À l’aller, l’Impact a livré deux matchs en un, contre le CD Olimpia. Ce mardi, il ne peut se permettre de connaître une première demie comme celle du 10 mars, au Stade olympique. À l’opposé, la deuxième lui avait fourni des références intéressantes pour le match retour.

Frédérick Duchesneau Frédérick Duchesneau
La Presse

Bien sûr, les circonstances ne sont plus du tout les mêmes. Après le revers de 2-1 à Montréal, ce match retour devait avoir lieu à San Pedro Sula, au Honduras, le 18 mars. Il se tiendra finalement neuf mois plus tard, à Orlando. Les effectifs ont bougé de part et d’autre. Et l’Impact, en raison de sa quarantaine, a repris l’entraînement il y a à peine une semaine.

L’entraîneur Thierry Henry a malgré tout évoqué cette deuxième mi-temps régulièrement au cours de la visioconférence, lundi.

« Dès qu’on a été vers l’avant, en défendant vers l’avant, en centrant tôt… C’est l’une des équipes contre qui on s’est créé le plus d’occasions en une mi-temps. Il faut essayer de refaire la même chose, a noté Henry. Ça ne va pas être évident, mais on est là pour ça. »

En mars, l’Impact a été coulé, en résumé, par des erreurs défensives sur deux longs jeux en première demie, par un manque d’opportunisme en attaque… et par l’absence de reprise vidéo en Ligue des champions de la CONCACAF.

On se souvient que la formation montréalaise aurait dû se voir offrir un tir de pénalité à la 82e minute. L’arbitre l’avait d’abord signalé, puis a changé son fusil d’épaule après discussion avec un officiel sur les lignes de côté.

Si l’on s’en tient aux chiffres, l’Impact semble avoir outrageusement dominé ce match aller : 74 % de temps de possession et 20 tirs au but contre 5.

Mais ce que ces statistiques cachent, entre autres : aucun tir cadré en première demie et seulement trois en deuxième. Dont celui-ci, percutant, de Saphir Taïder, sauvant un peu les meubles.

L’Impact n’a donc aucune marge de manœuvre à la suite de ce match aller singulier. Pour passer directement en demi-finale, il doit l’emporter par deux buts, ou par un seul mais en en marquant au moins trois. Un résultat de 2-1 enverrait tout le monde aux tirs de barrage.

« Nous pensons tous que c’est un match gagnable. Si on fait les bonnes choses, il n’y a pas de raison qu’on ne puisse battre cette équipe », a assuré le défenseur Luis Binks, également en visioconférence, lundi. Il a néanmoins reconnu le « gros défi » qui se dresse devant son club.

Le tout pour le tout

Le CD Olimpia n’a perdu aucun de ses 14 matchs de saison dans la Liga Nacional hondurienne (10-0-4). La ligue du Honduras n’est pas celle du Mexique, mais tout de même. Qualifié pour les demi-finales des éliminatoires, il attend maintenant de connaître l’identité de son adversaire.

L’équipe de l’entraîneur argentin Pedro Troglio a également remporté ses matchs de huitième et de quart de finale en Ligue de la CONCACAF. Elle disputera sa demi-finale, début janvier, contre Alajuelense, club costaricain.

C’est donc dire que le CD Olimpia est invaincu en 16 matchs depuis septembre…

« Ils ne sont vraiment pas faciles à manœuvrer et ils sont dans une bonne période. C’est une équipe directe. Ils jouent avec leurs moyens et je respecte ça. Ils arrivent à mettre l’adversaire en difficulté assez rapidement parce qu’ils sont puissants, rapides devant, et ils défendent très bien. Ils sont redoutables sur le plan physique, mais attention, ils savent jouer aussi », a décortiqué Thierry Henry.

L’un des deux buteurs du match de mars contre l’Impact, Jorge Benguché, a été prêté à un club portugais. L’autre, l’attaquant Jerry Bengtson, est toujours là. Et, tout en étant le seul de la ligue à avoir joué avec un masque, il a marqué huit fois, à égalité au sommet du championnat national.

« On est là, il va falloir se battre. Cette équipe [l’Impact] s’est quand même battue, quels que soient les résultats, les performances, les erreurs, les bons matchs aussi. On a toujours essayé de donner le maximum de nous-mêmes », a dit Thierry Henry.

Aux yeux du média hondurien Diez, quatre joueurs du CD Olimpia méritent de faire partie du onze étoile de la Liga Nacional, au terme de la saison. Ils étaient tous de l’alignement partant, le 10 mars dernier, à Montréal.

Du côté de l’Impact, quatre des partants du Stade olympique ne sont plus avec l’équipe ou sont blessés : Saphir Taïder, Rod Fanni, Jorge Corrales et Maxi Urruti.

Si le CD Olimpia passe au tour suivant, il deviendra le premier club hondurien de l’histoire à atteindre le carré d’as de la Ligue des champions de la CONCACAF.

Malgré les nombreuses embûches, la troupe de Thierry Henry ne devrait toutefois pas lui offrir l’honneur sur un plateau.

« On sort du froid pour venir dans le chaud, eux restent dans le chaud. Il y a pas mal de choses, a énuméré l’entraîneur. Sauf qu’à un moment donné, il faut essayer de rester dans le positif, éviter le négatif et donner ce qu’on a à donner. Je sais qu’il y a un manque d’heures, un manque d’entraînement, un manque de joueurs, manque de ci, manque de ça. Mais on est venus pour essayer de se qualifier et aller le plus loin possible. »

Repêchage d’expansion : Diop n’est pas protégé

Surprise, le gardien numéro 1 de l’Impact, Clément Diop, n’a pas été protégé en vue du repêchage d’expansion, pour l’Austin FC, qui aura lieu ce mardi, à 18 h, quelques heures à peine avant le match. L’Impact a protégé les défenseurs Luis Binks, Zachary Brault-Guillard, Mustafa Kizza et Joel Waterman, les milieux de terrain Ballou Tabla, Lassi Lappalainen, Emanuel Maciel, Samuel Piette, Amar Sejdic et Victor Wanyama, ainsi que les attaquants Romell Quioto et Mason Toye. Les joueurs formés par le club faisant partie de l’effectif et âgés de 25 ans et moins n’avaient pas à l’être. Outre Diop, les joueurs suivants sont donc disponibles : Rudy Camacho, Jorge Corrales, Rod Fanni, Jukka Raitala, Bojan, Steeven Saba, Shamit Shome, Orji Okwonkwo, Maximiliano Urruti et Anthony Jackson-Hamel. Mais de hauts salariés comme Camacho et Urruti ont peu de chances d’intéresser une équipe d’expansion. La formation texane deviendra la 27e de la MLS en 2021.