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Seulement cinq prisons ont mis des grillages au-dessus de leurs cours

Selon Mathieu Lavoie, président du Syndicat des agents... (photo jean-marie villeneuve, archives le soleil)

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Selon Mathieu Lavoie, président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec, des grillages ont été ajoutés dans les prisons d'Orsainville (photo) et de Saint-Jérôme, mais « pas précisément dans les cours où les évasions se sont produites. Ils en ont mis dans de plus petites cours ».

photo jean-marie villeneuve, archives le soleil

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Les évasions ont été spectaculaires, dignes de films hollywoodiens. En 2013, deux détenus se sont échappés de la prison de Saint-Jérôme à bord d'un hélicoptère. Un an plus tard, le scénario se répétait à la prison d'Orsainville. Or, trois ans après le premier événement, seuls cinq établissements québécois ont installé des grillages au-dessus de leurs cours, a appris La Presse grâce à une demande d'accès à l'information.

Des travaux pour installer des grillages au-dessus des cours ont été réalisés dans cinq établissements de détention en 2014 et 2015. L'ajustement en matière de sécurité a coûté 435 000 $. Certaines cours d'établissements étaient déjà équipées de la sorte avant les évasions par hélicoptère.

« Au total, les Services correctionnels comptent 15 cours grillagées réparties dans l'ensemble de ces établissements. Pour des raisons de sécurité, nous ne pouvons révéler les établissements concernés », a expliqué dans un courriel Alexandra Paré, porte-parole du ministère de la Sécurité publique (MSP).

Toutefois, certains centres possèdent plus d'une cour extérieure. Ainsi, l'existence de 15 cours grillagées ne signifient pas que 15 des 17 établissements de détention du Québec possèdent ce type de protection.

«Il y a encore des établissements qui sont exposés à des risques. Cinq de plus, au nombre d'établissements qu'on a, ça fait très peu.»

Mathieu Lavoie
Président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec (SAPSCQ)

Il confirme qu'Orsainville et Saint-Jérôme ont été dotées de tels grillages, mais « pas précisément dans les cours où les évasions se sont produites. Ils en ont mis dans de plus petites cours ».

La porte-parole du Ministère n'a pas voulu confirmer ou infirmer cette information « pour les mêmes raisons de sécurité ».

IL FAUDRA PLUS QUE DES GRILLAGES, ESTIME LE SYNDICAT

Sans en préciser le nombre, le Ministère a affirmé que des clôtures doivent encore être installées « en fonction des priorités établies ». Aussi, toutes les nouvelles prisons en seront dotées.

«Comme l'établissement de Roberval qui a ouvert ses portes en décembre dernier, les nouveaux établissements de détention (Amos, Sept-Îles et Sorel-Tracy) seront également dotés de cours grillagées.»

Alexandra Paré
Porte-parole du ministère de la Sécurité publique (MSP)

Les coûts liés à ces installations sont inclus dans le montant global des projets de construction.

N'empêche, pour le syndicat, l'installation de ces clôtures n'est qu'une partie de la solution aux problèmes de sécurité dans les prisons.

« Il reste énormément à faire. [Le Ministère] parle beaucoup d'ajuster les procédures, ajoute le président. Mais sur le terrain, nous, les agents, on ne sent pas de différence depuis les événements. »

D'AUTRES LACUNES

Les problèmes de surpopulation dans les établissements carcéraux, les gels d'embauche d'agents correctionnels et les effectifs en nombre insuffisant ne sont que quelques exemples énumérés par le président du syndicat pour démontrer que la sécurité ne relève pas que de l'installation de grillages. Le syndicat réclame plus d'effectifs.

« Les cours grillagées peuvent aussi entraîner une réduction des objets illicites entre les murs. Mais la grande problématique depuis quelques années, c'est l'utilisation de drones. [...] Le Ministère dit qu'il veut mettre des caméras. Mais ça ne remplace pas l'oeil humain. Ça prend quelqu'un qui les regarde exactement au bon moment, les caméras », expose M. Lavoie, en guise d'exemple.

« On n'a pas les moyens de nos ambitions, dénonce-t-il. Tout le monde le sait et tout le monde fait l'autruche. C'est comme si on attendait qu'il y ait un autre événement. Là, on va se dire qu'on aurait dû agir. On va demander un autre rapport Bouchard et on va le tabletter lui aussi. »

- Avec la collaboration de William Leclerc et Louis-Samuel Perron

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