Notre analyste hockey Mathias Brunet scrute à la loupe depuis deux semaines les performances des meilleurs espoirs en prévision du repêchage de la LNH en juillet, entre autres tous les matchs de séries éliminatoires du premier choix consensuel, Shane Wright. En cette semaine de la loterie dans la LNH, présentée mardi soir, il vous offre pour les trois prochains jours les principaux candidats, par position. Aujourd’hui, les défenseurs.

Publié le 13 mai
Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

Deux noms se dressent en tête de liste en prévision du repêchage, deux droitiers au gabarit intéressant, le Tchèque David Jiricek et le Slovaque Simon Nemec, tous deux invités à 18 ans à participer au Championnat mondial avec leurs pays respectifs.

Les autres ne sont pas pressentis au sein du top dix en raison de multiples facteurs, la taille, la vitesse, le potentiel offensif ou les carences défensives.

Mais ça n’empêchera pas l’un de ceux-là d’émerger et de surpasser même les favoris.

Prenez 2008. Drew Doughty, Zach Bogosian, Alex Pietrangelo et Luke Schenn ont été choisis dans l’ordre après Steven Stamkos au sein du top cinq.

Ils ont tous connu une longue carrière, et Doughty, comme Pietrangelo, sont devenus des superstars. Doughty a même remporté le trophée Norris remis au défenseur par excellence en 2016.

Mais un gringalet repêché au 15e rang par Ottawa, Erik Karlsson, l’a aussi remporté deux fois, en 2012 et 2015, et un choix de deuxième ronde, Roman Josi, pourrait gagner son deuxième trophée Norris cette année après avoir flirté avec la marque des 100 points. On pourrait ajouter à ce groupe John Carlson, repêché en fin de première ronde, au 27e rang, par Washington.

Karlsson et Carlson sont les meneurs de leur cuvée au chapitre des points, devant Doughty, qui lui devance Josi par seulement 25 points, mais en 250 matchs de plus.

Nemec, 6 pieds 1 pouce et 192 livres, est un monstre de stabilité. Il possède une bonne vitesse, une mobilité latérale supérieure à la moyenne, prend généralement les bonnes décisions, avec et sans la rondelle, et distribue bien le disque. Il ne se complique pas la vie et opte généralement pour le jeu simple. Son calme avec la rondelle est impressionnant pour un si jeune joueur.

Jiricek, 6 pieds 3 pouces et 190 livres, est un défenseur plus explosif. Il a subi une sévère blessure au genou dès son premier match au Championnat mondial junior, mais impressionne depuis son retour au jeu ces dernières semaines avec l’équipe nationale en matchs préparatoires au Championnat mondial masculin. On n’hésite pas à l’utiliser sur la première vague en supériorité numérique et les vétérans lui cèdent volontiers la rondelle, un signe de confiance qui ne ment pas.

Il possède une excellente mobilité, même s’il peut parfois avoir tendance à être un peu trop stationnaire en patin arrière lors d’une contre-attaque adverse. Jiricek demeure néanmoins un arrière complet et son plafond offensif pourrait être plus élevé que celui de Nemec en raison à sa propension à tenter les jeux qui demandent un peu plus d’audace. Il est aussi robuste à souhait et très imposant physiquement.

Jiricek a amassé 11 points en 29 matchs avec le HC Plzen, et Nemec 26 points en 39 matchs avec le HK Nitra, mais la Czech ExtraLiga dans laquelle évolue Jiricek est nettement plus puissante que la Slovakia Extraliga dans laquelle joue Nemec.

Sinon, on retrouve les noms de Kevin Korchinski, un gaucher, 65 points en 67 matchs à Seattle, dans Ligue junior de l’Ouest, l’un des plus jeunes de sa cuvée, Pavel Mintyukov, un Russe qui a choisi la Ligue junior de l’Ontario, 62 points en 67 matchs à Saginaw, Denton Mateychuk, un défenseur offensif gaucher de 5 pieds 11 pouces, 64 points en 65 matchs à Moose Jaw, Owen Pickering de Swift Current, et cette bande de défenseurs du programme de développement américain, Lane Hutson, Ryan Chesley et Seamus Casey, des formats de petite taille dans le cas de Hutson et Casey.

Korchinski est un défenseur spectaculaire, mais il y a beaucoup de faille encore dans son jeu. Il a seulement 17 ans aussi et en est à sa première saison complète dans la WHL. Il peut rappeler Nathan Beaulieu à certains égards par la fluidité de son coup de patin, mais aussi sa propension à commettre des revirements.

Le droitier de 6 pieds 4 pouces Sam Rinzel, 17 ans ans jusqu’en juin, engagé avec l’Université du Minnesota l’an prochain, pourrait constituer un pari intéressant en fin de première ou en deuxième ronde. Il a obtenu 10 points en 21 matchs dans l’USHL et 38 points en 27 matchs avec son école secondaire Chaska High. Il a des attributs physiques indéniables.

Au Québec, les défenseurs les mieux cotés sont Maveric Lamoureux, des Voltigeurs de Drummondville, 6 pieds 7 pouces et 197 livres, et Tristan Luneau, des Olympiques de Gatineau, 6 pieds 2 pouces et 188 livres. Lamoureux est plutôt mobile pour un grand gaillard, mais son apport offensif est plus limité. Luneau, premier choix de la LHJMQ en 2020, est un défenseur à caractère offensif, il a d’ailleurs amassé 43 points en 63 matchs, mais son patin, entre autres sa mobilité et son équilibre, a besoin de travail. Mais les instincts offensifs y sont.

Shane Wright et Kingston font face à l’élimination

Les Frontenacs de Kingston sont à un match d’être éliminés en deuxième ronde, après leur défaite de 4-3 aux mains de North Bay, jeudi soir. Ils tiraient de l’arrière 4-0 à mi-chemin en troisième période et ont manqué de temps. North Bay mène la série trois matchs à un. Wright a obtenu une aide sur le dernier but de la rencontre, en supériorité numérique, avec six secondes à faire en troisième période.

Les émotions suscitées par la loterie ont sûrement eu un impact sur les performances inégales du jeune homme jeudi. Il y a eu quelques passes lumineuses de sa part, mais un manque d’intensité par moments et plusieurs revirements.

Wright était sur la glace pour trois des quatre buts de l’adversaire, mais le premier a été provoqué par une erreur du défenseur et les deux autres ont été marqués en supériorité numérique.

PHOTO GEOFF ROBINS, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Shane Wright

Mais les problèmes en infériorité numérique des Frontenacs, menés par Wright, se poursuivent. Ils ont terminé au 19e rang sur 20 équipes à ce chapitre en saison régulière avec un faible taux de 70 %, malgré le cinquième rang du classement général. Ils se retrouvent avant-derniers aussi en séries avec un faible taux de 61 %.

Il s’agit évidemment d’un effort collectif, mais on pourrait aussi s’attendre à un meilleur impact en pareilles circonstances de la part d’un joueur que plusieurs comparent à Patrice Bergeron.

Le but en supériorité numérique des Frontenacs à six secondes de la fin du match est survenu à leur sixième tentative de la rencontre. Le Battalion a obtenu quatre supériorités numériques et fait mouche deux fois.

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