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Le porte-parole de la manif contre La Meute s'abstient de condamner la violence

Le porte-parole de la manifestation contre le racisme et contre La Meute... (Photo Yan Doublet, Le Soleil)

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Photo Yan Doublet, Le Soleil

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(Québec) Le porte-parole de la manifestation contre le racisme et contre La Meute regrette que des actes de violence aient retenu l'attention médiatique dimanche. Mais Pablo Roy-Rojas s'abstient de condamner les agissements d'un groupe de militants d'extrême gauche, dont plusieurs étaient masqués.

« Ce que je condamne, c'est la situation dans laquelle on est. Celle où il y a l'extrême droite qui est violente et dangereuse, et où la gauche, elle, doit répliquer. Certains groupes de gauche, et certaines personnes, sentent le besoin de répliquer de cette façon-là », a-t-il affirmé à La Presse lundi.

Les moyens utilisés par ce groupe pour manifester contre La Meute étaient-ils donc légitimes ? « On sait que les groupes qui gravitent autour de La Meute sont violents aussi. C'est le contexte politique actuel qu'il faut questionner. Que nous on se positionne, je ne vois pas la pertinence. »

Vous ne voulez pas condamner la violence ? lui a-t-on demandé. « Nous, on fait nos actions. D'autres personnes sentent le besoin de faire les leurs. Nous, on ne veut pas se positionner par rapport à ce que les autres personnes pensent être bien », a-t-il répondu.

Pablo Roy-Rojas a précisé que l'Action citoyenne contre la discrimination, un mouvement qui a été créé récemment et qui est derrière la manifestation, n'a pas appelé à la violence. « On appelait tout le monde à rester calme », a-t-il insisté. Il juge que le « rassemblement citoyen », parti de Place d'Youville pour se diriger vers l'Assemblée nationale, « s'est bien déroulé ». Le grabuge a été le fait d'un autre groupe de militants d'extrême gauche avec lequel il dit n'avoir aucun lien. Ils se sont rendus devant le stationnement du complexe G, le point de rendez-vous de La Meute. « Je ne connais pas qui sont ces gens », a-t-il insisté, reconnaissant par ailleurs que des participants à sa manifestation se sont également rendus sur place. « J'ai observé, un peu effrayé aussi », a-t-il précisé.

Selon lui, certains des militants masqués sont arrivés par autobus depuis Montréal et sont repartis en soirée. On a également vu sur place des banderoles d'un groupe créé à Québec le printemps dernier, la « Ligue anti-fascite et anti-raciste ». « On ne pouvait pas les empêcher de faire quoi que ce soit, nous, en tant qu'organisation citoyenne », a-t-il dit.

« Je crois qu'il fait évaluer le message qui a été envoyé par les deux groupes qui étaient en présence, les gens du Black Bloc (nom donné à un groupe ad hoc formé d'individus cagoulés et vêtus de noir, NDLR) et notre manifestation. Le message selon lequel le racisme et la xénophobie ne sont pas les bienvenus à Québec », a-t-il ajouté.

« Ébranlée » par la tournure des événements, Annabelle, une militante qui avait participé à la manifestation contre le racisme, disait à La Presse dimanche que l'opération était « un échec » en raison des événements violents. Et pour la Meute, qui a finalement pu manifester dans l'ordre, « c'est un succès » selon elle.

« Ce que je déplore, c'est qu'on n'ait pas eu, par la faute des événements, plus de couverture, a réagi Pablo Roy-Rojas. Évidemment, ça a détourné les caméras vers ce qui était plus, comment dire, étonnant. On n'a que parlé de violence et pas d'antiracisme, et ça je le déplore. Par contre, je ne crois pas que La Meute a gagné. Leur manifestation a eu lieu tard, personne ne les a vus et on en parle moins aussi. »

Le message de Jaggi Singh sur Facebook

Jaggi Singh a écrit un message sur sa page Facebook à la suite de sa remise en liberté.

« Salut tout le monde. Je suis à Montréal. Je suis retourné avec les ami.e.s et camarades de Montréal et je viens d'arriver. Après mon arrestation à la contre-manif aux racistes de la Meute, j'étais détenu pour 30 à 45 minutes, et finalement lâché sans accusation criminelle (possibilité d'une contravention dans la poste). J'ai refusé de m'identifier, alors je ne sais pas à quelle adresse la police de Québec va envoyer leur ticket (puis, quand ils m'ont demandé mon identité à maintes reprises, je suis un amateur du hockey, alors j'ai finalement dit : ''Michel Goulet, ancien ailier gauche pour les Nordiques ; adresse : Le Colisée !''). J'étais libéré au milieu de Limoilou, dans une station de gaz. Sérieusement, ça va bien, je suis bien appuyé et entouré (j'apprécie vos messages de soutien et solidarité par e-mail, message fb et texte). Plus important, nous avons réussi ensemble de perturber un groupe raciste et Islamophobe pour quatre heures. Les racistes étaient confinés à un sous-sol de stationnement pour ce temps. Malheureusement, après le départ des autobus de Montréal, des membres de la Meute ont pris la rue pour un temps limité, entouré par les policiers. Mais, nous avons réussi - ensemble, plusieurs groupes et individu.e.s surtout de Québec, de Montréal, et d'ailleurs - de confronter sur le terrain public les racistes et xénophobes. Plus d'infos à suivre. Thank you. Ouvrez les frontières ! Bienvenue aux migrant.e.s ! »




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