La nouvelle est finalement tombée : la frontière terrestre vers les États-Unis rouvrira le 8 novembre pour les voyages non essentiels, en même temps qu’entreront vraisemblablement en vigueur les nouvelles exigences vaccinales. Le point.

Judith Lachapelle
Judith Lachapelle La Presse

Q. Quand la frontière terrestre vers les États-Unis rouvrira-t-elle ?

Les États-Unis avaient déjà annoncé fin septembre que de nouvelles exigences vaccinales seraient en vigueur à partir de novembre, mais n’avaient pas annoncé la date. C’est maintenant chose faite : le lundi 8 novembre, les voyageurs adéquatement vaccinés provenant du Canada ou du Mexique pourront traverser la frontière terrestre vers les États-Unis. Et contrairement à ceux qui font le voyage en avion, ils n’auront pas à présenter un test de dépistage négatif à la frontière.

Q. Quelles seront les exigences vaccinales aux frontières ?

Tous les voyageurs adultes, qu’ils arrivent par la terre, par la mer ou par les airs, devront être vaccinés et présenter une preuve de vaccination. Il n’est pas encore clair si les enfants admissibles à la vaccination (12 ans et+) doivent aussi présenter une preuve de vaccination. Les États-Unis ont déjà indiqué qu’ils accepteront les preuves vaccinales de l’un ou l’autre des vaccins reconnus par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), ce qui inclut (en plus des vaccins de Pfizer, Moderna et Janssen homologués aux États-Unis) les vaccins AstraZeneca, Covishield, Sinovac et Sinopharm.

Les personnes qui traversent la frontière pour des raisons essentielles (comme les chauffeurs de camion) auront jusqu’en janvier pour présenter une preuve vaccinale complète.

Q. Qu’en est-il de la vaccination mixte (combinaison de deux doses de fabricants différents) ? Sera-t-elle acceptée ?

Bonne nouvelle pour les quelque 4 millions de Canadiens qui ont eu deux vaccins différents et qui veulent se rendre aux États-Unis : ils seront considérés adéquatement vaccinés, ont annoncé vendredi soir les Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC). « Les personnes qui ont reçu une combinaison de deux doses d’une série de deux doses de vaccins contre la COVID-19 approuvée/autorisée par la FDA ou répertoriée par l’OMS pour une utilisation d’urgence sont considérées comme entièrement vaccinées », a indiqué l’autorité réglementaire américaine. Bien que les CDC n’ont « pas recommandé de mélanger les types de vaccins dans une série primaire, nous reconnaissons que cela est de plus en plus courant dans d’autres pays et devrait donc être accepté pour l’interprétation des dossiers de vaccination », a-t-on ajouté dans la même déclaration écrite.

Q. Faudra-t-il toujours présenter un test de dépistage négatif à la frontière américaine ?

Oui, mais seulement pour les voyageurs qui arrivent par avion. Les personnes qui traversent la frontière terrestre vers les États-Unis n’auront pas besoin de subir un test de dépistage avant de traverser.

Il existe essentiellement deux types de tests de dépistage pour la COVID-19. Le premier, le test de polymérisation en chaîne moléculaire (PCR), est celui utilisé dans les centres de dépistage publics au Canada. Le second, le test antigénique, est plus rapide et moins sensible que le PCR, et coûte beaucoup moins cher. Le test antigénique n’est pas accepté comme preuve de dépistage aux douanes canadiennes… mais il l’est pour entrer aux États-Unis. Andrew D’Amours, du site d’information de voyage Flytrippers, conseille fortement aux voyageurs de magasiner leur test avant le départ. Ainsi, s’il en coûte environ 150 $ pour faire un test antigénique dans un laboratoire privé installé à l’aéroport Trudeau, des cliniques privées offrent ce service pour moins de 100 $ ailleurs en ville. « Et contrairement au Canada, qui exige un test fait dans les 72 h avant l’arrivée au pays, les États-Unis acceptent que ce soit fait durant les trois jours complets avant le départ. »

Q. Et qu’en est-il des tests pour revenir au Canada ?

Le test de dépistage reste obligatoire avant l’entrée au Canada pour tous les voyageurs âgés de 5 ans et plus, quel que soit la route empruntée ou le statut vaccinal. Contrairement aux États-Unis, le test antigénique n’est pas admis pour rentrer au Canada. Les voyageurs doivent présenter un résultat de test moléculaire effectué dans les 72 h précédant l’arrivée. Le test PCR coûte plus cher, mais Andrew D’Amours souligne l’existence du test d’amplification des acides nucléiques (NAAT), également accepté à la frontière canadienne. Certaines pharmacies aux États-Unis, dit-il, offrent ce test gratuitement à leurs clients, sans avoir à montrer une preuve de résidence (l’adresse de l’hôtel suffit).

Pour les voyages de moins de 72 h, le Canada accepte que le test moléculaire soit fait avant le départ du Canada. Par exemple, un voyageur qui voudrait aller passer un après-midi ou un week-end en Nouvelle-Angleterre pourrait faire un test moléculaire avant de partir, ou trouver aux États-Unis un endroit qui lui fournira rapidement un résultat de test.

À noter que les enfants de moins de 12 ans ne sont pas soumis à une quarantaine au retour, mais doivent quand même éviter les lieux publics (dont les écoles et garderies) pendant 14 jours après le retour au pays.

Q. Une fois entré aux États-Unis, à quel moment me demandera-t-on une preuve de vaccination ?

La preuve de vaccination reste encore peu utilisée aux États-Unis. Certaines villes ou entreprises commencent à l’exiger. À San Francisco, il faut montrer une preuve de vaccination de deux doses d’un vaccin reconnu par l’OMS pour s’attabler au restaurant. À New York, il suffit d’avoir reçu une seule dose d’un de ces vaccins pour voir s’ouvrir les portes des restaurants, des bars ou des théâtres. À noter qu’il faut présenter une preuve écrite et détaillée des doses reçues – le code QR québécois ne peut pas toujours être lu à l’extérieur du Québec. Le « portail libre-service » du ministère de la Santé vous permet de télécharger et d’imprimer la preuve qui présente le code QR et les détails sur les vaccins reçus.

  • Avec Mélanie Marquis, La Presse

Précision
Cet article a été modifié de sa version originale pour corriger les informations concernant l’exigence des tests de dépistage à la frontière américaine.