(Laval) Le succès de l’organisation du Canadien de Montréal s’est souvent appuyé sur le brio de ses gardiens de but. Plante, Dryden, Roy et Price. Tous aussi talentueux que populaires. À Laval, le Rocket a sa nouvelle étoile, et elle s’appelle Cayden Primeau.

Mis à jour le 23 mai
Nicholas Richard
Nicholas Richard La Presse

Comme lors du match précédent, le portier du Rocket a été étincelant lundi soir. Il a été l’ancrage des locaux et il a permis à son équipe de prendre une avance de 2-0 dans sa série contre les Americans de Rochester grâce un gain de 3-1.

Primeau représente dans une certaine mesure l’avenir du Canadien devant le filet, et les partisans lavallois semblent en prendre la pleine mesure.

Dans la présentation d’avant-match, au son de la pièce Warriors, d’Imagine Dragons, et sous le jeu des projecteurs bleus et blancs, il a été le joueur le plus applaudi par les gens présents à la Place Bell. Les partisans ont même scandé « Primeau ! Primeau ! » pendant de longues secondes.

L’homme masqué du Rocket a arrêté 31 des 32 tirs dirigés vers lui et il a réussi à s’imposer et à dicter le rythme du match. « Il est tellement confiant », a lancé Brandon Gignac pour expliquer pourquoi son gardien connaît de si bons moments.

En six matchs depuis le début des séries éliminatoires, Primeau a remporté 5 victoires, en plus de maintenir une moyenne de buts accordés de 1,65 et un taux d’arrêts de ,949.

PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

Cayden Primeau

Néanmoins, au-delà des statistiques, c’est la manière, dans le cas de Primeau, qui impressionne le plus. « C’est incroyable ! Il a été là pour nous toute l’année, et là, il l’est plus que jamais. Ça nous donne un avantage sur l’adversaire en partant », a ajouté Gignac, qui a d’ailleurs marqué le premier but de la rencontre, en première période.

C’est véritablement en deuxième période que Primeau est parvenu à convaincre le peu de gens qui n’étaient pas encore séduits. Il a été fumant en désavantage numérique en toute fin de période, bloquant coup sur coup Lukas Rousek et JJ Peterka, avec un grand écart à la Jean-Claude Van Damme.

Lorsque la sirène a retenti pour mettre fin à la période médiane, la foule a bondi pour réserver une ovation debout à sa nouvelle coqueluche. Laval était en admiration devant son autre numéro 31. Tous ses coéquipiers sont venus lui donner le poing ou une accolade avant de retraiter au vestiaire.

« Il a fait plusieurs gros arrêts pour sauver des buts, et ça a complètement changé l’allure du match. […] On doit lui lever notre chapeau », a souligné le défenseur Louie Belpedio, auteur du deuxième but des siens grâce à un tir précis dans la partie supérieure à la suite d’un bel échange entre Cédric Paquette et Alex Belzile.

PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

Brandon Gignac et Louie Belpedio

Primeau a continué de briller en troisième période pour éteindre toute menace de l’équipe adverse. Il a cédé seulement une fois, en avantage numérique, sur un tir des poignets d’Arttu Ruotsalainen. Qu’à cela ne tienne, Primeau a terminé le match comme il l’a commencé : sous un tonnerre d’applaudissements et au son de son nom résonnant jusque dans les hauteurs de la Place Bell.

Une ambiance survoltée

Le Rocket de Laval vit les premières séries éliminatoires de son histoire. L’organisation, comme les partisans, met toute la gomme pour que cette entrée en matière demeure mémorable.

Du quatuor de violonistes à la pyrotechnie avant le match, en passant par les nombreux t-shirts blancs à l’effigie du Rocket offerts aux partisans et les lumières des milliers de téléphones mobiles allumées par la foule, Laval a marqué son territoire.

« L’ambiance qu’il y a ici, c’est quelque chose, a souligné avec le sourire Tobie Paquette-Brisson. Je n’ai jamais vu une foule comme ça de ma vie. »

Jouer à Laval présentement, c’est incroyable.

Tobie Paquette-Brisson

La majorité des 9386 spectateurs réunis au domicile de leurs favoris vont certainement avoir des douleurs à l’épaule au cours des prochains jours, tellement ils ont agité leurs serviettes blanches. Tradition répandue dorénavant dans le monde du hockey.

Cette énergie a par ailleurs propulsé le Rocket en première période. Premier tiers du match que l’équipe locale a dominé 17-7 au chapitre des tirs.

PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

L’ambiance était au rendez-vous à la Place Bell, lundi soir.

La fête s’est poursuivie jusqu’en fin de match et a été renforcée par le but de Lucas Candotta, qui a appris au cours de la journée qu’il allait être inséré dans la formation.

« C’est la plus belle foule devant laquelle j’ai joué dans la Ligue américaine. Personne n’aime autant le hockey que les Québécois », a précisé Belpedio.

Les partisans ont amorcé une vague qui a duré plusieurs minutes en deuxième période. Une vague qui pourrait avoir duré pratiquement plus longtemps que cette série, puisque le Rocket aura la chance de balayer les Americans, mercredi, à leur domicile.