La résilience a ses limites à Pittsburgh.

Mis à jour le 13 mai
Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

Sans le capitaine Sidney Crosby, commotionné, sans le partenaire du défenseur Kris Letang, Brian Dumoulin, sans ses deux premiers gardiens, Tristan Jarry et Casey DeSmith, les Penguins n’ont pu achever les Rangers de New York, vendredi soir.

En avance trois matchs à deux, et 2-0 en première période, les Penguins ont livré une chaude lutte aux Blue Shirts, et le gardien québécois Louis Domingue a tenu le fort comme il pouvait dans les circonstances, mais il a échappé un tir de routine de Chris Kreider avec 1 : 28 à faire en troisième et New York l’a emporté 5-3 au final et provoqué la présentation d’un septième match à Manhattan.

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Même si les fans des Penguins se sont attachés à lui, il y a des limites à ce que Domingue peut faire. Le gardien de 30 ans a changé d’organisation sept fois depuis 2019, après tout il n’a pas pu s’accrocher à la LNH lors des dernières saisons.

Comme s’il n’y avait pas assez de tuiles sur la tête des Penguins, leur centre Brian Boyle, blessé à l’entraînement cette semaine, n’a pu terminer le match, et Evgeni Malkin a semblé incommodé par une blessure après une collision en troisième.

Les deux attaquants les plus importants des Rangers après Artemi Panarin, Kreider et Mika Zibanejad, ont enfin explosé avec deux buts chacun après cinq matchs moins étincelants. Zibanejad a lui aussi profité de la générosité de Domingue en marquant deux fois à l’aide de tirs de la pointe. Il a aussi obtenu deux aides.

« Les séries peuvent en dire long sur un athlète, sa force de caractère, a révélé Kreider aux médias après la rencontre. (Mika) a été phénoménal. Il a constitué notre moteur et on savait qu’il allait finir par produire. »

Kreider, un grand complice de Zibanejad, s’est même permis à un certain moment du match de détruire une tablette électronique en la projetant contre le mur derrière le banc au moment où son coéquipier s’apprêtait à revoir un jeu.

« Il était en train de regarder son échappé et à se remettre en question. Je n’ai pas aimé ça… »

Pittsburgh semblait pourtant en contrôle du match en début de deuxième, jusqu’à une punition inutile d’Evan Rodrigues en territoire offensif. Rodrigues venait de se faire frapper par-derrière impunément, il est vrai, mais il a choisi de se faire justice en servant un double-échec à son agresseur. Il n’en fallait pas plus pour que les Rangers s’éveillent avec le premier du match de Zibanejad en supériorité numérique.

« Il ne peut pas riposter, il ne peut tout simplement pas, a déploré l’entraîneur des Penguins, Mike Sullivan, après la rencontre. Il doit garder le contrôle de ses émotions. C’est nécessaire pour gagner des matchs à cette période-ci de l’année. J’aurais aimé qu’on conserve l’avance. Nous étions bien placés. On jouait bien. Leur but en supériorité numérique a fait tourner la vapeur. »

Chassé deux fois lors des matchs précédents, battu deux fois en première période, le finaliste au trophée Hart remis au joueur par excellence, le gardien Igor Shesterkin, s’est bien repris, et il s’est même permis une longue et superbe passe sur le deuxième but de Zibanejad, de son demi-cercle à la ligne bleue adverse.

Il a gardé son sang-froid malgré la panique de ses coéquipiers en zone défensive et les chants des fans des Penguins, qui scandaient son prénom.

« Rien n’a changé, il fallait rentrer à New York pour le septième match, a confié le gardien russe de 26 ans aux journalistes après la rencontre. Je pensais à la rondelle seulement. Il me fallait oublier les matchs trois et quatre. Qu’on gagne ou perde, il faut quatre victoires pour avancer. L’entraîneur a continué à croire en moi et je l’en remercie. »

Restera-t-il assez d’essence dans le réservoir des Penguins pour le match ultime et surtout, Sidney Crosby et le gardien Tristan Jarry pourront-ils effectuer un retour ?