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La GRC lie la violence familiale aux meurtres de femmes autochtones

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La GRC a indiqué que les victimes de sexe féminin, peu importe leur ethnie, étaient plus fréquemment tuées par des hommes vivant sous le même toit ou dans la même communauté.

MARTIN LEBLANC, ARCHIVES LA PRESSE

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Kristy Kirkup
La Presse Canadienne
OTTAWA

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a publié vendredi une mise à jour de son rapport sur les femmes autochtones disparues et assassinées au pays qui démontre un lien fort entre les homicides et la violence familiale.

La GRC a aussi indiqué que les victimes de sexe féminin, peu importe leur ethnie, étaient plus fréquemment tuées par des hommes vivant sous le même toit ou dans la même communauté.

Depuis la publication du dernier rapport sur la question il y a 13 mois, 32 femmes autochtones ont été tuées et 11 autres sont disparues. Le bilan d'alors s'élevait à 1181 cas de meurtres ou de disparitions de femmes autochtones entre 1980 et 2012. Selon le document, ces chiffres «montrent que les femmes autochtones sont surreprésentées parmi les femmes disparues et assassinées au Canada».

Les plus récentes données de la GRC - basées uniquement sur les conclusions obtenues dans les territoires qui sont sous la compétence du corps policier national - indiquent que les meurtres de femmes autochtones sont résolus dans 81 % des cas. Il s'agit d'une proportion comparable au taux de 83 % dans le cas des femmes non autochtones.

«Il y a un lien sans équivoque entre les homicides et la violence familiale», a déclaré la sous-commissaire de la GRC, Janice Armstrong.

Ces propos viennent étayer la déclaration controversée du ministre des Affaires autochtones, Bernard Valcourt, au cours d'une rencontre à huis clos avec des leaders autochtones en mars dernier.

Le ministre avait alors avancé que 70 % des femmes autochtones étaient assassinées par des hommes autochtones. Cette affirmation avait provoqué la colère de plusieurs chefs, qui ont accusé le ministre Valcourt de rejeter tout le blâme sur les autochtones.

Selon la GRC, la mise à jour confirme que des efforts de prévention doivent être déployés pour s'attaquer au problème de la violence familiale.

«La relation entre la victime et l'agresseur s'est avérée très significative, a précisé le surintendant Tyler Bates. Le tueur était connu de la victime dans 100 % des cas résolus d'homicide de femmes autochtones et dans 93 % des cas résolus d'homicide de femmes non autochtones ayant eu lieu sur ces territoires.»

La majorité des agresseurs étaient «un conjoint ou d'un membre de la famille». Il peut aussi s'agir d'une «connaissance» - dans les cas de relations entre une travailleuse du sexe et un client ou encore entre un vendeur de drogues et un client.

Le chef national de l'Assemblée des Premières Nations Perry Bellegarde a qualifié le document de la GRC «d'appel urgent à l'action dans cette crise nationale».

«Nous ne pouvons ignorer les preuves ou la réalité. Il y a une surreprésentation évidente et tragique des femmes autochtones parmi les femmes disparues et tuées dans ce pays. Il ne s'agit pas qu'un d'un enjeu des Premières Nations, il s'agit d'un enjeu canadien et nous avons tous notre rôle à jouer», a-t-il déclaré par voie de communiqué.

L'Assemblée des Premières Nations a joint sa voix à celles d'autres organisations autochtones et des partis de l'opposition à Ottawa qui réclament la tenue d'une enquête publique sur les femmes autochtones disparues et assassinées.

Une demande qui est appuyée par les premiers ministres provinciaux et territoriaux, ainsi que par le rapporteur spécial des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, James Anaya.

Le gouvernement conservateur continue toutefois de rejeter cette proposition, avançant qu'une étude plus approfondie de la question n'est pas nécessaire.

Le ministre des Affaires autochtones Bernard Valcourt n'a pas commenté la publication de la mise à jour vendredi. Il a laissé la ministre de la Condition féminine, Kellie Leitch, le faire.

«La GRC l'a dit elle-même dans sa propre étude: la vaste majorité des crimes sont analysés et résolus par des enquêtes policières», a fait valoir le porte-parole de la ministre Leitch, Andrew McGrath. «Nous n'avons pas besoin d'une étude supplémentaire qui s'ajouterait à la quarantaine de recherches qui ont déjà été faites. Nous avons besoin de policiers pour attraper ceux qui sont responsables et s'assurer qu'ils soient punis.»

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