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Projet de famille: jardiner pour voyager

Afin de payer les activités de leur voyage... (Photo fournie par la famille)

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Afin de payer les activités de leur voyage en Thaïlande, les sept membres d'une famille de l'Abitibi-Témiscamingue se sont adonné à la culture maraîchère durant l'année.

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ÉMÉLIE RIVARD-BOUDREAU

Collaboration spéciale

La Presse

Voyager en Asie avec ses cinq enfants n'est pas un mince projet... S'adonner à la culture maraîchère dans le nord de l'Abitibi, non plus. Une famille de Rapide-Danseur, en Abitibi-Témiscamingue, a pourtant jumelé ces deux défis avec brio. Ses sept membres sont actuellement en Thaïlande grâce à leur «Potager des Bourlingueurs». Chez les Béchard-Chabot, c'est en ce temps des Fêtes que l'on récolte ce que l'on a semé.

À quelques jours de son départ, Béatrice Chabot, 13 ans, est fébrile. Il lui manque pratiquement de souffle pour énumérer toutes les activités à l'horaire de son voyage. «On va faire de la plongée en apnée, on va aller dans la jungle, on va faire de la tyrolienne, on va aller dans un marché flottant, on va suivre des cours de cuisine...» Il faut dire que ses quatre petites soeurs et elle ont de quoi être fières. L'été dernier, elles ont réussi un défi hors du commun lancé par leurs parents. «On leur a dit: "Est-ce que ça vous tente de partir en voyage? Oui? Alors voici. Les parents vont payer les billets d'avion et l'hébergement, vous, vous paierez les activités. Pour y arriver, que diriez-vous de faire un jardin?"», raconte le père, David Chabot.

Désherber avant de jouer

Le jardinage n'était pas inconnu dans la famille. Le père, qui est animateur de radio, et la mère, qui travaille en ressources humaines, produisent chaque année la presque totalité des légumes que la famille consomme. Toutefois, pour le projet de l'été dernier, la production a presque triplé. «On avait un jardin de 100 pi sur 50 pi et un autre de 50 pi sur 50 pi, précise David Chabot. On avait une soixantaine de variétés de légumes. Juste les carottes, on avait cinq variétés différentes!», ajoute sa conjointe Isabelle Béchard.

Tôt le matin, tard le soir, beau temps, mauvais temps, toute la famille était mobilisée pour semer, entretenir, récolter et vendre tous les produits du jardin. Et produire des légumes dans le nord de l'Abitibi implique aussi de composer avec le gel jusqu'à la fin du mois de juin! Eugénie, 8 ans, a été l'une des plus vaillantes du groupe. «Je me souviens, une fois, il a fallu travailler quatre heures juste pour abrier les plants de tomates. On avait 150 plants!», se souvient-elle.

Si la petite Éléonore, 6 ans, s'est plu à arracher les mauvaises herbes, la cadette Adèle, 10 ans, dit avoir fait la cigale. «J'ai un peu moins fait ma part. Moi, je restais couchée», admet-elle. En échange, c'est elle qui préparait le déjeuner des autres braves jardiniers. Même si c'était parfois en roulant les yeux, elle a aussi respecté la règle de désherber avant de jouer. En vendant leurs légumes dans des marchés, lors d'événements estivaux et sur la page Facebook «Le Potager des Bourlingueurs», les jardinières ont fini par empocher près de 4000 $, soit le double de l'objectif fixé au départ.

De jardinières à globe-trotters

Après avoir visité trois fois la Floride, une fois la République dominicaine et une fois les Amish en Pennsylvanie, le groupe vit sa première expérience de voyage en sac à dos. Tout le monde traîne son bagage qui doit avoir les dimensions réglementaires pour entrer à l'intérieur de l'avion. Aucune valise dans la soute!

Les enfants ont aussi accepté de faire un compromis sur le confort de l'hébergement, au profit des expériences. «À sept, ç'a été un défi de trouver un logement, explique Isabelle Béchard. On a donc fait des compromis. Il n'y a pas un lit pour tout le monde, on apportera un matelas de sol et ce sera deux par lit simple.»

Avant même le départ, la mère considère que l'expérience a été concluante. «Les voyages étaient devenus acquis et toujours gratuits. Ç'a été une bonne façon de leur enseigner la valeur de l'argent», constate-t-elle. L'expérience sera-t-elle répétée? «Non, c'est trop intense», croit Béatrice. «Peut-être, mais moins grand», répond à son tour la très optimiste Eugénie. Dans tous les cas, tous s'entendent pour admettre que le travail en famille s'est avéré un beau souvenir. Et en prime, la famille a pour toute l'année des légumes frais et transformés dans tous les recoins de la maison.




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