Tyler Toffoli a presque 30 ans. Il en aura 32 à la fin de son contrat, en juillet 2024.

Publié le 15 février
Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

Où en sera le Canadien de Montréal en juillet 2024 ? Avec un peu d’optimisme, on peut entrevoir une certaine percée au classement, après, sans doute, une autre année de misère en 2022-2023.

S’il avait maintenu la même production offensive lors des deux années suivantes, Toffoli aurait été en droit d’exiger, à titre de joueur autonome sans compensation, une augmentation salariale importante de son salaire annuel de 4,2 millions.

À quoi aurait servi Toffoli au cours des deux prochaines saisons, sinon servir de mentor aux jeunes et marquer des buts dans une cause perdue ?

Toffoli est aussi l’un de ceux qui détenaient une bonne valeur parmi les joueurs du Canadien, en raison de son salaire raisonnable, de son expérience, de son leadership et de son talent.

Peut-être certains comprendront-ils mieux désormais pourquoi il a été l’un des premiers joueurs de l’équipe échangé par le directeur général Kent Hughes, malgré toutes ses belles qualités, contre des choix de première et cinquième ronde, un espoir et un joueur de soutien.

Toffoli n’était pas le patineur le plus rapide, et le Canadien manque cruellement de vitesse. Cet aspect sera pris en considération dans toutes les décisions.

Le plan de Kent Hughes et Jeff Gorton, s’il semblait évident, est encore plus net, clair et précis aujourd’hui : on sacrifiera les prochaines années pour rebâtir un avenir solide et durable, quitte à endurer au moins une autre année de misère.

À moins de voir les Flames de Calgary provoquer une surprise comme celle de l’an dernier de la part du Canadien en séries, le CH pourrait bénéficier d’un choix entre le 20e et le 24e rang. Ce n’est pas parfait, mais il y a des chances de dénicher des joueurs de qualité à ce rang et surtout, Montréal se donne au moins une chance supplémentaire d’en trouver un.

Emil Heineman, 20 ans, n’est pas le meilleur espoir des Flames, mais il demeure un espoir intéressant. Il a été repêché parmi les douze premiers de la deuxième ronde en 2020, au 43e rang, devant les choix du Canadien Luke Tuch (47e) et Jan Mysak (48e).

Déjà une troisième organisation pour lui, disent déjà certains. On peut voir les choses d’une manière différente. Les Panthers de la Floride voulaient obtenir Sam Bennett et les Flames ont exigé Heineman dans la transaction, en plus d’un choix de deuxième ronde. Le Canadien a fait la même chose. Deux équipes ont accepté de s’en départir, mais deux clubs voulaient l’obtenir.

Après avoir visionné son plus récent match en Ligue d’élite suédoise (SEL), on peut dire ceci de Heineman : ailier au très bon gabarit, 6 pieds 1 pouce, hyper rapide, travailleur infatigable, robuste à souhait, bon marqueur.

Compter 11 buts en 36 matchs dans la SEL à 20 ans n’est pas à dédaigner. Mais il faut surtout retenir son éclosion récente : 9 points, dont 6 buts, à ses 10 derniers matchs à Leksands IF, après en avoir obtenu seulement 7 à ses 26 premières parties.

Son style de jeu peut rappeler à certains égards celui d’Artturi Lehkonen. Mais Heineman est plus costaud et surtout plus rapide. À suivre ces prochaines années.

Kent Hughes aurait pu attendre et faire monter les enchères, disent certains critiques. Hughes aurait pu attendre, certes, mais au rythme où les joueurs du Canadien visitent l’infirmerie, il aurait pu se blesser et perdre sa valeur aussi.

Parlant de blessé, Ben Chiarot sera sans doute le prochain à partir, à condition qu’il se remette rapidement de cette blessure subie samedi. On ne prévoit d’ailleurs pas de longue absence.

Le défenseur du CH a une valeur intéressante parce que son contrat prend fin cette année. Il peut s’immiscer au sein d’un top quatre et améliorer un club en prévision des séries sans que son acquéreur soit coincé avec son contrat pour les années suivantes. Montréal pourrait obtenir un troisième choix de première ronde pour ses services.

Jeff Petry est évidemment sur le marché. Les uns disent qu’il peut rapporter au moins un choix de première ronde, les autres parlent d’une valeur nettement moins grande. Je me range dans le deuxième camp, en raison de la saison difficile de Petry, mais surtout de son contrat pour trois années supplémentaires à 6,3 millions par année. Mais l’échanger donnera au Canadien une latitude supplémentaire fort intéressante au plan de la masse salariale, et un choix de deuxième ronde ou un espoir constituerait un boni.

Josh Anderson est très en demande, dit-on. Mais il possède des ingrédients rares : un gabarit intimidant pour l’adversaire, de la vitesse, du leadership et certaines habiletés naturelles. À moins d’une offre renversante, il restera.

Pour un choix de fin de première ronde ou de deuxième ronde, Kent Hughes se laissera-t-il tenter d’échanger le centre Christian Dvorak ? Sans doute, et il libérerait 4,5 millions pour trois autres années. Dvorak n’est pas le plus rapide lui non plus.

Artturi Lehkonen est un vaillant travailleur, rapide, et il ne coûte pas trop cher. Une belle offre le sortira de Montréal, sinon il n’y a pas intérêt à s’en départir.

Mike Hoffman et Jonathan Drouin sont en vente. Pour pas trop cher. À qui la chance ? Il sera plus facile de se départir de Drouin puisqu’il lui reste une seule année de contrat après celle-ci. Bonne chance avec Hoffman.

Brendan Gallagher sera lui aussi difficile à échanger, contrairement à Tyler Toffoli. Il aura bientôt 30 ans, il a nettement ralenti et il lui reste encore cinq ans de contrat à 6,5 millions par année. Au pire il agira à titre de leader au sein de cette jeune équipe. À condition qu’il ne ralentisse pas trop au point de devenir un joueur frustré par sa production et son utilisation.

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