New York n'est pas San Francisco: Erin Gleeson l'a vite compris quand elle s'est installée sur la côte ouest.

Publié le 9 sept. 2015
Violaine Ballivy LA PRESSE

Le style qui avait permis à la photographe culinaire de se faire un nom et un honnête gagne-pain ne convenait plus. Là-bas, on préférait une ambiance nettement plus décontractée, moins léchée: elle devait s'adapter ou se résigner au fait que le meilleur de sa carrière était derrière elle. D'où ce blogue, Forest Feast, qu'elle a lancé pour parfaire son portfolio en photographiant des recettes simples (c'est une cuisinière autodidacte) inspirées par les légumes de saison, croquées dans un cadre naturel et illustrées en partie avec ses propres aquarelles. Bingo. Cet esthétisme a conquis une maison d'édition et propulsé la photographe au rang d'auteure, qui figure même sur la liste des meilleurs vendeurs du New York Times.

Ses recettes sans viande ni poisson plairont certes aux végétariens, mais plus largement aussi à ceux et celles qui aiment recevoir à la maison, puisqu'on trouve dans ce recueil un vaste éventail de cocktails et de petits plats à partager, à manger du bout des doigts en laissant la soirée s'étirer doucement. On regrette qu'il n'y ait pas davantage de plats principaux, plus soutenants, mais après tout, c'est l'été et l'appétit s'envole souvent avec le mercure. On aura bien le temps, dans quelques semaines, de préparer des repas plus costauds quand le froid se réinstallera et que les terrasses ne seront plus qu'un lointain souvenir.

Un festin de nature, d'Erin Gleeson, éd. de la Martinière, 240 p., 34,95$

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE