Le dossier Jordan Harris est peut-être réglé, mais Kent Hughes en a un autre à gérer avec l’Université Northeastern, et on ne parle pas de ses fils Riley et Jack.

Publié le 30 mars
Guillaume Lefrançois
Guillaume Lefrançois La Presse

C’est celui de Jayden Struble, un autre défenseur repêché par le Canadien. Le choix de 2tour du Tricolore en 2019 (46e au total) doit décider s’il fait le saut chez les professionnels ou s’il retourne à Northeastern pour une quatrième saison.

Au moment d’écrire ces lignes, Struble n’avait pas encore fait connaître sa décision, et sa présence mardi au spectacle de Justin Bieber au Centre Bell n’est pas passée inaperçue. Chez les Huskies, on espère toutefois le revoir pour sa dernière année d’admissibilité.

« En ce moment, on planifie la prochaine saison avec Jayden dans la formation. On a un plan B, mais le plan A est qu’il soit là et il aurait un très gros rôle s’il revient », explique Mike McLaughlin, entraîneur adjoint des Huskies de l’Université Northeastern, en entrevue avec La Presse.

S’il fait le saut, le jeune homme n’aurait toutefois pas droit au même traitement que Harris. Une des options envisagées serait de lui faire signer un contrat de la Ligue américaine pour qu’il termine la saison avec le Rocket de Laval et qu’il participe aux séries éliminatoires de la Coupe Calder. Son contrat d’entrée de la LNH entrerait en vigueur la saison prochaine.

Ce scénario aiderait grandement le Rocket, dont la ligne bleue est dégarnie. Quatre de ses arrières sont blessés : Josh Brook, Gianni Fairbrother, Tobie Paquette-Bisson et Tory Dello. C’est sans oublier Corey Schueneman, actuellement avec le Canadien.

Bref, il y aurait de la place pour Struble. Il n’est pas un grand défenseur offensif (14 points en 34 matchs cette saison), la robustesse et l’énergie étant ses principales forces. Mais il serait prêt pour le défi de la Ligue américaine, foi de McLaughlin.

« Physiquement, il est prêt. Il aurait pu jouer dans la Ligue américaine il y a deux ans, car c’est un phénomène génétique. Son défi est surtout d’être constant. »

Certains soirs cette saison, il a pris l’équipe sur ses épaules et les gars se ralliaient autour de lui.

Mike McLaughlin, entraîneur adjoint des Huskies de l’Université Northeastern

À Northeastern, son retour serait le bienvenu, car l’équipe doit faire le deuil de son premier duo de défenseurs, soit Harris et Tommy Miller.

« Le Canadien a mis la balle dans son camp. L’équipe est d’accord pour qu’il retourne à l’université une dernière saison, pour son développement, poursuit McLaughlin. Et nous, on aimerait le ravoir une année de plus. Il est dur à remplacer, par sa force, sa présence. »

Le diplôme et le reste

Comme toujours, la décision que doit prendre Struble recoupe plusieurs aspects.

Côté scolaire, retourner à l’université lui permettrait de se rapprocher de son diplôme. En débarquant chez les pros dès cette année, il en aurait pour plusieurs étés à suivre des cours, ce qui exigerait une grande discipline.

Je ne mentirai pas, il n’est pas le joueur le plus porté vers l’école, mais il y travaille. Son diplôme est important, car il ne jouera pas au hockey toute sa vie.

Mike McLaughlin, entraîneur adjoint des Huskies de l’Université Northeastern

Côté sportif, il doit aussi se questionner sur ses perspectives dans l’organisation du Canadien.

À l’heure actuelle, il y a devant lui, dans l’organigramme, des défenseurs gauchers, Joel Edmundson, Alexander Romanov, Jordan Harris et Kaiden Guhle. Mattias Norlinder connaît quant à lui une saison à oublier, mais il a 21 ans et son contrat est valide pour deux autres saisons.

Ça fait donc beaucoup de compétition pour les minutes de jeu, d’autant plus qu’il est loin d’être impossible que Harris et Guhle passent du temps à Laval l’an prochain.

Il faudra donc voir si Struble juge qu’il est dans son intérêt d’essayer de se frayer un chemin parmi ces joueurs. S’il estime que ses chances sont meilleures dans une autre organisation, le Canadien aurait alors un an pour l’échanger, plutôt que de perdre ses droits pour rien en 2023.

Cela dit, Kent Hughes l’a dirigé dans le hockey mineur et agissait comme conseiller familial pour les Struble avant de devenir directeur général du Canadien. Bref, comme pour Jordan Harris, il y a une relation de confiance qui est établie.

L’idée de Harris

  • PHOTO TIRÉE DU COMPTE TWITTER @GONUMHOCKEY

  • PHOTO TIRÉE DU COMPTE TWITTER @GONUMHOCKEY

1/2
  •  
  •  

Les photos de la signature du contrat de Jordan Harris, dans les installations des Huskies, ont fait le tour du web la fin de semaine dernière. McLaughlin, qui est à Northeastern depuis 2008, ne se souvient pas d’une telle initiative par un autre joueur. « Jordan savait déjà qu’il allait signer son contrat une fois la saison terminée, raconte-t-il. On a été éliminés en après-midi le vendredi. Ce soir-là, j’ai appelé Jordan pour voir comment il allait. Il m’a dit : ‟Coach, je vais signer mon contrat demain à 14 h. » Il a rencontré les coachs pour nous remercier, nous dire à quel point il est reconnaissant. C’est un de mes jeunes préférés, c’est un vrai pro, et il l’a été pendant quatre ans. »