Gary Bettman et Donald Fehr devraient peut-être s'inquiéter légèrement. Parce que les Québécois sont indifférents au conflit dans la LNH.

Richard Labbé LA PRESSE

C'est du moins ce qui ressort d'un récent sondage CROP - La Presse, réalisé du 17 au 22 octobre au moyen d'un panel web auprès de 1000 répondants.

Ce sondage permet de conclure que les Québécois en ont un peu marre de la chicane qui oppose joueurs et propriétaires depuis le début du lock-out dans la Ligue nationale de hockey, le 15 septembre.

Les résultats obtenus laissent aussi croire que, par ici, on ne s'ennuie pas beaucoup du hockey de la LNH.

«Le sondage nous dit que ce conflit de travail choque les Québécois, dit Youri Rivest, vice-président de CROP. Les gens se sentent mis de côté par des joueurs et des propriétaires qui font beaucoup d'argent.»

Rappelons que les matchs préparatoires ainsi que ceux du calendrier régulier d'octobre ont été annulés. D'autres rencontres pourraient subir le même sort très bientôt si un accord ne survient pas sous peu.

Mais cela ne semble pas trop déranger les Québécois, qui ne s'ennuient pas de leur sport national, selon le sondage CROP - La Presse.

En tout, 58% des répondants disent que le hockey de la LNH ne leur manque «pas du tout», contre seulement 12% qui affirment s'en ennuyer «beaucoup».

Si l'on combine les personnes qui disent s'ennuyer du hockey «un peu» (19%) à celles qui répondent «pas du tout», on obtient un total de 77% des répondants qui jurent que le hockey ne leur manque pas, soit plus des trois quarts des Québécois qui ont participé au sondage. «On sent qu'il y a une distance qui se crée avec les gens», fait remarquer Youri Rivest.

Par contre, 68% des répondants pensent que l'intérêt des Québécois une fois le lock-out terminé sera le même qu'avant, alors que 31% qui croient que cet intérêt sera moindre.

L'image des propriétaires, déjà ternie depuis le commencement de cette querelle, en prend aussi plein la gueule. Ainsi, seulement 18% des répondants estiment que les proprios du circuit se soucient des amateurs de hockey, un chiffre qui grimpe à 30% quand on pose la même question sur les joueurs.

«C'est peut-être ce qui est le plus inquiétant pour les propriétaires, affirme Youri Rivest. En tant que propriétaire, tu veux créer un lien entre ta marque et les amateurs, et ce résultat nous laisse croire que les gens s'éloignent de cette marque.»

Les prises de bec entre joueurs et propriétaires laissent aussi un goût amer aux Québécois, qui sont très pessimistes quant aux chances d'un règlement rapide. Ainsi, près de la moitié des répondants (49%) croit que les probabilités d'une saison annulée au complet sont «élevées», alors que seulement 26% jugent ces probabilités «peu élevées». De toute évidence, les rencontres entre Gary Bettman et son adversaire Don Fehr, le patron du syndicat des joueurs, n'ont guère inspiré confiance.

Ce sondage nous indique par ailleurs qu'il y a un grand gagnant depuis le début de ce lock-out: le ballon ovale! Parmi ceux qui se sont tournés vers un autre sport, 46% ont choisi le football depuis la fermeture des arénas de la LNH. Le soccer arrive deuxième dans cette catégorie (18%). Le baseball, avec des séries qui font pourtant jaser, n'attire que 16% des gens.

Enfin, notons que la perception du joueur de hockey qui fait trop de fric existe encore: 77% des répondants croient que les hockeyeurs de la LNH sont «trop payés»... alors que seulement 1% des gens jugent qu'ils ne sont «pas assez payés».