Carey Price est rentré à Montréal vendredi dernier en sachant très bien qu'il n'était pas sur le point de reprendre le collier. Et c'est sans grand enthousiasme qu'il a retrouvé une quinzaine de joueurs de la LNH au Complexe sportif Bell de Brossard.

Mis à jour le 18 sept. 2012
Marc Antoine Godin LA PRESSE

«Notre été a déjà été assez long comme ça, a lancé le gardien du Canadien. On a eu amplement le temps de ressasser la dernière saison et l'on était prêt à reprendre le collier rapidement. Au lieu de cela, on est en mode attente. C'est vraiment frustrant.»

«On s'entraînait cinq fois par semaine, que ce soit sur la patinoire ou en gymnase. Mais à partir du moment où l'on a su qu'on serait mis en lock-out - c'est devenu évident il y a environ deux semaines - on a levé le pied un petit peu.

«On ne peut pas s'entraîner de la sorte sans la motivation du camp d'entraînement qui approche.»

À l'instar des coéquipiers qu'il a retrouvés à Brossard, Price s'est entraîné lundi sans l'écusson du CH sur le torse.

«On était peu dépareillés. Des gars se sont présentés sans épaulettes, d'autres sans bas», a raconté Price en riant.

Le contexte est un peu alambiqué et surtout, il ne saurait durer trop longtemps.

«Est-ce qu'il va falloir que j'aille agir comme substitut à Peter Budaj en Slovaquie, a-t-il demandé en s'esclaffant. Je ne sais pas combien de temps je vais pouvoir me contenter de matchs à trois contre trois.

«Je n'ai pas encore de plans pour aller jouer ailleurs. Si le lock-out ne devait durer qu'un mois, je ne pense pas que ce serait bénéfique de partir quelque part. Mais si ça se prolonge, il va falloir que je me trouve un endroit où je pourrai garder mes réflexes aiguisés.»

La Suisse semble pour Price une destination séduisante. Elle risque de le devenir encore davantage avec la migration des Rick Nash, Joe Thornton et Logan Couture au pays des 26 cantons.

Si Price admet avoir mis la pédale douce dans les derniers jours, il a néanmoins perdu du poids au cours de l'été. L'organisation espérait qu'il maigrisse encore un peu, si bien que le préparateur physique Pierre Allard est allé lui rendre visite en Colombie-Britannique à deux reprises afin de superviser son entraînement.

Le gardien de 25 ans pèse aujourd'hui 210 livres.

Sur les négos de Subban

Avant le déclenchement du conflit, Price a gardé un oeil sur les négociations de P.K. Subban avec le Tricolore. Pendant que plusieurs autres formations s'empressaient d'embaucher à long terme leurs jeunes vedettes, le CH a tenu son jeune défenseur en respect.

«Je suis sûr que P.K. a un montant en tête et qu'il y tient, a indiqué Price. Je sais ce qu'il traverse, je suis déjà passé par là. Mais c'est encore un jeune joueur et je suis sûr qu'il finira par solutionner son différend avec la direction.»

Lorsqu'était venu le temps de signer son deuxième contrat professionnel, avant la saison 2010-11, Price s'était entendu avec le Canadien sur un contrat de deux ans. Max Pacioretty avait fait la même chose.

«Je me souviens qu'à l'époque, un contrat de deux ans m'apparaissait comme la meilleure durée, se souvient Price. Cela m'avait donné le temps de me prouver, d'autant plus que je n'avais pas beaucoup joué le printemps précédent.»

En attendant le retour de Subban dans le giron du Tricolore, Price se réjoui que la nouvelle direction ait retenu les services de l'entraîneur des gardiens Pierre Groulx.

«Nous nous entendons très bien et il me comprend bien, a-t-il expliqué. Il sait quand me pousser et quand me donner du leste. C'est important d'avoir ce genre de chimie. Ça nous a pris deux ans à bâtir ce lien, ç'aurait été dommage de tout jeter ça aux poubelles.»

> Lisez le clavardage avec François Gagnon sur le lock-out dans la LNH