Le club-école du Canadien a rendu hommage à Guy Lafleur avant le match

Mis à jour le 22 avril
Nicholas Richard
Nicholas Richard La Presse

Tout était là. L’occasion était parfaite. Le Rocket de Laval avait convié ses partisans à une grande soirée, mais les Marlies de Toronto ont été sans pitié en l’emportant 5 à 1, vendredi soir.

C’était la soirée « Classique québécoise » à la Place Bell de Laval. Pour l’occasion, les joueurs portaient un uniforme spécial, dominé par la fleur de lys sur fond bleuté. Évidemment, c’était aussi l’occasion de rendre hommage à Guy Lafleur, décédé plus tôt le même jour. Puis, avec une victoire en temps réglementaire, le Rocket s’assurait d’une place en séries éliminatoires pour la première fois de son histoire. Cerise sur le gâteau, la rencontre était disputée à guichet fermé devant près de 10 000 partisans et le groupe Kaïn était présent pour offrir une prestation au deuxième entracte. Toutefois, la soirée ne s’est pas déroulée à la bonne franquette.

PHOTO PHILIPPE BOIVIN, LA PRESSE

La rencontre du Rocket face aux Marlies a été disputée à guichet fermé.

Cette soirée avait pourtant bien commencé avec une entrée fracassante des joueurs au son de la pièce Les Boys, tirée du film du même nom.

Ensuite, l’organisation a honoré la mémoire de Guy Lafleur, à peine quelques heures après que la légende du Tricolore a rendu l’âme. Une série de diapositives et une énumération de ses principaux faits d’armes ont été diffusées dans l’amphithéâtre. Avant que l’annonceur ne termine son allocution, les partisans ont commencé à scander le fameux « Guy ! Guy ! Guy ! ».

Les spectateurs ont par la suite observé 10 secondes de silence à la mémoire de cette légende de la Sainte-Flanelle. Les cris ont repris de plus belle et la table était mise pour ce duel d’une grande valeur, à tous points de vue.

Un début prometteur

Le match avait bien commencé pour les Lavallois. À vrai dire, il avait très bien commencé. Deux solides mises en échec de Gabriel Bourque et Nate Schnarr ont donné le ton à la rencontre et ont allumé les spectateurs. Comme dans un vieux Colisée, les amateurs en redemandaient.

Ils ont failli atteindre l’extase tôt dans la période, mais Louie Delpedio, Cédric Paquette et Joël Teasdale ont tour à tour raté des chances en or sur les unités spéciales. Tant en avantage qu’en désavantage numérique. La troupe de Jean-François Houle avait le dessus dans tous les aspects du jeu.

Les locaux ont finalement trouvé le moyen de concrétiser par l’entremise de Teasdale, qui a profité d’une mêlée et d’un retour devant le filet pour ouvrir la marque. Il s’agissait de son 13but de la saison.

Le Rocket avait le vent dans les voiles après 20 minutes de jeu et c’était la fête au village. Tout semblait vouloir se mettre en place.

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Le Rocket menait 1 à 0 après le premier vingt.

« On a eu un très bon départ, j’ai beaucoup aimé notre première période. Je crois que le score aurait pu être différent compte tenu de toutes les chances et les filets ouverts qu’on a manqués, mais on n’a pas capitalisé », a expliqué l’entraîneur-chef Jean-François Houle après la rencontre.

Ce manque d’« opportunisme » aura effectivement fait mal aux favoris locaux en deuxième période. Joey Anderson a profité d’une bourde défensive de Gabriel Bourque pour niveler la marque en milieu de deuxième.

Quelques minutes plus tard, Richard Clune a donné les devants aux Torontois à la suite d’une autre erreur défensive du Rocket. En voulant s’emparer de la rondelle, Tobie Paquette-Bisson a trébuché à la ligue bleue adverse et l’énigmatique Josh Ho-Sang a profité d’un deux contre un pour alimenter à merveille Clune.

PHOTO PHILIPPE BOIVIN, LA PRESSE

En deuxième période, une bourde du défenseur Tobie Paquette-Bisson (4) a permis aux Marlies de prendre les devants.

Moins de deux minutes après, Philippe Myers a mis fin à ce qu’il restait d’ambiance à la Place Bell en trouvant le fond du filet à la suite d’une belle manœuvre en zone offensive.

Le Rocket n’était plus dans le coup et les partisans non plus.

[Les Marlies] ont tiré avantage du momentum et il faut leur donner du crédit. Ils ont une très bonne équipe, ils ont beaucoup de talent et ils sont rapides.

Jean-François Houle, entraîneur-chef du Rocket

La troisième période a aussi été à l’avantage des Marlies, qui eux aussi se battent toujours pour une invitation au grand bal printanier.

Deux buts sans riposte de Nick Robertson et Pontus Holmberg ont donné une avance insurmontable de quatre buts aux visiteurs, qui ont gâché la fête.

Les séries devront attendre

Le Rocket avait une belle chance d’assurer sa place en séries éliminatoires, mais il n’a pas su la saisir. La bonne nouvelle pour la troupe de Jean-François Houle, c’est qu’elle jouera samedi, à Syracuse.

Néanmoins, tous les éléments étaient réunis pour assister à une grande performance de l’équipe, et le capitaine Xavier Ouellet aurait aimé pouvoir en tirer profit.

La pression fait partie du jeu, surtout dans un marché comme Montréal et Laval. Ce n’est pas une excuse, c’est le contraire. Il y avait beaucoup d’énergie dans l’aréna, c’était plaisant, il aurait seulement fallu exploiter nos occasions ratées.

Xavier Ouellet, capitaine du Rocket de Laval

De son côté, l’entraîneur-chef veut prendre un match à la fois, même si l’enjeu est immense et que la marge de manœuvre diminue à chaque rencontre : « C’est comme la quatrième victoire dans une série, il faut gagner ce match-là et il est très dur à gagner. »

Des joueurs qui ont payé le prix

Dans cette défaite, le Rocket a tout de même perdu trois joueurs en raison de blessures.

Kevin Roy a quitté le match après avoir reçu le bâton d’un adversaire en plein visage. Il est tombé sur la glace et il s’est dirigé vers le vestiaire en laissant du sang sur la patinoire. Houle a confirmé après la partie qu’il avait été envoyé à l’hôpital.

En troisième, Cédric Paquette est entré en contact avec un adversaire à la droite du gardien adverse. Il est resté étendu quelques secondes sur la glace, souffrant visiblement. Il est rentré péniblement vers le vestiaire des siens, en boitant, avec une blessure au bas du corps. Il est revenu pour quelques présences seulement avant de quitter le match pour de bon.

Puis, malade, Gabriel Bourque a lui aussi été incapable de terminer la rencontre.