Quand Cédric Paquette a appris qu’Émilie Castonguay avait accepté un poste de directrice générale adjointe dans la LNH, il s’est tout de suite demandé si son agente n’était pas soudain devenue sa patronne chez le Canadien.

Publié le 24 janvier
Simon-Olivier Lorange
Simon-Olivier Lorange La Presse

Comme tout le monde, il a finalement constaté que c’est plutôt chez les Canucks de Vancouver que Castonguay poursuivrait sa carrière.

Ultimement, qu’elle ait finalement abouti à Montréal ou ailleurs lui importe peu. Car « je ne peux pas être plus heureux pour elle », a dit le numéro 13 du Tricolore, à quelques heures du match de son équipe contre le Wild du Minnesota.

« Je ne suis pas surpris, on savait que ça s’en venait, a-t-il ajouté. On voit de plus en plus de femmes s’établir [dans des postes de direction]. Et elle, elle est incroyable. »

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Cédric Paquette

Le coup de sonde chez trois nouveaux ex-clients d’Émilie Castonguay est unanime. On s’attriste de perdre une agente devenue une « amie », celle qu’on textait « à 6 h le matin ou à 11 h le soir » et qui « répondait en moins de deux », dixit Jakob Pelletier, espoir des Flames de Calgary.

On applaudit spontanément cette nomination, importante pour elle comme pour toutes les femmes qui aspirent à des postes de prestige dans le sport.

« Le monde ne s’en rend pas compte, mais des postes comme celui-là, il n’y en a pas beaucoup dans la LNH, souligne Antoine Roussel, des Coyotes de l’Arizona. Ce sont des postes convoités et ça prouve toute sa compétence. Je suis vraiment content pour elle ! »

Les clients de Momentum Hockey ont été avisés la semaine dernière du départ d’Émilie Castonguay. Mais ce n’est que lundi matin qu’ils ont su quel était son prochain défi professionnel.

Il s’agit par ailleurs d’un deuxième départ de taille pour l’agence montréalaise en un an. Son fondateur Christian Daigle est mort en janvier 2021, à l’âge de 42 ans.

C’est d’ailleurs lui qui avait embauché Castonguay il y a quelques années. Rapidement, elle est devenue l’un des visages de l’agence. C’est elle qui, notamment, représentait Alexis Lafrenière.

« Elle a fait sa place tranquillement, se rappelle Antoine Roussel. Je l’ai rencontrée dans différents meetings et j’ai tout de suite eu confiance en elle. Je savais qu’elle allait se battre pour moi. »

Le Français d’origine devenu Québécois d’adoption vante une « fonceuse », une femme qui « travaille fort, qui connaît ses dossiers sans jamais attirer l’attention sur elle ».

PHOTO MARK J. REBILAS, ARCHIVES USA TODAY SPORTS

Antoine Roussel (26)

« Tout ce qu’elle pouvait faire pour aider ma carrière, elle l’a fait, renchérit Cédric Paquette. Tous les petits pépins que je pouvais avoir, c’était réglé en cinq minutes. Elle n’a jamais eu peur de personne. »

« S’il y a une fille qui pouvait [devenir DG adjointe], c’est bien elle ! s’exclame Jakob Pelletier. C’est tellement une femme inspirante… »

Tout ce qui compte…

La voix d’Émilie Castonguay a tremblé lorsque, pendant le point de presse suivant sa nomination, elle a été interrogée sur ses clients à qui elle a annoncé son départ.

« Les conversations n’ont pas été faciles, a-t-elle avoué. Ç’a été dur. »

Elle a tout de même eu l’impression qu’ils étaient « contents » pour elle. Si elle avait des doutes à ce sujet, elle peut les balayer, confirment les joueurs concernés.

Je ne peux pas assez les remercier d’avoir cru en moi et de m’avoir permis de devenir ce que je suis devenue. Ils ont été incroyables pour moi et savent ce que je veux accomplir.

Émilie Castonguay

En réponse à une autre question sur le même thème, elle a parlé de la « famille » que formaient les agents et clients de Momentum. Un mot qu’a aussi prononcé Cédric Paquette.

« C’est une fille compétente, mais pas juste dans son travail, enchaîne Antoine Roussel. Elle amenait une autre dimension que celle d’un agent. Veut, veut pas, on évolue dans un milieu d’hommes. Mais elle a toujours apporté une perspective différente que j’adorais. Personne d’autre dans la business n’est capable de donner ça. »

Paquette prédit par ailleurs que Vancouver sera « loin d’être la dernière place où elle va aller ». Autrement dit, qu’un poste de directrice générale en bonne et due forme l’attend avant longtemps.

Roussel acquiesce : « Elle a tous les atouts pour réussir encore à un autre niveau. Je ne vois pas ce qui va l’arrêter. »

La Presse a tenté de joindre Marie-Philip Poulin, elle aussi une cliente d’Émilie Castonguay, afin d’obtenir sa réaction. Hockey Canada a toutefois décliné notre demande d’entrevue avec sa joueuse étoile.

Sur sa page Facebook, Poulin s’est toutefois dite « tellement fière » de son ex-agente. « Tu es une inspiration ! Bon succès dans cette nouvelle aventure », a-t-elle ajouté.