Difficile de ne pas sympathiser avec Laurent Dauphin. Le Québécois continue à s’accrocher à son rêve de s’établir dans la LNH, à un âge – 26 ans – qui devient parfois ingrat dans ce milieu.

Publié le 11 janvier
Guillaume Lefrançois
Guillaume Lefrançois La Presse

Dauphin a fait des pas dans la bonne direction l’automne dernier. Rétrogradé à Laval pour amorcer la saison, l’ancien choix de deuxième tour des Coyotes de l’Arizona y a inscrit 16 points, dont 11 buts, en 18 matchs. C’était assez pour inciter le Canadien à le rappeler, au début de décembre.

Mais après cinq matchs où il semblait de plus en plus à son aise, la COVID-19 a changé les plans. Les quatre matchs du Tricolore avant Noël ont été annulés, puis Dauphin a lui-même contracté la COVID-19, ce qui l’a forcé à rater les trois seuls matchs que l’équipe a joués depuis l’anniversaire de feu Noël Picard.

Tout cela s’ajoute bien sûr à sa fameuse fin de saison 2019-2020. Le Canadien l’avait rappelé, mais la nouvelle n’avait pas encore été annoncée que, le 12 mars, la LNH suspendait la saison. Décidément, Dauphin a un mauvais karma !

Mais le voici de retour avec les siens.

À l’entraînement mardi, il formait encore un trio avec les jeunes Ryan Poehling et Cole Caufield. « C’est de repartir là où j’ai laissé avant Noël, de continuer à saisir ma chance et d’essayer de rester ici pour le reste de l’année », a résumé l’ancien des Saguenéens de Chicoutimi, après l’entraînement de mardi, à Brossard.

Des sommets

« Repartir où j’ai laissé. » L’expression n’est pas banale, venant de lui.

Profitant des nombreuses absences, Dauphin recevait de plus en plus de responsabilités. À ses deux derniers matchs, il a même excédé les 16 minutes d’utilisation, un chiffre qu’il n’avait jamais dépassé dans ses 38 autres matchs dans la LNH. En cinq duels depuis son rappel, il a inscrit trois points. Son équipe fait match nul quand il est sur la patinoire à forces égales : cinq buts marqués, cinq buts accordés.

Il n’aurait toutefois jamais eu cette chance s’il n’avait pas fait bonne figure à Laval en début de saison.

« Je me disais : c’est peut-être ma dernière chance, tu ne le sais jamais dans ta carrière, à 26 ans, a-t-il admis. Donc je me préparais, je savais que c’étaient des matchs importants. »

« Le voyage sera important, a poursuivi Dauphin. Tu ne sais jamais si c’est ta dernière chance, donc il ne faut vraiment pas que tu la laisses passer. »

« Laurent a montré de l’acharnement et de la persévérance dans les dernières saisons, a ajouté Dominique Ducharme, entraîneur-chef du Canadien. Il a eu sa chance et il a bien joué. Maintenant, il doit continuer dans cette direction-là, comme d’autres, pour nous forcer à prendre des décisions. »

Vejdemo aussi

Un autre joueur souhaitera « forcer » des décisions : Lukas Vejdemo.

Lui est un produit de la maison, mais aussi un projet à long terme. Repêché au troisième tour en 2015, il a disputé les trois matchs du Canadien depuis Noël. Il s’agissait seulement de ses huitième, neuvième et dixième matchs dans la LNH, ses premiers depuis l’hiver 2020.

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Lukas Vejdemo

Le Suédois a joué en moyenne 14 minutes, faisant un boulot honnête. Il a inscrit un but et a obtenu huit tirs. Son travail lui avait notamment valu de bons mots de Jean-François Houle, son entraîneur-chef chez le Rocket de Laval cette saison. « Je l’ai beaucoup aimé en désavantage numérique. Il avait de bons angles, un bon bâton », avait relevé Houle.

Vejdemo croit que son jeu en désavantage numérique, justement, et sa vitesse sont ses meilleurs arguments pour rester dans la LNH. « Mon coup de patin est ma plus grande force, j’essaie de m’en servir. J’ai aussi un bon sens du hockey. J’essaie de revenir à ces détails-là, de bien les appliquer et de bâtir à partir de là. »

Les prochaines semaines devraient théoriquement permettre à des vétérans de revenir au jeu.

Jake Evans rejoindra ses coéquipiers à Boston, Josh Anderson progresse et Tyler Toffoli semble être en voie de devancer l’échéancier de huit semaines annoncé il y a un mois. Sans oublier Paul Byron, qui s’approchait d’un retour avant de contracter la COVID-19.

Ces retours précariseront le statut de joueurs comme Dauphin et Vejdemo, mais n’oublions pas que le Tricolore est exclu de la course aux séries et qu’une nouvelle tête dirige les opérations hockey. Bref, des changements sont à prévoir. Reste à voir qui en profitera.