Le temps des Fêtes arrive à grands pas et apporte avec lui son lot de rencontres et de repas, bien ou mal accompagné. Sentez-vous la tension dans l'air ou, au contraire, vous êtes ravi de recevoir votre belle-famille? Allez-vous vous entretuer avec votre belle-mère ou préparer des gâteaux et magasiner avec elle dans une ambiance festive?

Publié le 16 déc. 2013
OLIVIA LÉVY LA PRESSE

La belle-famille occupe une place de choix dans les disputes des couples. Elle se hisse au troisième rang après les conflits sur l'argent et l'éducation des enfants.

«Avec les familles recomposées, tout le monde se voit moins souvent dans l'année. Le temps des Fêtes devient un moment avec des obligations familiales, c'est ce qui crée des problèmes puisqu'il n'est jamais agréable de vivre avec l'impression de ne pas avoir le choix», explique le thérapeute conjugal André Perron. Il ajoute que les jeunes parents n'ont pas appris à dire non. «Affirmez-vous! C'est difficile de refuser quelque chose à ses beaux-parents parce que ça touche une fibre intime de l'enfant que nous avons été vis-à-vis de la figure d'autorité», poursuit-il. Il conseille de briser la routine. «Suggérez des solutions de rechange. Si vous êtes habitué à recevoir chez vous, faites-vous inviter dans la belle-famille ou allez au restaurant. Il est bon de prendre des initiatives et de se voir en terrain neutre, ça change la dynamique. Vous pouvez aussi partir en vacances dans le Sud si vous en avez les moyens.»

Un précieux soutien

Au-delà du temps des Fêtes, les familles ont des emplois du temps très chargés entre le travail, les enfants, leurs activités, la maison et les différentes obligations. Les beaux-parents peuvent être d'une grande aide pour alléger la tâche quotidienne. «Depuis que nous avons des enfants [de 4 et 7 ans], mes beaux-parents viennent les garder. C'est précieux de les avoir. Ça nous donne un peu de répit. On se retrouve en amoureux, mon conjoint et moi. Mes beaux-parents sont heureux de voir leurs petits-enfants et nous sommes ravis de les leur laisser», confie Josiane qui s'entend relativement bien avec sa belle-famille. Elle a de la chance, pense-t-elle.

«On oublie que les relations avec les beaux-parents se passent bien dans la majorité des cas et qu'ils sont d'un grand soutien pour les jeunes familles débordées. C'est vrai qu'ils peuvent être parfois envahissants. Ils peuvent aussi, au contraire, être complètement invisibles de peur de déranger. On pensera alors qu'ils manquent d'intérêt envers leurs enfants et petits-enfants», estime André Perron.

Caricature de la belle-mère

Vos beaux-parents débarquent-ils à l'improviste chez vous le dimanche? Sont-ils du genre à vous donner des leçons? «J'adore mes beaux-parents peut-être parce que, justement, je ne les vois pas trop souvent!», plaisante Julie, 40 ans, qui confie que son beau-père, à 81 ans, est un homme d'une autre époque, qui n'a jamais changé de couches et qui est nostalgique du passé. «Il y a un grand écart de génération qui, parfois, provoque des discussions animées», souligne Julie.

Vincent, de son côté, reconnaît qu'il sent une certaine tension avec sa conjointe. La cause: sa mère. Il confie du bout des lèvres: «Bon, O.K., j'avoue: ma mère se mêle de tout, donne son avis sur tout et n'importe quoi, est très indiscrète et pense qu'elle détient la vérité... C'est énervant, mais ça part d'un bon sentiment», dit-il. Sa conjointe Geneviève respire profondément. «Ma belle-mère est tout simplement exaspérante, mais heureusement, elle le sait! C'est ça, le comble.» Elle n'a pas peur de l'affronter. «Ça fait quand même plus de 15 ans que je suis avec son fils qui est mon mari, et je peux me permettre de lui faire des remarques. Les hommes ne se mêlent de rien, c'est pour cette raison qu'ils s'entendent bien avec leurs belles-mères», constate Geneviève, mère de trois enfants.

Les cas de figure où la belle-mère est encombrante et désagréable prennent souvent une grande ampleur. «On en fait des caricatures, on en rit, on s'en moque, mais au fond, les belles-mères sont en majorité des femmes respectueuses, aimantes et aidantes», conclut André Perron.

ÊTRE UNE BELLE-MÈRE ZEN

Voici quelques conseils pour être une belle-mère agréable, selon Christiane Collange.

• Faites attention à ce que vous dites, même des compliments peuvent être mal interprétés.

• Soyez souple, sachez vous adapter au mode de vie de vos enfants et essayez de comprendre leurs problèmes.

• Ne donnez pas de conseils et ne vous montrez pas en exemple ou en modèle.

• Considérez votre belle-fille et votre gendre comme des personnes à part entière, pas seulement comme le/la conjoint(e) de votre enfant.

• Offrez à votre belle-fille ou à votre gendre des cadeaux personnalisés.

• En cas de conflit, n'obligez jamais votre fils ou votre fille à prendre parti ou à jouer les intermédiaires.