Les Hurricanes de la Caroline ont de nouveau imposé leur domination à domicile et ont défait les Rangers de New York 3-1, jeudi soir, pour prendre l’avance 3-2 dans la série.

Mis à jour le 26 mai
Miguel Bujold
Miguel Bujold La Presse

Les Hurricanes de la Caroline ont disputé leur 12e match des séries éliminatoires, jeudi soir, à Raleigh. Et pour la 12e fois, l’équipe qui jouait à domicile l’a emporté.

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Grâce à leur victoire de 3-1, les Canes ont pris les devants 3-2 dans leur série face aux Rangers de New York. Comme c’est très souvent le cas, ils ont appliqué à la lettre un système de jeu construit sur un positionnement impeccable, tout en saisissant leurs occasions de marquer lorsqu’elles se sont présentées.

Rod Brind’Amour a été l’un des bons centres défensifs de la LNH au cours de sa carrière de 20 ans. Joueur particulièrement intelligent, il maîtrisait les nuances du jeu défensif. Ce n’est donc pas étonnant de voir son équipe exceller sans la rondelle, surtout lorsqu’elle joue à la maison.

Lorsque Brind’Amour a l’avantage de pouvoir effectuer le dernier changement, il peut opposer son trio défensif composé de Jordan Staal, Nino Niederreiter et Jesper Fast à celui de Mika Zibanejad, Chris Kreider et Frank Vatrano. Zibanejad a marqué le but des Rangers, jeudi soir, mais l’a fait en supériorité numérique.

Les Canes n’ont accordé que 8 buts en 7 parties au PNC Arena depuis le début du tournoi. Mais lorsqu’ils jouaient à l’étranger, leurs adversaires, les Rangers et les Bruins de Boston, ont totalisé 21 buts en 5 matchs. Tout un contraste.

Bien que ça ne le soit plus autant que dans les années 90 lorsque Patrick Roy, Martin Brodeur, Dominik Hasek et Ed Belfour permettaient régulièrement à leur équipe de l’emporter à eux seuls ou presque, la présence d’Andrei Vasilevskiy devant le but du Lightning de Tampa Bay démontre qu’il est encore important de posséder un gardien de premier plan.

Cela étant dit, la présence de deux bons gardiens au sein d’une même équipe n’a peut-être jamais été aussi importante qu’elle l’est de nos jours, et Antti Raanta le démontre depuis trois semaines. L’absence de Frederik Andersen, qui n’a toujours pas joué depuis le début des éliminatoires, aurait pu être un obstacle insurmontable pour les Canes. Raanta a toutefois offert une autre très bonne performance lors du 5e match.

Faut dire que la tâche de Raanta a été grandement facilitée par ses coéquipiers. Après les 45 premières minutes de jeu, les Rangers n’avaient tiré au but que 11 fois. Ils ont fini la rencontre avec 17 maigres lancers.

Au milieu de la troisième période, les Hurricanes ont embouteillé les Rangers dans leur territoire durant une longue séquence grâce à un marquage sans faille et un jeu de position infaillible. Les « Caniacs » ont salué le travail de leurs favoris en faisant augmenter les décibels et en faisant tourner leurs serviettes blanches dans les airs. Vingt-cinq ans après l’arrivée des défunts Whalers de Hartford en Caroline, les partisans des Hurricanes font partie des plus bruyants et impliqués de la LNH. Qui l’eut cru, Raleigh est maintenant une ville de hockey.

L’homme invisible

Igor Shesterkin n’avait accordé que 5 buts aux Hurricanes dans les 4 matchs précédents et a gardé les Rangers dans le coup jusqu’à ce qu’Andrei Svechnikov marque le troisième but des locaux avec 7 minutes à jouer. Vincent Trocheck et Teuvo Teravainen ont inscrit les deux autres filets des Hurricanes, respectivement en infériorité et en supériorité numérique.

Trocheck a été particulièrement bon. Fougueux comme il l’est toujours, il a créé maintes occasions de marquer et a donné le ton aux siens. Les Hurricanes tenteront sûrement de faire signer un nouveau contrat à Trocheck avant l’ouverture du marché des joueurs autonomes, le 13 juillet.

Espérons pour eux qu’ils n’ont pas déjà dépensé une partie de l’argent nécessaire pour garder Trocheck en Caroline en accordant une prolongation de huit ans à Jesperi Kotkaniemi, que l’on pourrait très bien surnommer l’homme invisible. Près de 5 millions (4,82) par année pour un joueur qui passe plus de temps assis sur la glace que debout sur ses patins ? Très discutable comme décision.

Jeudi soir, l’ancien du Tricolore s’est surtout fait remarquer lorsqu’il a complètement raté une passe qui a mené à une contre-attaque et à l’une des rares chances de marquer des Rangers au troisième vingt.

S’ils veulent poursuivre leur route vers un championnat, les Hurricanes devront tôt ou tard obtenir une contribution de Kotkaniemi et d’un autre jeune attaquant qui tarde à débloquer, Martin Necas. Les deux joueurs n’ont toujours pas marqué après 12 matchs éliminatoires. Kotkaniemi a une passe à son dossier et un différentiel de -4.

Les joueurs étoiles des Rangers ont été très discrets, eux aussi. On se demande encore si Artemi Panarin jouait… L’attaquant a terminé la partie sans tir au but, mais en a bloqué 4, ce qui est notable pour un joueur reconnu pour son brio offensif.

Gagner à New York

Après avoir disputé 7 matchs aux Bruins en première ronde, les Hurricanes y gagneraient à finir leur série face aux Rangers dès samedi à New York. On rappelle que le Lightning refait son plein d’énergie depuis la correction qu’il a servie aux Panthers de la Floride.

Pour ce faire, ils devront bien sûr réussir ce qu’ils n’ont toujours pas été capables d’effectuer : savourer la victoire sur la glace de l’adversaire. Jamais facile d’aller battre les blue shirts au Madison Square Garden en séries.

Une bonne performance de Sebastian Aho aiderait certainement. Il a inscrit 8 points à domicile, mais qu’un seul à l’étranger depuis le début des séries.

Brind’Amour devrait d’ailleurs songer à remplacer le jeune Seth Jarvis par Svechnikov ou, pourquoi pas, Staal, ne serait-ce qu’occasionnellement. La présence d’un attaquant un peu plus imposant et robuste comme Svechnikov ou Staal ne nuirait certainement pas à Aho et à son compagnon de trio Teravainen. Avec un peu plus d’espace pour créer, les deux Finlandais pourraient envoyer les Rangers en vacances.