Pendant que certains profitaient de la pause d’une semaine décrétée par le Canadien pour panser leurs plaies ou réfléchir à leur avenir avec l’organisation montréalaise, Cole Caufield a discuté avec l’attaquant Jack Hughes des Devils du New Jersey.

Publié le 10 janvier
Alexandre Geoffrion-McInnis La Presse Canadienne

Caufield, qui dispute sa première saison complète en carrière dans la LNH, est loin de connaître le succès qu’il avait obtenu lors de son rappel l’an dernier, tout juste avant les séries éliminatoires de la LNH. L’Américain âgé de 21 ans, qui n’a inscrit qu’un seul but en 26 matchs avec le CH en 2021-22, a donc pu souffler un peu depuis une semaine.

« C’était bien de pouvoir profiter d’une pause comme celle-là en plein milieu de la saison, car c’est rare que ça se produise. J’ai relaxé et j’ai remis les deux pieds sur terre. J’ai réfléchi à la saison jusqu’ici, et j’ai essayé de remettre les pendules à l’heure afin d’être prêt pour la relance des activités », a expliqué Caufield en visioconférence, lundi.

Hughes et Caufield se connaissent très bien puisqu’ils ont évolué ensemble au sein de l’équipe américaine des moins de 18 ans en 2017-18 et 2018-19. De plus, Caufield a été exposé au même genre de pression que son compatriote en faisant le saut dans la LNH — Hughes a été le premier choix universel du repêchage de 2019, et symbolisait d’une certaine façon la relance d’une concession moribonde depuis plus d’une décennie.

« Jack et moi discutons beaucoup ensemble, à propos de cet enjeu en particulier. On a vu comment sa première saison s’est déroulée, et il s’est repris en main et aujourd’hui il est un joueur totalement différent. Notre démarche est sérieuse et, pour nous, il s’agit de garder le cap, miser sur ce qui fonctionne et jouer de la bonne façon, sans tricher. Il faut travailler sans relâche, et à un certain moment les bonds seront favorables », a évoqué le premier choix du Tricolore, 15e au total, au repêchage de 2019.

Caufield, qui n’a pas marqué depuis le 24 novembre contre les Capitals à Washington, croit d’ailleurs que son récent passage à vide sera bénéfique pour la suite de sa carrière professionnelle.

« Tu ne veux pas que ce soit constamment trop facile. Je peux tirer des leçons de la présente saison. Ce sera très utile plus tard dans ma carrière d’avoir pu gérer ce genre d’adversité », a-t-il admis.

Caufield peut aussi compter sur l’appui des vétérans du CH, car plusieurs d’entre eux sont déjà passés par là avant lui. C’est notamment le cas du défenseur Ben Chiarot.

« L’important pour un jeune — et ça m’a pris du temps pour le comprendre —, c’est qu’il faut profiter de la sagesse de ses coéquipiers. J’ai été chanceux de pouvoir compter sur des gars comme Blake Wheeler et Andrew Ladd (chez les Jets de Winnipeg), qui travaillent dur chaque jour dans le but de s’améliorer. Cole est déjà comme ça ; il se pousse constamment. S’il persévère dans cette direction, et il le fera, alors les choses commenceront à tomber en place pour lui », a indiqué Chiarot.

De son côté, l’entraîneur-chef Dominique Ducharme ne semble pas s’en faire outre mesure avec la disette actuelle de Caufield.

« C’est un passionné, qui a l’équipe à cœur. Il veut bien faire, pour aider l’équipe. Oui, il aimerait marquer plus de buts. Mais il est brillant. Il comprend qu’il doit se soumettre à tout un processus d’apprentissage, et que l’adversité fait partie de la carrière d’un joueur de la LNH. Il veut relever ce défi, et tente d’apprendre de nouvelles choses chaque jour. Il acquiert de la maturité, et commence à comprendre comment avoir du succès dans cette ligue », a résumé Ducharme.

D’ailleurs, Ducharme a indiqué qu’un conseil qu’il offre aux jeunes joueurs qui doivent faire le saut des rangs universitaires américains (NCAA) à la LNH, « c’est de demeurer soi-même, et de miser sur tes forces. […] Il faut aussi être capable de s’évaluer, et de comprendre la ligue et tes adversaires ».

Il faudra donc être patient avec Caufield, et espérer qu’il connaisse une éclosion comme celle de Hughes chez les Devils. Car parfois, il faut vivre l’enfer avant d’arriver au paradis.