On vous le jure, on ne voulait pas parler de Jesperi Kotkaniemi. Et, idéalement, pas de COVID-19 non plus. Mais comme l’a écrit Jean-Paul Sartre avant nous : dans la vie on ne fait pas ce que l’on veut.

Publié le 30 déc. 2021
Simon-Olivier Lorange
Simon-Olivier Lorange La Presse

Après avoir chauffé le Lightning de Tampa Bay, équipe de tête au classement général de la LNH, le Canadien a atterri à Raleigh, où il affrontera les Hurricanes jeudi soir. Un autre gros contrat l’y attend, alors que les Nord-Caroliniens sont pratiquement à égalité avec le Lightning pour le pourcentage de points accumulés – ,742 contre ,741, pour être exact.

Les mêmes Ouragans renoueront avec l’action 12 jours après avoir disputé leur dernier match. Les trois qu’ils devaient disputer depuis le 18 décembre ont été reportés.

Cela tombait presque bien pour eux, car la COVID-19 avait fait des ravages dans le vestiaire : les joueurs vedettes Sebastian Aho et Andrei Svechnikov, ainsi que Seth Jarvis, Jordan Staal, Steven Lorentz et Ian Cole, se sont tous retrouvés sur la liste du protocole de surveillance de la LNH. Les en voilà libérés, mais comble de malheur, Brendan Smith, Jesper Fast et le gardien Frederik Anderson s’y sont ajoutés.

PHOTO JEFF MCINTOSH, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Teuvo Teravainen et Sebastian Aho, les bougies d'allumage de l'attaque des Hurricanes de la Caroline

L’équipe était si mal en point, le 16 décembre dernier, qu’elle a disputé un match avec seulement 10 attaquants.

C’est ici que vibre le téléavertisseur de Jesperi Kotkaniemi. Relégué à un rôle de soutien après un début de saison timide à l’aile gauche d’un trio offensif, le Finlandais était même passé sous la barre des 8 minutes de jeu à deux reprises au début du mois de décembre. Mais en l’absence de plusieurs gros canons, dont deux joueurs de centre, on lui a confié les commandes d’un des premiers trios avec Fast et Teuvo Teravainen.

Cette unité a répondu à l’appel, inscrivant 11 points au total, dont 4 de Kotkaniemi, en deux rencontres – deux victoires des Hurricanes, au fait.

« Le joueur qu’on attendait »

Depuis que le Tricolore en a fait son choix de premier tour au repêchage de 2018, les partisans sont déchirés : le Canadien a-t-il fait un bon choix ? Et depuis que le jeune homme s’est joint aux Hurricanes, les disputes se poursuivent : le Canadien aurait-il dû le retenir ?

Il n’y avait rien de surprenant, sachant cela, à voir les « anti-KK » s’amuser de sa faible récolte offensive des premières semaines du calendrier. Or, selon l’entraîneur-chef Rod Brind’Amour, après une période d’adaptation, tout réside maintenant dans les chances qu’on lui accorde.

« Quand tu obtiens des minutes de quatrième trio, c’est dur d’accumuler les points, a convenu le pilote en visioconférence, mercredi. Mais il jouait très bien. Maintenant, dans un rôle différent sur un troisième ou un deuxième trio, il produit, il fait ce qu’on attend de lui. C’est ce qui est encourageant à mes yeux. »

Selon lui, Kotkaniemi est aujourd’hui « le joueur qu’on attendait ». Celui qu’on a payé chèrement pour en faire un membre des Hurricanes.

On ne lui a pas fait de cadeau en le plaçant à l’aile, surtout dans un nouveau système de jeu, mais il y avait trois bons centres devant lui… Puis on a perdu des gars, il a été promu et il a très bien paru.

Rod Brind’Amour, entraîneur-chef des Hurricanes de la Caroline

Son sourire habituel accroché aux lèvres, Kotkaniemi n’a pas fait grand cas de ses succès récents, pas plus que de son ballottement à travers la formation, et encore moins de l’éternel débat « centre ou ailier ».

« Je savais que ce serait comme ça quand j’ai signé mon contrat ici, a-t-il souligné. On a une excellente équipe, une équipe gagnante. On a beaucoup de bons joueurs, même hors de la formation, et chaque jour est une compétition. Je suis juste content d’avoir un poste. »

D’ailleurs, avec le retour de nombreux absents, Kotkaniemi a déjà retrouvé sa place à l’aile ; à l’entraînement, mercredi, il évoluait à la gauche de Staal et de Jarvis, selon les comptes rendus des journalistes locaux sur place.

Comme on s’en doute, il en faudra plus que ça pour lui faire perdre le sourire.