Une idée semble faire rapidement son chemin, depuis quelques jours, à travers le sport professionnel. Celle selon laquelle les athlètes de haut niveau adéquatement vaccinés ressentent peu ou pas de symptômes de la COVID-19 lorsqu’ils en sont atteints.

Mis à jour le 19 déc. 2021
Simon-Olivier Lorange
Simon-Olivier Lorange La Presse

Steve Yzerman, directeur général des Red Wings de Detroit et personnage unanimement respecté dans la LNH, s’est même demandé, samedi, si en l’absence de « danger » pour les joueurs, il était encore logique de leur imposer des tests de manière aussi rigoureuse.

C’est ici que Brendan Gallagher entre dans la discussion. L’ailier droit du Canadien a participé, dimanche matin, à son premier entraînement complet depuis deux semaines et demie. Sami Niku et lui ont été retirés de l’entourage de l’équipe le 2 décembre dernier après avoir contracté le virus. Ils ont tous les deux raté sept matchs depuis, et il n’est pas certain qu’ils auraient pu renouer avec l’action s’il y avait eu un match lundi à Long Island.

Lorsqu’il a reçu un diagnostic positif, Gallagher était sans voix, d’autant plus qu’il ne ressentait, à ce moment, aucun symptôme. « Je n’ai aucune idée comment je l’ai attrapée », a-t-il dit aux quelques représentants des médias présents au Complexe Bell de Brossard, dimanche.

Il est donc rentré à la maison afin de respecter une période d’isolement de 10 jours. C’est à ce moment qu’il a payé le prix. Et chèrement.

J’ai souffert de symptômes sévères qui m’ont frappé durement. Je suis resté couché, j’ai combattu. Après deux jours, j’étais correct.

Brendan Gallagher

Rappel pour celles et ceux qui douteraient de son seuil de tolérance à la douleur : il s’agit du joueur qui a déjà terminé un match la mâchoire fracturée et ensanglantée. Celui, aussi, qui a disputé toute la dernière finale de la Coupe Stanley en dépit d’une blessure à l’aine. Alors s’il avance que la COVID-19 l’a cloué au lit, on se doute que c’est vrai.

En riant, il a souligné que les huit jours qui ont suivi l’avaient laissé « seul avec ses pensées ». Beaucoup de jeux vidéo, de films et d’appels téléphoniques, et même un peu de ménage l’ont aidé à tuer l’ennui. Et il a bien sûr suivi de loin les activités de l’équipe.

Dans tous les cas, son expérience lui a permis de mieux comprendre « ce que tout le monde a vécu ». Lire ici : ceux qui sont passés par là avant lui.

Quand il a appris qu’il avait obtenu un test positif, il a accueilli durement la nouvelle. A posteriori, il constate que « c’est bien » qu’il ait été testé, car son retrait de la formation a permis d’éviter « de l’étendre aux autres » joueurs de l’équipe.

Avec l’explosion des cas dans presque toutes les équipes, la LNH et l’Association des joueurs se sont entendues sur un protocole resserré de surveillance du virus. Tous les joueurs, entraîneurs et membres du personnel du circuit doivent désormais se soumettre à des tests quotidiens, comme c’était le cas la saison dernière.

Byron s’approche d’un retour

Si tout se passe comme prévu, une présomption bien approximative par les temps qui courent chez le CH, Paul Byron devrait revenir au jeu entre Noël et le jour de l’An, sinon au tout début de l’année 2022. L’ailier, qui a subi une opération à la hanche l’été dernier, a passé tout l’automne en rééducation, d’abord en gymnase, puis sur la patinoire. On l’a vu pendant quelques semaines patiner en solitaire après l’entraînement de son équipe et, plus récemment, il a commencé à effectuer des tirs sur le gardien Carey Price. Dimanche, il a renoué avec l’entraînement complet, même s’il portait un chandail interdisant aux autres joueurs de le frapper. Il a toutefois participé à tous les exercices avec son énergie habituelle, notamment en désavantage numérique. Avant même le report des matchs du CH dans la région de New York, il était prévu qu’il n’y accompagne pas l’équipe, d’une part en raison des entraînements limités qui étaient à l’horaire, et d’autre part en raison de la situation sanitaire. Il tombait sous le sens que ce père de deux enfants ne coure aucun risque à quelques jours de Noël.

Le Rocket de Montréal ?

Tôt dimanche matin, le Canadien a annoncé avoir rappelé trois attaquants du Rocket de Laval pour remplacer Joel Armia et Mathieu Perreault, blessés, ainsi qu’Artturi Lehkonen, dont le nom avait été ajouté au protocole de la COVID-19 de la LNH la veille. Alex Belzile, Lukas Vejdemo et Rafaël Harvey-Pinard ont donc rejoint le Tricolore à l’entraînement. En ajoutant la présence à Montréal de Laurent Dauphin et de Jesse Ylönen, et en comptant Ryan Poehling et Michael Pezzetta, qui ont amorcé la saison à Laval, la formation sur la glace ressemblait drôlement au « Rocket de Montréal », ont ironisé des internautes sur les réseaux sociaux. Belzile et Vejdemo ont déjà goûté à la LNH, mais il s’agissait d’un tout premier rappel pour Harvey-Pinard, qui aurait probablement fait ses débuts avec le CH pendant le voyage à New York. Meilleure chance la prochaine fois ! Les trois pourraient se reprendre plus tôt que tard, car si les retours de Perreault et d’Armia sont prévus après la pause de Noël, des convalescences prolongées libéreraient des postes. Brendan Gallagher devrait toutefois être en mesure de jouer à ce moment.