Dans un monde normal, la pression serait sur le Lightning, mais ceci n’est pas un monde normal.

Mis à jour le 13 mai
Richard Labbé
Richard Labbé La Presse

En marquant le but gagnant à 18 min 4 s de la prolongation, jeudi soir à Tampa, Brayden Point s’est assuré de deux choses : forcer la présentation d’un septième match… et aussi, mettre toute la pression sur les épaules des Maple Leafs.

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Car c’est bien de cela qu’il s’agit : le monde des Leafs de Toronto, là où rien n’est normal, encore moins une parade de la Coupe Stanley, un évènement qui n’est pas survenu là-bas depuis le lancement du classique Sgt. Pepper's des Beatles, quelque part lors de l’année 1967.

Aussi, dans un monde normal, la plupart des équipes de la LNH gagnent des séries de temps à autre, ce que les Leafs n’ont pas réussi à faire depuis… le printemps 2004.

C’est un peu tout ça que Brayden Point a pu faire jeudi soir : le but de la victoire, bien sûr, mais aussi, mettre le doute. Les Leafs ont de fabuleux joueurs, n’en doutons point, mais le doute, ce doute, est-il maintenant bien enfoncé dans leur inconscient ? Est-ce que, pour citer Dave Hilton Junior, le dommage est « dedans la tête » au terme de cette autre douloureuse défaite ? C’est fort possible.

Et puis pourtant, c’était leur moment. En fait, ça aurait dû être leur moment.

Quand John Tavares a réussi son deuxième du match, avec huit secondes à faire en deuxième période, on a senti quelque chose, comme un vent de changement. Après tout, les buts en fin de période sont les pires, et cette fois, et enfin pour eux, on sentait que les dieux du hockey étaient dans le camp torontois.

PHOTO CHRIS O'MEARA, ASSOCIATED PRESS

John Tavares (91)

Mais non.

Il aura fallu non pas un, mais deux évènements surnaturels pour faire basculer cette réalité : une pénalité, et puis une autre, deux coups durs pour les Leafs dans un sport où les seules pénalités possibles en séries sont d’ordinaire les rondelles lancées dans les gradins. L’entraîneur Sheldon Keefe a eu beau hurler ses commentaires les plus constructifs aux arbitres, ça n’a rien donné… et Nikita Kucherov a profité de ce cinq contre trois pour porter le score à 3-3. Brayden Point s’est chargé du reste.

Qu’est-ce que ça veut dire ?

Dans l’absolu, ça veut dire que cette série est égale 3-3, et qu’un septième match, à Toronto cette fois, sera nécessaire. Aussi, il a déjà été établi que dans un septième match, tout est possible, et que ça peut aller d’un bord comme de l’autre. Devant un tel état des choses, pourquoi les joueurs des Maple Leafs n’ont-ils pas tout donné avant d’en arriver là ? On se le demande.

Mais ils en sont là.

Ils en sont là parce qu’ils passent trop de temps au banc des punitions, et parce que la discipline, cette incontournable discipline, est de toute évidence un problème pour eux.

On pose la question : si on enlève les mauvaises punitions écopées par les Maple Leafs depuis le début de cette série, est-ce que les joueurs du Lightning jouent encore au hockey à l’heure actuelle ? Probablement pas.

Mais ça, c’est le monde des Maple Leafs de Toronto. Un monde noir, compliqué, où il n’y a jamais rien de simple ou jamais rien de facile.

Jeudi soir en fut une autre preuve.