« Je respire, dors et mange en pensant au hockey. Je ne pensais pas trouver mieux que l’État du hockey ; or, je me retrouve là où tout a commencé. C’est incroyable. »

Mis à jour le 15 janvier
Simon-Olivier Lorange
Simon-Olivier Lorange La Presse

Bien involontairement, Rem Pitlick réveillera peut-être des factions d’historiens qui ne croyaient pas être mis à contribution en ce samedi glacial. Si un consensus s’est formé autour du premier match organisé de hockey sur glace, bel et bien tenu à Montréal en 1875, un débat continue d’alimenter les discussions sur les origines réelles du sport favori de Jack Laviolette, alors que les premiers indices de ce qui se rapproche le plus du hockey qu’on connaît auraient été perçus en Angleterre.

Mais passons là-dessus. Ce qui est bien réel, c’est la fébrilité du nouvel attaquant du Canadien. Pitlick, auparavant du Wild du Minnesota, a été réclamé au ballottage il y a quelques jours. Il a disputé son premier match dans son nouvel uniforme jeudi à Chicago, à la gauche de Christian Dvorak et de Jonathan Drouin.

Le Minnesota, où se déroule l’action du film Mighty Ducks, est la Mecque du hockey au sud de la frontière. Les hivers rudes de cet État limitrophe du Manitoba et de l’Ontario en ont fait un lieu privilégié pour la pratique de ce sport à l’extérieur. D’où la réflexion de Pitlick.

S’il a grandi aux États-Unis, le rapide patineur a par ailleurs rappelé, pendant un court point de presse samedi, qu’il était né à Ottawa et qu’il avait la double citoyenneté.

D’une certaine manière, je rentre à la maison. Je suis super reconnaissant !

Rem Pitlick

Le partisan moyen ne connaissait sans doute pas beaucoup le joueur de 24 ans avant que le CH ne le réclame. Choix de troisième tour des Predators de Nashville en 2016, il a partagé les deux dernières années entre la Ligue américaine et la LNH, ne disputant qu’une dizaine de matchs avec le grand club. Les Preds l’ont soumis au ballottage à la fin de leur camp d’entraînement, en octobre dernier, dans l’espoir de le céder aux mineures, mais le Wild l’a réclamé. À St. Paul, il a plutôt bien fait avec 11 points en 20 matchs, mais de récents mouvements de personnel lui ont coûté son poste. Nouveau ballottage, nouveau départ, cette fois vers Montréal.

Sans surprise, Pitlick espère enfin décrocher un poste permanent dans la LNH. « Je veux apporter de l’attaque, a-t-il dit. Je pense que je patine bien, que j’ai un bon sens du jeu et que je peux marquer des buts. Je veux aussi bien jouer sur 200 pieds pour ne pas être un poids en défense. »

Moins exalté que son nouveau protégé, l’entraîneur-chef, Dominique Ducharme, a néanmoins parlé d’un joueur « intelligent » qui « fait de bons jeux avec la rondelle ». « On veut lui donner la chance [de se faire valoir], voir ce qu’on a sous la main. À première vue, j’ai aimé ce qu’il a fait. On va travailler avec lui et voir pour les prochains matchs. »

À l’entraînement, samedi, Pitlick patinait encore avec Dvorak et Drouin.

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Même s’il a raté les 11 dernières rencontres, Josh Anderson occupe toujours le premier rang des buteurs de l’équipe.

Voilà Anderson

Il n’y a pas que Pitlick qui a le cœur léger. Pleinement remis d’une blessure au « haut du corps » subie le 2 décembre dernier, Josh Anderson s’est entraîné samedi pour la première fois au sein d’un trio régulier. Il complétait la première unité formée par Nick Suzuki et Mike Hoffman.

Sans rien promettre, Ducharme a dit avoir « confiance que le gros ailier affrontera les Coyotes lundi après-midi en Arizona.

Il s’est toutefois dit heureux de savoir son retour imminent, rappelant qu’Anderson, par « la façon dont il patine et par son jeu physique […] amène une énergie à notre équipe qui est difficile à reproduire ».

C’est un gars qui peut faire un peu de tout, qui peut changer le rythme d’un match en une présence.

Dominique Ducharme, au sujet de Josh Anderson

Le principal concerné s’est dit « emballé » de renouer avec l’action, d’autant que sa guérison semble s’être déroulée un peu plus rapidement que prévu – on ne l’attendait pas avant une dizaine de jours de plus. Il a toutefois assuré avoir attendu d’être « à 100 % avant de revenir », surtout compte tenu du style de jeu robuste qu’il pratique.

Voir l’équipe souffrir sans pouvoir l’aider a été pénible, a-t-il avoué. Pendant les 11 matchs qu’il a manqués, le CH n’a inscrit qu’une seule victoire, contre 10 revers, dont 3 en prolongation.

« Au moins, c’était encourageant de voir de jeunes gars arriver avec de l’énergie et du cœur, de les voir saisir leur chance, a dit Anderson. Mais évidemment, tu espères voir ton équipe gagner des matchs. »

Le Canadien s’est envolé samedi après-midi en direction de Phoenix, en Arizona. Il y affrontera les Coyotes lundi, puis partira rapidement vers Dallas pour s’y mesurer aux Stars mardi. Samuel Montembeault et Cayden Primeau obtiendront chacun un départ dans cette séquence.

En bref

Toffoli de retour sous peu

Le Canadien pourrait saluer bientôt le retour d’un autre ailier. Tyler Toffoli, qui a accompagné l’équipe sur la route, s’est encore entraîné samedi habillé d’un dossard le dispensant de contacts. Son entraîneur s’attend à ce qu’il puisse disputer un match à la fin de la semaine, peut-être dès jeudi prochain à Vegas, sinon le surlendemain à Denver. « Sa blessure [à la main] guérit bien, sa forme physique revient », a dit Ducharme, qui a en outre indiqué que Paul Byron, Alex Belzile, Rafaël Harvey-Pinard et Jesse Ylönen, tous libérés du protocole de COVID-19, avaient recommencé à patiner à Montréal. Ils pourraient rejoindre le CH d’ici la fin du périple auquel il reste cinq matchs.

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Carey Price

Price ne patine toujours pas

La rééducation de Carey Price continue de piétiner. Le gardien n’a toujours pas patiné, a dit Dominique Ducharme, alors que sa dernière présence sur la glace remonte à la mi-décembre. Que l’on sache, il n’a toujours pas rencontré son médecin, établi à New York, étape cruciale dans son retour à la forme après une opération au genou pratiquée l’été dernier. Il continue toutefois de s’entraîner en gymnase.