David Perron veut contribuer à « bâtir l’identité » des Red Wings

Publié le 14 août
Simon-Olivier Lorange
Simon-Olivier Lorange La Presse

Il n’a rien contre les Red Wings de Detroit, sa nouvelle équipe. Mais David Perron était loin d’être enchanté de quitter St. Louis.

Ce n’est pas comme si sa relation avec les Blues avait été un long fleuve tranquille au cours des 15 dernières années.

En 2013, l’équipe qui l’avait repêché six ans plus tôt l’a échangé aux Oilers d’Edmonton. Après un retour au Missouri en 2016, le Québécois a été laissé sans protection au repêchage d’expansion de 2017 ; il s’est ainsi retrouvé à Las Vegas. Un an plus tard, il renouait avec les Blues, cette fois pour quatre années complètes.

Il y a quelques semaines, Perron a reçu la nouvelle qu’il espérait ne plus recevoir : son troisième séjour à St. Louis était terminé. À 34 ans, il peut sans doute présumer que cette fois, le divorce sera définitif. À son grand désarroi.

« J’y ai passé 11 de mes 15 saisons, mes enfants ont grandi là. On adorait ça. C’est difficile », a dit Perron, mardi dernier, en marge du Pro-Am Gagné-Bergeron, évènement caritatif présenté au Centre Vidéotron, à Québec.

Avec une production offensive équivalant à 72 points par tranche de 82 matchs depuis 4 ans, il estime qu’il « méritait » un nouveau contrat qui lui aurait permis de ne pas déménager. Ce n’est pas arrivé.

Presque un mois plus tard, il se dit prêt à « tourner la page » et à amorcer un nouveau chapitre de sa carrière à Detroit, ville où il s’établira avec en poche un contrat de deux ans. Ce défi l’emballe, assure-t-il. Surtout au moment où les Red Wings semblent enfin sortir la tête de l’eau.

Au cours des six dernières campagnes, les Wings ont oscillé entre le 31e et le 25e rang du classement général. Certains des espoirs les plus prometteurs du club, Moritz Seider et Lucas Raymond en tête, se sont établis à temps plein dans la LNH la saison dernière, ce qui semble avoir convaincu le directeur général Steve Yzerman de peser sur l’accélérateur pendant la saison morte.

En plus de Perron, les attaquants Andrew Copp et Dominik Kubalik ainsi que les défenseurs Ben Chiarot, Mark Pysyk et Olli Maatta ont tous été embauchés sur le marché des joueurs autonomes. Le gardien Ville Husso a, quant à lui, été acquis dans une transaction.

Yzerman, raconte Perron, lui a vendu l’idée d’une équipe « en fin de reconstruction », qui désire « jouer des matchs importants » jusqu’à la toute fin de la saison. Et non plus être écartée du portrait des séries éliminatoires avant les Fêtes. Avec enthousiasme, le Québécois évoque déjà la deuxième année de son contrat, alors que l’effectif jeune aura encore mûri.

Nouveau rôle

Même s’il n’a jamais porté une lettre à son chandail à St. Louis, David Perron sait qu’il faisait partie des sages du groupe. Il se retrouvait parmi les « cinq ou six joueurs » que les entraîneurs consultaient pour obtenir le pouls du vestiaire.

À Detroit, il ne sera plus un vétéran parmi tant d’autres. Il sera littéralement le doyen. Il s’attend donc à jouer « un rôle de leadership », ce qui le remplit déjà de « fierté ».

Arrivé dans la LNH à 19 ans, Perron a été, « pendant quelques saisons, le plus jeune gars dans la chambre ». Chez les Blues, il se souvient de l’ascendant qu’a eu Keith Tkachuk sur lui – « il a été dur avec moi, mais il était juste ». Le Sherbrookois sait pertinemment que « l’approche » à adopter avec les jeunes joueurs est aujourd’hui différente. Il n’a pas l’intention d’étudier la formation avant le début du camp d’entraînement, préférant « donner la chance à tout le monde de faire une bonne première impression ».

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

David Perron

Il se voit surtout comme un rassembleur. Sur la route, il entend bien arracher les joueurs à leur console de jeux vidéo et les obliger à sortir de l’hôtel, ensemble. Et ce, afin de créer « un esprit d’équipe » le plus rapidement possible.

Perron se rappelle la première mouture des Golden Knights de Vegas, en 2017-2018. « Bâtir une identité » avait été une priorité. Visiblement, ça a payé puisque les Knights, sans aucune vedette à l’exception de Marc-André Fleury devant le filet, ont atteint la finale de la Coupe Stanley. Hasard ou pas : Perron portait un « A », cette année-là.

Je n’essaie pas de dire que ce sera les Golden Knights de Detroit, mais on a plusieurs bonnes pièces en place pour avoir une équipe gagnante.

David Perron

Plusieurs fois, il parle de la « culture » qui existe chez les Red Wings. Celle qu’Yzerman a voulu implanter à son retour de Tampa Bay et qui est perceptible jusque dans les hautes sphères de l’organisation. Niklas Lidstrom, Niklas Kronwall, Kirk Maltby, Kris Draper, Jiri Fischer et Dan Cleary ont tous remporté la Coupe Stanley dans l’uniforme rouge et blanc et font aujourd’hui partie de la direction du club. C’est Perron lui-même qui dresse la liste.

« Ils ont fait partie d’équipes qui ont eu du succès ; ils étaient les gars les plus vieux, les leaders. Je veux essayer d’être ce joueur », conclut-il.

Peut-être, finalement, qu’il a davantage fait ses devoirs sur sa nouvelle équipe qu’il ne l’avoue…