Le Canadien n’a pas embauché un ami… mais il a bel et bien embauché le meilleur candidat disponible.

Mis à jour le 19 janvier
Richard Labbé
Richard Labbé La Presse

C’est, en gros, le message qui a été répété et répété encore par la direction du Canadien, dans un Centre Bell bien aéré mercredi en fin de journée, au moment de la présentation officielle du nouveau directeur général du club, Kent Hughes.

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L’embauche de l’ex-agent de joueurs aura pris du temps ; le parcours s’est amorcé en décembre pour se conclure seulement dimanche dernier. Au total, ce sont 11 candidats qui ont défilé devant la direction, et ce total a été réduit à trois lors de la ronde ultime, « un processus efficace et complet », a tenu à dire le propriétaire Geoff Molson.

Au final, il y a eu un grand gagnant, évidemment, mais Geoff Molson a expliqué que rien n’avait été décidé d’avance.

Il n’y avait pas de favori du tout. Il n’y avait pas de préférence au début. Quand on a réduit la démarche à trois candidats, il n’y avait pas de préférence non plus. Mais on s’est parlé dimanche matin, Jeff [Gorton] et moi. Je lui ai fait savoir ma préférence pour Kent, et il pensait la même chose. Alors il n’y avait pas de favori au départ, ce fut un long cheminement, mais on est très contents d’avoir Kent avec nous maintenant.

Geoff Molson, président du Canadien

Gorton, vice-président exécutif aux opérations hockey du Canadien, a tenu à dire, avec tout le respect possible et à la blague, que Hughes « n’est pas [son] meilleur ami », mais il a tout de même rappelé que leur relation de longue date remonte à la négociation du premier contrat de Patrice Bergeron chez les Bruins de Boston, alors que lui-même était directeur général adjoint chez les Bruins et que Hughes était agent du joueur québécois.

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Jeff Gorton et Kent Hughes

Hughes, dans un français très convenable, a tenu à dire qu’il n’avait pas hérité du poste comme on reçoit un cadeau. « Je ne serais pas ici en ce moment si je ne croyais pas en mes compétences d’être le directeur général du Canadien de Montréal », a-t-il lancé aux membres des médias dispersés dans les gradins du Centre Bell.

Avec le sourire, il a ajouté que prendre ce genre de décision, ce n’est pas quelque chose qui se fait en deux minutes. Mais à ses yeux, c’était « l’occasion d’une vie ».

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Kent Hughes

« Je n’ai eu aucune hésitation au moment d’être approché par la direction de l’équipe… c’est plutôt que je me suis accordé une période de réflexion. Une telle décision allait avoir un impact sur moi, mais aussi sur mes clients, sur ma famille. J’ai voulu prendre le temps pour y réfléchir, mais je peux vous dire que je suis très enthousiaste à l’idée d’être ici. »

Dans l’immédiat, le nouveau DG du CH va sauter dans un avion et aller retrouver le reste de l’équipe à temps pour le prochain match, qui est prévu jeudi soir à Las Vegas, contre les Golden Knights.

L’histoire nous dira bien assez vite si lui, le 18directeur général de l’histoire du Canadien de Montréal, saura être à la hauteur. En attendant, l’homme de 51 ans, lui-même un ancien joueur de hockey dans les rangs mineurs de l’ouest de la ville, vient un peu réaliser un rêve de jeune homme en débarquant, enfin, au domicile de son équipe de jeunesse.

« C’est en quelque sorte une forme de retour à la maison pour moi, et c’est avec beaucoup de fierté que j’ai accepté de me joindre au club de mon enfance. »

« C’est sûr que c’est Montréal, c’est la ville où j’ai grandi… Avant d’accepter le poste, j’ai parlé avec Bill Guerin [directeur général du Wild du Minnesota], et il m’a dit : ‟C’est le Canadien ! C’est comme les Yankees de New York, c’est comme les Cowboys de Dallas… C’est le Canadien.” Bill m’a dit : ‟Voyons donc, il n’y a aucune hésitation à avoir…” »

Quelques instants plus tard, Kent Hughes posait fièrement avec un maillot rouge, plaqué du numéro 22. Le rêve peut commencer… et le travail aussi.

Et Ducharme, dans tout ça ?

C’est connu, dans la Ligue nationale de hockey comme dans la vie en général, les gens aiment bien s’entourer de gens qu’ils connaissent. Alors, devant cette certitude, il n’est pas farfelu de se demander ce qu’il adviendra de Dominique Ducharme, qui est l’entraîneur du Canadien, mais qui n’est évidemment pas le choix de Kent Hughes.

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L’entraîneur-chef du Canadien, Dominique Ducharme

Ducharme, qui devrait à tout le moins être en mesure de conclure la saison – c’est ce que Jeff Gorton avait précédemment laissé savoir –, aura sous peu une discussion avec le nouveau DG. « Je veux discuter avec Dominique, c’est lui le coach de l’équipe, a expliqué Hughes. Je viens à peine d’arriver en poste, alors je n’ai pas vraiment eu l’occasion de le rencontrer […] mais je vais lui parler, et on verra à partir de là. »