Il y a deux ans à peine, les Canucks de Vancouver montaient dangereusement en puissance. Menés par les jeunes stars émergentes Elias Pettersson, Bo Horvat, Quinn Hughes et Brock Boeser, ils parvenaient même à éliminer les champions en titre, les Blues de St. Louis, pour atteindre la deuxième ronde.

Publié le 6 déc. 2021
Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

En raison de la jeunesse et du talent de leurs effectifs, rien ne laissait présager ce qui allait se produire aujourd’hui : un grand ménage au sein de la direction…

Après leur exploit de 2020, séries au cours desquelles le premier centre Elias Pettersson a amassé 18 points en 17 matchs et le défenseur Quinn Hughes 16 points, à 21 et 20 ans respectivement, les Canucks ont chuté lamentablement.

Vancouver a terminé au septième rang de la division canadienne l’an dernier, au 24e rang du classement général et ils ont évidemment raté les séries. Ça ne progressait guère mieux cette saison avec une fiche de 8-15-2, au 28e rang du classement général.

Le noyau est pourtant resté le même entre la saison 2019-2020 et 2020-2021. On n’a pas retenu Tyler Toffoli, mais celui-ci s’était joint à l’équipe en fin de saison à titre de joueur de location. Le gardien Jakob Markstrom a aussi quitté puisqu’il était à la recherche d’un gros contrat, mais le jeune Thatcher Demko semblait prêt à prendre la relève. Le défenseur à caractère défensif Chris Tanev a aussi changé de camp, mais on l’a remplacé par Nate Schmidt.

La pandémie n’a pas aidé. Les Canucks ont été frappés plus durement que quiconque par la COVID-19 la saison dernière. Mais ils jouaient déjà de façon affreuse avant l’arrivée du virus dans leur vestiaire. Et les contre-performances se sont poursuivies cette année.

Une part importante du blâme revient à l’entraîneur Travis Green, le premier homme congédié ce week-end. Certaines de ses jeunes stars ne produisent plus. Pettersson, entre autres, est méconnaissable. Ce centre de 23 ans a amassé 132 points à ses 137 premiers matchs en carrière, mais 33 à ses 51 derniers. Il a obtenu seulement 12 points, dont 4 buts, en 25 rencontres cette saison.

PHOTO DARRYL DYCK, LA PRESSE CANADIENNE

L’entraîneur-chef des Canucks Travis Green a été congédié ce week-end.

Boeser, 24 ans, 29 buts en seulement 62 matchs à sa première saison, 26 buts en 69 matchs à sa seconde, a seulement 4 buts en 22 rencontres.

Le capitaine Horvat, 26 ans, se dirige vers une saison de 42 points. Il produisait à un rythme de plus de 60 points il y a quelques années.

En bref, parmi ce noyau de jeunes premiers, si l’on exclut J.T. Miller à 28 ans, seul Quinn Hughes produit à un rythme intéressant.

Bruce Boudreau en renfort

On espère relancer ce noyau en remplaçant un entraîneur dur comme Travis Green par un papa gâteau comme Bruce Boudreau, une décision somme toute surprenante.

Décision surprenante d’abord par le fait que Boudreau, congédié par le Wild du Minnesota en 2020, a remporté seulement cinq rondes de séries éliminatoires en 12 saisons avec des équipes pourtant puissantes comme Washington, Anaheim et le Wild. Mais le propriétaire Francesco Aquilini a voulu y aller d’un électrochoc à court terme et le contrat de Boudreau ne s’étend pas au-delà de 2023.

Décision surprenante aussi dans la mesure où Boudreau a été accusé par l’ancien gardien José Théodore d’insultes à caractère raciales. Boudreau ne se gênait pas, à Washington, pour traiter Théodore et quelques coéquipiers de frogs, selon l’ancien gardien, dans une interview à la balado Cam and Strick. Les prétentions de Théodore ne sont pas parvenues aux oreilles des Canucks, ou bien on a décidé de se les boucher…

La faute de Jim Benning

Le directeur général Jim Benning, lui, s’est peut-être senti un peu trop pressé de faire progresser les Canucks, peut-être à la suggestion du propriétaire, sait-on jamais.

Il a dépensé des fortunes pour des joueurs qui n’ont jamais été à la hauteur : Loui Eriksson, Tyler Myers, Sam Gagner, Michael Del Zotto, Jay Beagle, Antoine Roussel et Travis Hamonic.

Sa décision fatale aura sans doute été de céder des choix de première ronde en 2021 (9e au total) et deuxième ronde en 2022 pour le défenseur Oliver Ekman-Larsson et l’attaquant Conor Garland… mais aussi pour se débarrasser des contrats de Roussel, Beagle et Loui Eriksson.

Les Canucks ne sont pas plus avancés aujourd’hui. Ekman-Larsson ne nuit pas, malgré un apport offensif désormais très modeste, et Garland produit, mais l’équipe ne gagne pas. Ekman-Larsson, 30 ans, commandera un salaire annuel de 8,2 millions pour cette saison… et les six suivantes.

Les Canucks détiennent toujours un noyau intéressant, auquel se sont ajoutés les jeunes attaquants Nils Hoglander et Vasili Podkolzkin.

Pour l’instant, on ne sait pas encore la direction qu’empruntera l’organisation puisque le DG a été nommé de façon intérimaire et l’entraîneur à court terme…

Alain Vigneault tombe à Philadelphie

PHOTO GENE J. PUSKAR, ASSOCIATED PRESS

Alain Vigneault

Malgré des moyens importants, dont 196 millions offerts à Zach Parise et Ryan Suter à l’époque, Chuck Fletcher n’a jamais su faire du Wild du Minnesota une puissance. Chassé de Minneapolis il y a quelques années, il est néanmoins rentré par la grande porte à Philadelphie en 2018. On lui a ouvert les coffres de la banque là aussi et Fletcher y a pigé allègrement en offrant un contrat monstrueux à Kevin Hayes et en acquérant de gros salariés comme Cam Atkinson, Rasmus Ristolainen et Ryan Ellis en retour de jeunes et/ou de choix. Les Flyers tournent en rond depuis son arrivée et l’entraîneur Alain Vigneault vient d’en payer le prix : il a été congédié lundi matin par l’un des DG les plus surévalués de la LNH.

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1- Article fascinant d’Alexandre Pratt sur la mission de l’ancien gardien Al Montoya pour initier les jeunes latino-américains au hockey dans le sud des États-Unis !

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3- Les Stars de Dallas font leur part en matière de diversité. On compte d’ailleurs parmi le personnel d’entraîneurs du club-école un Québécois d’origine haïtienne, Maxime Fortunus.