du Québec en Outaouais. Ils ont le droit de manifester publiquement. Je suis ici pour m'assurer qu'ils évitent de succomber à la provocation policière».

21h45 : Les manifestants marchaient trop vite. Ils se sont arrêtés un instant à l'angle des rues Sherbrooke et du Parc. Ils se sont maintenant remis en route. L'air connu « À qui la rue? À nous la rue » est repris par plusieurs. Les manifestants se sont arrêtés quelques instants devant l'édifice abritant les bureaux de Loto-Québec et de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) puis ont repris leur route.

21h35 : De nouvelles pièces pyrotechniques lancées à la hauteur de la rue Sherbrooke. Les premiers manifestants marchent dans la rue Sherbrooke, à l'intersection Saint-Laurent tandis que la queue de la manifestation se trouve toujours rue Saint-Denis, à l'angle de la rue Cherrier 21h30 : La foule marche dans la rue Saint-Denis vers le sud. Certains scandent des slogans réclamant la démission du premier ministre Jean Charest ou invitant la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, à partir. Le nombre de manifestants semble encore avoir augmenté.

21h20 : Un manifestant lance une poubelle à l'intersection Berri et Ontario. Il est vite hué par la foule. Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) confirme que des pièces pyrotechniques ont aussi été lancées. Le métro est toujours bondé en direction de Berri-UQAM 21h12 : Les manifestants se mettent en marche dans la rue Berri, vers le Nord.

21h : Les discours commencent. La lecture d'un poème, «Speak Rich» galvanise la foule. La manifestation se mettra en branle tout de suite après les discours.

20h40 : L'écrivain Yves Beauchemin participe à la manifestation. Il admet que des dérapages sont possibles, même si le rassemblement se veut pacifique. Mais il ajoute que le gouvernement est «incapable».

20h30 : Entre 1000 et 2000 personnes présentes. Les policiers se promènent dans la foule, expliquant les situations qui justifient leur intervention. Généralement, ils se tiennent plutôt en retrait.

- Avec PC



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