Attentat de St-Jean: un acte «terroriste»?

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Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Steven Blaney, a déclaré mardi que l'attentat démontrait que la menace terroriste était «bien réelle» au Canada.

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Attentat à St-Jean-sur-Richelieu

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Attentat à St-Jean-sur-Richelieu

Le 20 octobre 2014, Martin Rouleau a heurté deux militaires dans le stationnement d'un centre commercial de Saint-Jean-sur-Richelieu, en Montérégie. »

Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Ottawa

Les chefs des deux principaux partis d'opposition à Ottawa espèrent que le gouvernement Harper a de bonnes raisons de qualifier l'attentat survenu lundi à Saint-Jean-sur-Richelieu d'attaque «terroriste» contre les «valeurs» canadiennes.

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Un militaire est venu installer une couronne de coquelicots sur un poteau près du lieu de l'agression.

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La lecture que font le chef néo-démocrate Thomas Mulcair et son adversaire libéral Justin Trudeau de la réaction gouvernementale au tragique incident de lundi est cependant quelque peu différente.

Alors que le premier a soutenu que le gouvernement avait «l'obligation de nous dire sur quoi il se base» pour qualifier cet acte de «terroriste», le second a affirmé qu'il était «évident» que le gouvernement avait «accès à des informations que les partis d'opposition n'ont pas».

Le premier ministre Stephen Harper a dénoncé mardi en Chambre un «acte de violence abject non seulement contre ce militaire et ses collègues, mais aussi franchement contre nos valeurs en tant que démocratie civilisée.»

Quelques heures auparavant, le ministre fédéral de la Sécurité publique, Steven Blaney, a déclaré que l'attentat démontrait que la menace terroriste était «bien réelle» au Canada.

«Ce qui est arrivé hier (lundi) est manifestement lié à une idéologie terroriste», a-t-il dit au cours d'une brève conférence de presse où il était accompagné de son homologue provinciale, Lise Thériault.

De leur côté, M. Mulcair et M. Trudeau ont opté pour la prudence.

Ils n'ont pas voulu dire si l'homme qui a happé deux militaires - dont un mortellement - avait, à leurs yeux, commis un acte terroriste, disant préférer attendre les résultats de l'enquête policière avant de se prononcer sur cette question.

Et ils semblent aussi s'entendre sur une autre chose: il faut éviter à tout prix de politiser un événement aussi tragique.

«Le premier ministre est allé assez loin en évoquant nos valeurs, la démocratie, voire même la civilisation», a exposé M. Mulcair en point de presse à l'issue de la période des questions aux Communes.

«J'espère qu'il ne sont pas (les conservateurs) en train de se servir de cette situation-là pour compter des points politiques», a-t-il ensuite laissé tomber.

Justin Trudeau a pour sa part dit ne pas souhaiter «passer (son) temps à ajouter de la partisanerie dans ce qui est une tragédie très inquiétante».

L'individu qui était au volant du véhicule à Saint-Jean-sur-Richelieu s'était fait confisquer son passeport par les autorités canadiennes pour éviter qu'il ne se rende à l'étranger afin de combattre aux côtés des djihadistes, a confirmé mardi le commissaire de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Bob Paulson.

Il faisait aussi partie des 90 Canadiens considérés à risque de se radicaliser qui faisaient l'objet d'une enquête» de la police fédérale, a poursuivi le commissaire Paulson en marge d'un comité parlementaire à Ottawa.

Le haut responsable est allé jusqu'à suggérer que l'homme avait pu poser son geste par frustration d'avoir été privé de son passeport. A priori, la GRC ne croit pas que l'individu avait des complices, mais aucune piste ne sera écartée, a assuré le commissaire Paulson.

Cet événement vient rappeler l'importance de fournir aux autorités sécuritaires du pays les moyens nécessaires pour s'attaquer au fléau que constitue la radicalisation idéologique au pays, selon l'opposition.

Le gouvernement laisse entendre depuis quelques jours qu'un projet de loi sera déposé incessamment pour aider les organisations comme le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS).

Le premier ministre Harper l'a réitéré mardi en réponse à une question du chef Justin Trudeau

«Ces agents cherchent des façons de faire des accusations contre ces individus. Le gouvernement est en train d'examiner les façons par lesquelles nous pouvons donner plus d'outils à nos organisations pour faire des accusations là où c'est possible», a-t-il expliqué.

Du côté de l'Assemblée nationale, à Québec, les députés ont observé une minute de silence en mémoire de la victime, de sa famille et de ses proches.

Que le Québec soit le théâtre d'un «tragique événement (...) inspiré de la haine entre les peuples» est déplorable, a souligné le premier ministre du Québec, Philippe Couillard.

Selon lui, il faut néanmoins être conscient que la «radicalisation domestique» est présente dans «tous les pays qui sont sujets à cette menace-là», et que «le Québec n'est pas une île».

La Sûreté du Québec (SQ) a confirmé mardi midi l'identité du militaire qui a péri. Il s'agit de l'adjudant Patrice Vincent, qui était âgé de 53 ans. L'autre soldat ne souffre que de blessures mineures et on ne craint pas pour sa vie.

L'un des deux hommes portait son uniforme militaire lorsqu'il a été happé, a déclaré Guy Lapointe, de la Sûreté du Québec.

La police provinciale a aussi identifié mardi l'auteur présumé du geste.

Il s'agit de Martin Couture-Rouleau, un Québécois qui s'est récemment converti à l'islam et qui était dans la mire des autorités depuis juin dernier.

Il s'était radicalisé au point d'avoir été placé sous la surveillance policière des autorités.

Au volant de son véhicule, l'individu de 25 ans avait heurté les deux militaires avant de prendre la fuite.

Poursuivi par la police municipale, le fuyard a fini par perdre la maîtrise de son véhicule qui a fait plusieurs tonneaux après avoir circulé sur le boulevard du Séminaire.

L'individu serait ensuite sorti de son véhicule armé d'une arme blanche et les policiers l'ont abattu.

Et alors que le suspect aurait foncé sur les deux soldats vers 11h30, il aurait été aperçu dès 9h15 à l'extérieur d'un centre de Services Canada qui loge aussi un bureau de recrutement des forces armées canadiennes.

La thèse privilégiée par les enquêteurs pour le moment est celle d'un acte volontaire, a précisé M. Lapointe.

Le premier ministre Stephen Harper a transmis un communiqué en début de journée, mardi, pour faire part de ses «sincères condoléances à la famille et aux amis du membre des FAC (Forces armées canadiennes) qui a succombé aux blessures subies lors de cet événement odieux».

Il a ajouté que les autorités pouvaient compter sur le plein appui du gouvernement «pour faire toute la lumière sur ce geste horrible».

Tout horrible que soit le geste, les Canadiens ne doivent pas pour autant céder à la panique, a tenu à faire valoir le ministre des Anciens combattants, Julian Fantino.

«La menace est réelle (...) mais la réalité est que nous sommes dans un pays très sécuritaire. Nous ne tenons pas cette sécurité pour acquise, et c'est pourquoi nous travaillons très fort sur certains de ces enjeux», a déclaré M. Fantino, ancien chef de la police régionale de York et du service de police de Toronto. 

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