Les partisans du Canadien les plus impatients espéraient Filip Zadina à l'aube du repêchage, en juin.

Publié le 27 sept. 2018
Mathias Brunet LA PRESSE

Jesperi Kotkaniemi avait reçu moins de publicité que lui du fond de sa Finlande, à Assat. 

Zadina venait de marquer 44 buts en 57 matchs avec les Mooseheads d'Halifax dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec.

Il avait surtout presque huit mois de plus que Kotkaniemi. Parmi les meilleurs espoirs disponibles, on disait qu'il était l'un des plus prêts physiquement à connaître du succès dans la LNH.

Kotkaniemi, au contraire, était à au moins un an ou deux de pouvoir atteindre la Ligue en raison de ses 17 ans et d'un physique un peu plus frêle.

Zadina était peut-être un ailier, mais il pouvait jouer dans la Ligue nationale dès la prochaine saison et il répondait à une lacune énorme chez le Canadien: marquer des buts.

Le Canadien a jeté son dévolu sur le centre Kotkaniemi au troisième rang et les Wings ont repêché avec joie Zadina, encore disponible au sixième rang.

Hier, les entraîneurs en chef du Canadien et des Wings ont commenté le statut de leurs deux espoirs respectifs.

Claude Julien a confirmé ou presque, ce dont la plupart des observateurs se doutaient: Jesperi Kotkaniemi sera de la formation du Canadien pour l'ouverture de la saison.

Kotkaniemi a connu un autre match splendide hier, cette fois au centre de Jonathan Drouin et Artturi Lehkonen et il n'a paru nullement intimidé par les vedettes des Maple Leafs.

Zadina a marqué le but gagnant de son équipe hier soir contre les Bruins de Boston, à trois contre trois en prolongation. Voyons si ce but lui permettra d'éviter un renvoi dans la Ligue américaine.

Plus tôt dans la journée, Jeff Blashill a révélé aux journalistes de Detroit certaines failles dans le jeu du garçon. «Apprendre à se créer de l'espace sur la glace, quand un joueur n'est pas hyper rapide ou costaud, peut prendre un certain temps.»

Blashill a évoqué l'exemple de Nikita Kucherov. La vedette du Lightning jouait dans la Ligue américaine à 20 ans. «C'est la réalité de plusieurs joueurs comme lui. Ils doivent utiliser leur intelligence et leur créativité. Filip est passé proche de réaliser plusieurs (beaux) jeux. Mais il va les réussir éventuellement. Mais il y aura un processus. Je ne sais pas combien de temps ça prendra. Je ne suis pas inquiet pour lui à long terme. Pour le court terme, nous aurons des décisions à prendre.»

Parce qu'il a été prêté aux Mooseheads l'an dernier par son club professionnel Pardubice, les Red Wings ne sont pas tenus de respecter les règlements du hockey junior canadien et peuvent le renvoyer dans la Ligue américaine.

«Je ne veux certainement pas perdre accès à ses services (au cours de la saison), a ajouté Blashill. En le cédant à Grand Rapids (le club-école des Wings dans la Ligue américaine), nous pourrions lui permettre d'apprendre à se créer de l'espace. Et s'il domine là-bas, tant mieux, nous pourrons éventuellement le rappeler.»

Zadina deviendra sans doute un formidable marqueur dans la Ligue nationale et il ne s'agit pas ici de comparer les deux joueurs sur le long terme. Mais à Montréal, celui qu'on disait trop jeune et trop frêle pour aider l'équipe à court terme a fait des pas de géants. Et, justement, Kotkaniemi, par une extraordinaire intelligence sur la glace, parvient à se créer de l'espace et en créer pour ses coéquipiers.

Les entraîneurs professionnels font souvent rager les partisans en insistant sur l'importance de «bien jouer sans la rondelle». Si Kotkaniemi est si efficace avec la rondelle, c'est d'abord qu'il excelle sans, dans son sens de l'anticipation et son positionnement sur la glace.

Reste maintenant à Carey Price à stopper les tirs et tout le monde sera heureux...

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