Il ne reste plus que 10 jours avant la date limite des transactions. Le Canadien est évidemment dans le camp des « vendeurs » vu sa position au classement et la reconstruction, totale ou partielle, que sa direction opérera au cours des prochains mois, voire des prochaines années. Regard sur 15 joueurs qui pourraient faire leurs valises (ou pas) d’ici au 21 mars.

Publié le 11 mars
Simon-Olivier Lorange
Simon-Olivier Lorange La Presse

Il est presque parti

Ben Chiarot

On écrit « presque » pour être poli, car à moins d’une blessure, on peut tenir pour acquis que Ben Chiarot cessera d’être un membre du Tricolore au cours des prochains jours. À la mi-février, après avoir échangé Tyler Toffoli, le directeur général Kent Hughes a indiqué avoir eu « plusieurs appels » concernant le défenseur de 30 ans. Puis, au cours d’une récente entrevue au réseau Sportsnet, toute ambiguïté a été effacée : « Nous allons l’échanger », a-t-il dit au journaliste Eric Engels. Ç’a le mérite d’être clair. Chiarot apparaît sans conteste comme l’un des défenseurs les plus attrayants sur le marché, lui qui est en voie de connaître la meilleure saison de sa carrière sur le plan offensif. Si en plus le Canadien consentait à conserver une partie de son salaire, le retour pourrait être spectaculaire.

Ça ne surprendrait personne

Artturi Lehkonen

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Artturi Lehkonen

On n’aurait jamais cru écrire ça, mais le sort du Finlandais pourrait bien donner une indication de l’échéancier du plan de relance de la direction du CH. Puisque Lehkonen deviendra joueur autonome avec restrictions l’été prochain, l’équipe n’a aucune obligation de précipiter les choses dans son cas. Il n’empêche que sa valeur n’a probablement jamais été aussi élevée, alors qu’il devrait établir un sommet personnel pour les points, et peut-être aussi pour les buts. L’attaquant de 26 ans est un véritable couteau suisse, adoré par tous les entraîneurs qui l’ont dirigé à Montréal. Travailleur acharné et expert en échec avant, il peut remplacer au pied levé sur un trio offensif et excelle en infériorité numérique. Le Canadien ne cherche pas spécifiquement à l’échanger, a encore dit Hughes à Sportsnet, mais aucune porte n’est fermée. Le troquer rapidement contre un choix au repêchage, même élevé, donnerait le signal d’une reconstruction à long terme. Lui offrir un nouveau contrat l’été prochain signifierait, a contrario, qu’il demeure dans les plans de l’équipe, ce qui pourrait laisser entendre qu’on espère retrouver le chemin de la victoire plus rapidement.

Brett Kulak

Comment mesurer la valeur d’un défenseur à caractère défensif, qui est certes fiable, mais qui commence à peine, à 28 ans, à jouer avec régularité en désavantage numérique ? Kulak a exprimé son attachement au Canadien, le week-end dernier, après une victoire à Edmonton. Mais le sentiment est-il mutuel ? Qu’il le soit ou non, on se doute bien que Kent Hughes n’hésitera pas longtemps si le marché des défenseurs s’emballait et qu’une offre intéressante apparaissait pour le numéro 77, qui sera libre comme l’air l’été prochain. Son agent a confirmé à La Presse qu’aucune discussion sérieuse concernant un nouveau contrat n’avait eu lieu à ce jour. À titre indicatif, rappelons qu’il y a un an, le Canadien avait obtenu Jon Merrill en retour d’un choix de cinquième tour (et de Hayden Verbeek, dont on voulait larguer le contrat).

Chris Wideman

On pourrait comparer son cas à celui d’Erik Gustafsson, que le Tricolore avait acquis l’an dernier en retour d’un choix de septième tour — les Flyers de Philadelphie avaient aussi retenu la moitié de son salaire. Wideman, qui deviendra lui aussi joueur autonome sans restriction l’été prochain, n’a pas beaucoup de cordes à son arc, mais une équipe aspirant aux grands honneurs pourrait faire de lui une roue de secours en avantage numérique. Le retour avait été mince pour Gustafsson, qui gagnait certes plus cher, mais qui avait connu une saison de 60 points deux ans auparavant. Wideman aurait par ailleurs signifié au CH son souhait de rester à Montréal.

Mathieu Perreault

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Mathieu Perreault

Il y a deux semaines, le Québécois de 34 ans a candidement avoué qu’il se verrait bien terminer la saison sous d’autres cieux. « Si des équipes pensent que je peux les aider, alors oui, je saisirai cette chance. » Le message ne pouvait être plus clair. Sans contrat au terme de la saison actuelle, Perreault ne connaît pas une campagne facile, lui qui a subi plusieurs blessures et qui a dû sauter son tour à l’occasion. Il a seulement 4 points en 17 matchs. Une transaction impliquerait sans doute un retour (très) modeste, quoique les qualités de ce vétéran en avantage numérique soient encore reconnues.

Jeff Petry

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Jeff Petry

Le 30 janvier dernier, Kent Hughes a ouvertement affirmé à La Presse qu’il était prêt à échanger Jeff Petry si une offre sensée se présentait. Le défenseur de 34 ans, dont la femme et les enfants sont partis vivre aux États-Unis notamment en raison de la rigueur des mesures sanitaires imposées au Québec, n’en menait pas large, et il était à couteaux tirés avec l’entraîneur-chef Dominique Ducharme. L’arrivée de Martin St-Louis derrière le banc l’a transformé : 7 points en 12 matchs, et un jeu global franchement plus convaincant. Ce regain de vie a-t-il fait monter sa cote, déjà plutôt favorable à travers la ligue malgré son contrat encore valide pour trois ans au salaire moyen de 6,25 millions ? Ou cette nouvelle énergie lui donne-t-elle plutôt envie de continuer l’aventure à Montréal ? Une transaction à l’approche du repêchage aurait davantage de sens, mais sait-on jamais.

Du champ gauche

Jake Allen

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Jake Allen

L’incertitude entourant l’avenir de Carey Price rend plus ou moins invraisemblable le départ d’un gardien de but à court terme : advenant le scénario malheureux d’une fin de carrière précipitée pour le numéro 31, il faudrait bien que quelqu’un défende le filet la saison prochaine ! Il n’en demeure pas moins que Jake Allen, avec Chiarot et Lehkonen, est la meilleure monnaie d’échange du Canadien en raison de son salaire raisonnable (2,875 millions) et de l’année qu’il doit encore écouler à son contrat. Les Oilers d’Edmonton, qui ont désespérément besoin d’aide à cette position, seraient-ils prêts à faire une folie ? Là aussi, le CH a le luxe de prendre son temps et d’attendre à l’été si aucune offre incontournable ne lui est soumise. En outre, Allen se remet à peine d’une blessure au bas du corps qui lui a imposé deux mois de convalescence. Ça pourrait tiédir l’enthousiasme des acheteurs.

Shea Weber

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Shea Weber lors des séries éliminatoires du printemps 2021

Il y a trois semaines, le DG adjoint John Sedgwick a laissé entendre que de travailler à temps plein avec la liste de blessés à long terme n’était pas « optimal ». C’est pourtant ce qui attend cet expert du plafond salarial et des contrats pour les quatre prochaines années si le Canadien conserve le contrat de Shea Weber, qui ne jouera vraisemblablement plus au hockey, sans qu’il annonce officiellement sa retraite. La gestion de la liste des blessés à long terme est complexe ; elle comporte des avantages, notamment une relative flexibilité, mais a plusieurs impacts, entre autres par rapport aux bonis à verser. Refiler le contrat de Weber à une formation qui nage dans l’espace salarial (salutations aux Coyotes de l’Arizona) ou encore à une équipe qui souhaite gagner un peu de flexibilité (disons le Wild du Minnesota) rendrait certainement service au CH. Mais c’est le genre de situation où le Tricolore devrait donner un « cadeau » en plus du contrat de Weber, sans possiblement rien recevoir en retour.

Andrew Hammond

Vu le retour prochain de Jake Allen, et avec l’espoir toujours vivant de revoir Carey Price cette saison, une congestion se prépare devant le filet. Andrew Hammond est logiquement celui qui écoperait le premier. Pour le céder au Rocket de Laval, dans la Ligue américaine, le CH devrait d’abord le soumettre au ballottage. Tant qu’à risquer de le perdre sans rien obtenir, tentera-t-on de l’échanger à une équipe en quête de profondeur à cette position ? Ses trois victoires en trois départs à Montréal pourraient avoir fait augmenter la valeur de celui qui a été acquis simplement en retour de Brandon Baddock.

Cédric Paquette

Il se retrouve dans cette section pour la simple et bonne raison que son contrat arrivera à échéance l’été prochain. À moins qu’on ne lance son nom dans une transaction impliquant déjà d’autres joueurs, il est invraisemblable qu’une équipe de tête s’intéresse sérieusement à ses services. Il a été laissé de côté plus de 20 fois cette saison et n’a récolté que deux mentions d’aide… avec une équipe de fond de classement.

C’est compliqué

Josh Anderson

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Josh Anderson

Il connaît de très bons moments à la droite de Cole Caufield et de Nick Suzuki. Mais si on voulait rénover de la cave au grenier, le nom de Josh Anderson ferait forcément partie de la discussion vu son lourd contrat, encore valide pour cinq saisons. À la différence des autres hauts salariés du CH, le profil de l’Ontarien, rapide et robuste, demeure très recherché dans la ligue. S’il est vrai que Kent Hughes est ouvert à tout, tirer profit de la valeur d’Anderson au moment où il est au sommet de sa carrière est une possibilité évidente.

Brendan Gallagher

La situation est semblable pour Gallagher, sauf que des signes de ralentissement se sont déjà manifestés chez le vétéran. Il crée encore beaucoup de chances de marquer et de pression offensive, mais son incapacité à marquer cette saison n’a rien d’encourageant ni pour lui ni pour son équipe. Il aura 30 ans au mois de mai et est lié au CH pour encore cinq ans. Une offre inattendue pourrait convaincre Kent Hughes de ne pas rater sa chance de se débarrasser de l’un des pires contrats sur sa masse salariale.

Mike Hoffman

Drôle de profil que celui de Hoffman. Ce n’est pas un joueur très responsable défensivement. Il n’a pas un contrat facilement échangeable (4,5 millions en moyenne pour encore deux ans). Mais lorsque la rondelle se retrouve sur la lame de son bâton près du filet, son flair offensif et sa vitesse de réaction en font une menace certaine. Un autre DG se laisserait-il tenter ?

Paul Byron

PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE

Paul Byron

Un vétéran aimé de ses entraîneurs et de ses coéquipiers. Un travailleur impitoyable, allergique à la défaite. Un leader. Toutes les qualités de Paul Byron sont recherchées par toutes les équipes de la LNH. Mais reste-t-il de la magie en lui ? Souvent blessé, cet ex-marqueur de 20 buts n’en a inscrit que 10 à ses 85 dernières rencontres en saison. À 3,4 millions par année, ce n’est pas assez. Si on voulait l’échanger, il faudrait certainement retenir une partie de son salaire pour la saison restante à son contrat.

Joel Armia

Sans conteste la chute la plus radicale par rapport aux années passées, et certainement au pire moment imaginable, soit à la première saison d’un pacte de quatre ans. Les qualités de hockeyeur de Joel Armia sont indéniables, mais son absence totale d’apport offensif depuis le début de la campagne est un problème. Il est peu probable qu’il fasse rêver les autres équipes de la ligue, mais il a connu de fortes séries éliminatoires en 2021.

Note : pour les besoins de l’exercice, nous avons exclu les vétérans de l’équipe qui sont blessés à moyen ou long terme et ceux qui n’ont pas encore joué cette saison. Nous n’avons pas tenu compte des clauses de non-échange ou de non-mouvement figurant dans certains contrats mentionnés dans ce reportage.