La KHL ne puise pas que ses joueurs aux quatre coins de la planète hockey. Des 26 entraîneurs-chefs en poste cette année, la moitié seulement vient de Russie. Au milieu des quatre Finlandais, trois Tchèques, un Allemand, un Slovaque, un Biélorusse et un Kazakh qui complètent le contingent européen, on trouve deux Nord-Américains: le Canadien Paul Maurice - il a dirigé les Hurricanes de la Caroline et les Maple Leafs de Toronto - et l'Américain Tom Rowe. Maurice dirige le Metallurg de Magnitogorsk. Rowe, le Lokomotiv de Jaroslav.

François Gagnon, envoyé spécial LA PRESSE

C'est donc à lui que les dirigeants de l'équipe ont confié la mission délicate d'orchestrer la renaissance de leur club.

«Quand j'ai reçu le premier appel, je dois dire que j'étais sur mes gardes. Non seulement on m'offrait de diriger un club décimé l'an dernier, mais avec tout ce que j'avais entendu sur cette ligue et sur ce pays, j'étais réticent. Je me suis rendu à Moscou. Pendant les deux jours qu'a duré cette entrevue, j'ai réalisé à quel point les dirigeants étaient engagés envers leur équipe. À quel point ils tenaient à redonner à leurs partisans un club gagnant. Étant sur mes gardes à mon arrivée, je ne voulais pas partir sans avoir le job.» Tom Rowe l'a obtenu.Il ne lui restait qu'à apprivoiser la ville et à lutter contre le mal du pays.

«J'aimerais que mon épouse soit ici avec moi pour te confirmer à quel point nous aimons la vie ici. C'est différent, bien sûr. Mais la criminalité, la nourriture, le comportement des Russes dont tout le monde nous mettait en garde? Ça n'a rien à voir avec la réalité.»

Et les avions? «Je mentirais si je prétendais ne jamais penser à ce qui est arrivé l'an dernier. Nos joueurs doivent y penser aussi. C'est normal. Mais je crois que tous les joueurs de hockey, peu importe l'endroit où ils évoluent, doivent y penser aussi quand ils prennent l'avion. L'important, c'est que nous soyons en sécurité. Des avions de première qualité sont à notre disposition et je te dirais que j'ai eu plus de craintes l'an dernier lors de certaines envolées aux États-Unis qu'ici.»

Parcours

Âgé de 56 ans, Rowe a connu une carrière modeste dans la LNH, avec les Capitals de Washington, les Whalers de Hartford et les Red Wings de Detroit.

S'il s'est hissé au poste d'entraîneur-chef dans la Ligue américaine - deux saisons à Lowell, deux autres à Albany - Rowe s'est limité à un rôle d'adjoint dans la LNH. Il a secondé Paul Maurice en Caroline pendant trois ans.

Comment s'est-il adapté à la KHL? «À mon arrivée, j'avais l'intention d'imposer un 1-2-2 très simple et de fermer le jeu avec la trappe. J'avais peur de me faire brûler par la vitesse des joueurs et la grande patinoire. Dmitry (Yushkevich), qui a joué longtemps dans la LNH et qui a aussi joué dans la KHL, m'a convaincu du contraire. Nous adoptons donc un style plus agressif, avec un échec avant à deux joueurs qui permet de créer des revirements et de multiplier les occasions de marquer. C'est plus difficile pour nos joueurs, mais ça plait à nos partisans qui nous appuient d'une façon remarquable.»

Et quand ses joueurs ne font pas le travail, ou qu'à l'opposé, ils comblent d'aise leur entraîneur-chef, comment Rowe, qui profite des services de Yushkevich pour communiquer avec les journalistes, s'y prend-il pour faire passer son message ?

«Plusieurs de nos gars parlent anglais. Ça m'aide. Mais quand j'ai des messages à passer, qu'ils soient positifs ou non, je m'arrange pour qu'ils passent. Le ton de voix en dit beaucoup des fois. Sans oublier que certains mots sont compris internationalement. Du moins dans le monde du hockey.»