La direction du cégep de Saint-Laurent a mis sur pause les activités de son équipe de hockey féminin, plus tôt cette semaine. Cette décision a provoqué une onde de choc dans le milieu sportif étudiant.

Publié le 13 mai
Nicholas Richard
Nicholas Richard La Presse

Prestigieux programme en première division du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ), qui compte maintenant six équipes, les joueuses des Patriotes du cégep Saint-Laurent avaient entendu dire, selon les informations rapportées par Alexandre Gascon de Radio-Canada et le site spécialisé Bulletin sportif, que le RSEQ souhaitait mettre fin aux activités d’une formation.

Quelques jours plus tard, les joueuses apprenaient, bien malgré elles, que leur équipe n’existait plus, qu’elle était dissoute.

Pour expliquer cette décision, certains mettent en cause la difficulté du recrutement et la nécessité de restructurer le programme pour mieux revenir dans quelques années. D’autres parlent de sexisme entre les murs du cégep de la part de décideurs.

Caroline Ouellette dénonce

La championne olympique et entraineuse des Stingers de l’Université Concordia, Caroline Ouellette, a écrit une publication qui a fait grandement réagir sur sa page Facebook, vendredi en fin d’après-midi.

PHOTO D’ARCHIVES CATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE

Caroline Ouellette

« J’ai tenté de comprendre ce qui avait bien pu arriver. J’ai pu voir cheminer ma colère, ma frustration, mon incompréhension et puis ma tristesse », a-t-elle écrit en introduction d’un très long texte.

Elle trouve dommage que la réputation et le riche historique du programme n’aient pas été tenus en considération.

Elle souligne aussi ce que certaines joueuses et entraîneuses ont déploré, c’est-à-dire la vision sexiste de certains décideurs. Certaines avaient même décidé de quitter le programme pour cette raison, il y a quelque temps : « Certaines renvoyées sous prétexte qu’un homme serait mieux pour le rôle. Les autres qui démissionnent en entendant cette vision de leadership. J’aurais pris exactement la même décision », explique Ouellette.

Elle poursuit aussi en se disant désolée pour les 10 nouvelles joueuses, dont trois en provenance de la France, qui s’étaient engagées avec l’équipe pour la prochaine saison, et qui sont maintenant confrontées à un mur.

Elle insiste aussi sur le fait que les activités de l’équipe féminine prennent fin, pendant que les hommes en première division dominent et que le financement pour une équipe en deuxième a même été amorcé.

Ouellette, qui a elle-même porté les couleurs des Patriotes, se questionne : « Où iront nos athlètes féminines et nos entraineuses si nos programmes en hockey féminin sont continuellement menacés tandis que les offres en D2 du côté masculin continuent de croître ?

La question demeure sans réponse, pour le moment. L’olympienne pense que pour faire avancer la cause du hockey féminin, il faudrait cesser de la faire reculer.

« On a besoin de cette visibilité, de cette représentation et de cette offre de service. Cette vision ne s’aligne clairement pas avec les responsables au cégep Saint-Laurent. »