À ceux qui rêvent de voir Kent Hughes échanger la moitié du club d’ici la date limite des transactions, Bill Guerin tient à réfréner leurs ardeurs.

Publié le 25 janvier
Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

Le DG du Wild du Minnesota — le tortionnaire du Canadien lundi soir, une victoire éclatante de 8-2 - a posé des gestes importants depuis son entrée en poste en 2019, mais pas du jour au lendemain.

Guerin a répété en début de semaine, lors de sa tournée médiatique montréalaise à la radio, à l’émission de Tony Marinaro sur TSN 690, et à Martin Lemay au 91,9 Sports, qu’on ne relance pas une organisation en deux temps, trois mouvements.

« J’ai pris des décisions importantes, mais ça a pris du temps. Il faut être patient. On ne peut plus échanger ses problèmes aujourd’hui. Ça ne marche plus. Les transactions sont difficiles à effectuer. Il faut un mariage parfait. »

Guerin, un bon copain de Hughes, qu’il a d’ailleurs encouragé à accepter le poste à Montréal, a mis six mois avant d’effectuer sa première transaction.

À la date limite des échanges, en février 2020, il échangeait Jason Zucker aux Penguins pour un choix de première ronde et l’espoir en défense Calen Addison.

Un an après son embauche, en septembre 2020, il a annoncé au capitaine Mikko Koivu que ses services ne seraient plus requis, et il a échangé Eric Staal aux Sabres de Buffalo.

Un mois plus tard, il se débarrassait du gardien Devan Dubnyk pour un choix de septième ronde et échangeait Luke Kunin et un choix de troisième ronde pour Nick Bonino et des choix de deuxième et quatrième ronde.

Sa plus récente transaction, en juillet 2021, implique un joueur de Ligue américaine pour un choix de septième ronde.

Bill Guerin sera en poste depuis trois ans au mois d’août. À ce jour, il a seulement cinq transactions impliquant des joueurs de la LNH à son actif.

Pourtant, ce club à la dérive à son arrivée est à deux points du deuxième rang de l’Association de l’Ouest en vertu d’une fiche de 25-10-3, avec plusieurs matchs de plus à disputer que les deux clubs devant lui.

Notre homme n’a pas chômé pour autant et la relance du Wild n’est pas passée par des échanges. Après avoir divorcé d’avec Koivu, il a racheté l’été dernier, soit deux ans après son arrivée, les monstrueux contrats de Zach Parise et Ryan Suter.

Guerin a finalement congédié l’entraîneur Bruce Boudreau un an et demi après son entrée en poste pour le remplacer par Dean Evason. Il a soutiré aux Canucks leur directeur du recrutement, Judd Brackett.

Il a convaincu le meilleur espoir du club, Kirill Kaprizov, de quitter la Russie pour joindre le club. On a augmenté les responsabilités des jeunes Joel Eriksson Ek et Jordan Greenway et on vient d’intégrer le choix de première ronde en 2019, Matt Boldy, auteur d’un joli but contre le Canadien lundi.

Et de façon étonnante, les embauches de Cam Talbot, des anciens défenseurs du Canadien Jordie Benn et Jon Merrill, et de Frédérick Gaudreau, toutes au rabais, ont rapporté des dividendes, sans oublier l’impact du vétéran Alex Goligoski, un autre joueur autonome, mis sous contrat pour un an seulement.

D’ailleurs, douze joueurs déjà avec le Wild lors de l’arrivée de Guerin en août 2019 sont toujours avec le club. De ce groupe, il faut ajouter Boldy et Connor Dewar, qui appartenaient déjà à l’organisation par l’entremise du repêchage.

Si Kent Hughes suit les conseils de Guerin, vous risquez de reconnaître votre club l’an prochain. Par contre, s’il subit l’influence de Jeff Gorton, très actif au chapitre des transactions à New York, l’action ne manquera pas ces prochains mois.

Mais au final, Hughes suivra sans doute le principe de base en affaires : il se chargera de vendre à prix élevé s’il y a lieu et de ne rien acheter de trop coûteux. La relance du Canadien en dépend.

La prophétie de Valérie Castonguay

Émilie Castonguay était alors joueuse à l’Université de Niagara et elle avait une conversation avec sa grande sœur Valérie », écrit Guillaume Lefrançois aujourd’hui dans son texte sur l’embauche de la jeune femme par les Canucks de Vancouver.

« Elle m’avait dit qu’un jour, je dirigerais les Canucks de Vancouver. C’était notre dernière conversation », a raconté une Émilie Castonguay émotive, lundi, en visioconférence.

Peu après ladite conversation, Valérie Castonguay est morte trop jeune, à 25 ans, à la suite d’une intervention chirurgicale.

« Quand les Canucks m’ont appelée, ça a donc été beaucoup d’émotions. C’est pourquoi j’ai écouté Jim [Rutherford, président des opérations hockey]. Pour la partie Vancouver, il n’avait pas besoin de me convaincre. C’est un peu l’univers qui m’a amenée ici. »

Fou, complètement fou…

À ne pas manquer !

  1. Le match du Canadien lundi soir est à « jeter à la poubelle », pour paraphraser Dominique Ducharme, mais surtout pas l’analyse de Simon-Olivier Lorange !
  2. Félix Auger-Aliassime est à une victoire d’un deuxième carré d’as consécutif en tournoi du Grand Chelem. Son adversaire, Daniil Medvedev, deuxième mondial, n’est pas un client facile. Nicholas Richard fait le point.
  3. Qui est Émilie Castonguay ? Simon-Olivier Lorange a sondé trois de ses anciens clients.