Justin Robidas roulait en voiture avec son père au moment où le nom de Martin St-Louis est apparu à l’écran.

Publié le 15 août
Katherine Harvey-Pinard
Katherine Harvey-Pinard La Presse

« Les deux, on s’est comme regardés. On ne savait pas trop pourquoi il l’appelait », a raconté le jeune homme à La Presse, le 6 août, dans les couloirs du Centre d’Excellence Sports Rousseau à l’occasion de la Classique Kevin Raphael.

Naturellement, le paternel a appuyé sur le bouton vert.

« Au début, c’était plus de lui demander comment mon père voyait ça, les Canadiens et tout ça, continue Justin. Vers la fin, il lui a dit qu’il était intéressé, qu’il avait parlé à Kent [Hughes] et qu’il allait le passer en entrevue. »

Dans les jours qui ont suivi, Stéphane Robidas a rencontré la direction du Tricolore. La suite fait partie de l’histoire : il a été embauché comme adjoint à Martin St-Louis à titre de responsable des défenseurs, en remplacement de Luke Richardson, promu à Chicago.

Invité au camp estival d’Équipe Canada junior, Justin Robidas était à Calgary quand il a reçu l’appel de son père, tôt le matin.

« Il m’a dit : ils m’ont donné la job. Il était vraiment content », se souvient-il.

Pour lui, ç’a toujours été un rêve de jouer pour le Canadien. Ça, il l’a réalisé. Quand sa carrière s’est terminée, il était déçu. Il n’a rien pu contrôler de ce côté-là.

Justin Robidas

Stéphane Robidas a dû se retirer en raison d’une blessure au genou, en 2017. Après quelques années comme directeur du développement des joueurs chez les Maple Leafs de Toronto, il s’est joint aux Cantonniers de Magog, de la Ligue de hockey M18 AAA du Québec, à titre d’entraîneur-chef l’an dernier. Il a mené l’équipe jusqu’en finale de la Coupe Telus.

Il était prévu que l’homme de 45 ans devienne entraîneur adjoint du Phœnix de Sherbrooke, dans la LHJMQ, en septembre. Mais l’appel de St-Louis a tout changé.

« Il était bien content de pouvoir retourner dans la game, soutient Justin. Veux, veux pas, c’est différent du midget AAA. Il est vraiment emballé par cette aventure-là. »

« C’est un enseignant »

Justin Robidas est né au Texas en 2003, alors que son père évoluait pour les Stars de Dallas. « Je l’ai suivi jusqu’à l’âge de 12 ans. C’était le fun », se souvient le jeune homme.

Quand on lui demande ce qui fait de son père le meilleur homme pour occuper ce poste chez le Canadien, le capitaine des Foreurs de Val-d’Or n’hésite pas : « Il connaît ça ! », lance-t-il.

« Il a beaucoup d’expérience, poursuit-il. Il l’a vécu à la dure. Ce n’est pas un choix de premier tour. C’est un choix de septième tour qui a dû travailler pour tout ce qu’il a mérité. Cette expérience-là, il va pouvoir amener ça. »

C’est un enseignant, il aime ça. Surtout avec la jeune défensive qu’ils vont avoir dans les prochaines années, je pense qu’il va pouvoir apporter beaucoup aux jeunes défenseurs.

Justin Robidas

L’attaquant ne joue pas à la même position que son père, mais il a tout de même bénéficié de son aide au fil des années. Encore aujourd’hui, le duo parle « tout le temps de hockey ».

« Moi, comme attaquant, mon but est de battre les défenseurs. J’essaie de faire ce qu’eux n’aiment pas se faire faire, en un sens. C’est sûr que lui m’aide de ce côté-là », explique-t-il.

Maintenant que le paternel est entraîneur adjoint dans la Ligue nationale, il affrontera l’équipe qui a sélectionné son fils au cinquième tour en 2021, les Hurricanes de la Caroline. Pour quelle équipe le cœur de Justin Robidas penchera-t-il ?

« Les Hurricanes ! Je n’ai pas le choix de dire ça. Mais je suis vraiment content pour lui. Ça va être bizarre, mais le fun ! », s’exclame-t-il.